Scream – Analyse de comptoir

Ce week-end, en trifouillant dans les méandres de mon ordinateur, j’ai retrouvé une ébauche pour une présentation orale dans un cours consacré aux nouvelles images, que j’ai suivi pendant ma dernière année de journalisme à l’université. Relisant ce document, qui est en fait une analyse du film « Scream » selon les divers principes vus au cours, j’ai trouvé ça intéressant (et pas parce que c’est moi qui l’ai fait). Donc, j’ai décidé de le moduler un peu afin d’en faire un article pour mes chers lecteurs (vous, donc).

Alors, je crois qu’il n’y a pas besoin de présenter Scream, si ? Bon alors juste pour la forme : réalisé en 1996 par Wes Craven sur base d’un scénario écrit par Kevin Williamson, avec notamment Neve Campbell. Tadam.

Dans le film, plusieurs types d’images sont utilisées : il y a un peu de photographie, une bonne dose de vidéos (notamment de films d’horreur), des news, et des images de vidéosurveillance (et leurs fameuses trente secondes de décalage). En plus, si on y réfléchit, qui est véritablement la star du long métrage ? Les films d’horreur et la télévision. Et non, désolée, ce n’est pas Neve Campbell :) On a un début de film qui plonge directement dans les références cinématographiques qui ne nous quitteront plus de tout le long. La scène du téléphone avec Drew Barrymore est une allusion à « Terreur sur la ligne » de Fred Walton (1979). On a une allusion directe à Freddy lorsqu’on rencontre un homme de ménage dans l’école, qui a exactement le même accoutrement que le tueur des « Griffes de la nuit » (dirigé également par Wes Craven).

L’outil télévision est utilisé en permanence, ou du moins présent. Que va faire Drew Barrymore avant de finir pendue à un arbre ? Regarder une vidéo à la télé. Sidney ne peut échapper à ses souvenirs à cause des journaux télévisés qui relatent la même chose sur toutes les chaînes. Plus tard dans le film, lorsque le policier surgit dans la maison, il entend des cris mais ce n’est pas la réalité, c’est Jamie Lee Curtis qui hurle dans « Halloween ». C’est une intrusion d’un autre film dans le film, et la simultanéité des deux drames accroît la tension. Au niveau des news, il y a une transgression au niveau des règles cinématographiques (les face-cam sont généralement interdits). Cependant ici, on se trouve dans une mise en scène de télévision, donc ça marche. Dans la scène finale, la télévision joue un rôle primordial, en tant qu’objet à proprement parler cette fois : Sidney, comme en son temps Jamie Lee Curtis, se cache derrière l’appareil, avec un couteau. Encore une allusion à un film d’horreur. Cependant, l’héroïne ici détourne totalement le téléviseur de son rôle réel car elle s’en sert comme arme mortelle contre le tueur.

Il y avait aussi les petites allusions au tueur qu’on ne voyait pas directement, genre par reflets, ou quand il apparaît dans la pupille du principal de l’école, qui vient de mourir. C’est l’utilisation du concept d’octogramme (qui dit que la dernière image qu’une personne a vue avant de mourir s’imprime sur sa pupille).

Puis, la photographie, que j’ai mentionnée plus haut. Elle n’est pas souvent utilisée mais quand elle l’est, c’est exactement dans le cadre dans lequel elle est généralement employée au cinéma : la pétrification, ou pour faire plus simple, la mort. Qui voit-on en photo? La maman de Sidney.

Ce qui est amusant, c’est que bien souvent, le spectateur est mis en abîme. Quand on regarde la bande d’amis ou le type tout seul devant son film d’horreur dans son canapé, … on pourrait se dire que c’est nous, ce type… Si on regarde « Scream », on est exactement comme ça… Et puis, « Scream » transgresse avec bonheur différentes règles du genre, dont certainement une de celles qui m’amusent le plus : l’héroïne survit si elle reste vierge. Bon, Neve Campbell devait connaître le règlement vu qu’un de ses amis l’énonce (Pas de sexe, pas d’alcool ou de drogue et surtout ne jamais dire « je reviens tout de suite »), mais elle a quand même réussi à survivre malgré tout. Ouf.

Ce qui m’amuse encore, c’est les autres petites choses que je note de similaires avec « Harper’s Island » (dernier truc que j’ai vu se rapprochant d’un film d’horreur – une série d’horreur, quoi de mieux ;) ) : le côté un meurtre (ou des meurtres) ont été commis ici il y a quelques années, le côté c’est la maman de l’héroïne qui a été directement touchée, le côté où l’on sait que l’héroïne survivra, le côté où les soupçons courent toujours à un moment ou l’autre sur le prétendant de la demoiselle (mais bon ça, ça marche à chaque fois), etc.

A lire
(en anglais) si vous voulez vraiment toutes les références dans « Scream ». Et il y en a énormément.

Publicités

2 réflexions sur “Scream – Analyse de comptoir

  1. M1 dit :

    Que c’est bon, que d’émotions tout de même, tout comme I KNOW WHAT YOU DID LAST SUMMER ! efficaces pour une bonne sortie ciné ; )

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s