Les objets perdus du Norfolk

Après ma relecture hivernale des sept tomes de mon bienaimé Harry Potter, après l’achat compulsif de quelques livres (encore ;) : « l’attrappe-cœur » de Salinger ou « le goût des pépins de pomme » de Katharina Hagena), je me suis lancée dans une autre de mes nouvelles acquisitions, absente également de la liste de lecture 2010, Auprès de moi toujours, de Kazuo Ishiguro (en VO, « Never let me go », car l’auteur, d’origine japonaise, vit au Royaume-Uni depuis son enfance et écrit dans la langue de Shakespeare, même s’il évoque parfois ses racines (mais pas dans ce livre)).

Fresque d’anticipation, sous des couverts très conventionnels, ce roman m’a vraiment touchée, alors que franchement, au début, je n’aurais pas parié là-dessus. De fait, les débuts sont très lisses. Un internat quelque part dans la campagne, en Angleterre. Des enfants, parmi lesquels la narratrice, Kathy H., qui nous en parle au passé. Car Kathy H. est aujourd’hui accompagnatrice, et ce, depuis huit ans. Ce qui est apparemment long. Accompagnatrice de quoi, de qui, on ne sait pas. Et on ne comprendra cela que bien plus tard. Kathy H. nous parle des gardiens, de l’école, de ses amis les plus proches, Ruth et Tommy, de Madame Géraldine, de la mystérieuse « Madame », qui emporte leurs dessins et autres oeuvres enfantines pour les mettre dans sa « Galerie ». Elle nous explique les choses telles qu’elle a pu les vivre : on en sait autant sur cette vie que ce qu’elle savait étant plus jeune. On a les mêmes informations que la Kathy H. enfant et adolescente. La Kathy H. adulte ne nous révélera ses secrets que plus tard.

Sous la forme d’un monde déjà vu mille fois, l’internat anglais où les enfants sont encadrés d’enseignants et d’autres adultes responsables loin de leurs parents, Auprès de moi toujours sort tout doucement des sentiers battus, et nous emporte loin, bien loin de ce que l’on pouvait imaginer au départ. J’ai personnellement été charmée par la douceur de ce roman, par sa légèreté pour un sujet au final si pesant. Charmée par les multiples facettes des personnages. Charmée par la délicatesse avec laquelle le voile se déchire et nous laisse entrevoir le coeur de l’histoire.

A lire. Et bientôt aussi à voir, vu qu’apparemment, Mark Romanek va transposer le roman d’Ishiguro au grand écran, avec pour le rôle de Kathy H. rien de moins que Keira Knightley. Charlotte Rampling serait également à l’affiche. Mais bon, à priori, vous avez bien le temps de lire le bouquin avant que le film n’arrive sur les écrans !

NB : Le titre vient d’une petite anecdote du livre. Lors d’un cours de géographie, une des enseignantes qualifie un jour le Norfolk de coin perdu, ce qui fait penser à notre narratrice que le Norfolk est un endroit d’Angleterre où sont déposés tous les objets perdus du pays, et que tout ce qu’elle a pu perdre depuis son enfance se trouve dans le Norfolk.

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3 réflexions sur “Les objets perdus du Norfolk

  1. Olivia dit :

    Coucou miss! Merci -de nouveau- pour cette découverte littéraire. Je rajoute ce bouquin sur ma liste « A lire » :)

    Je te fais tout plein de gros bisous,

    Olivia

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