L’attrape-coeurs

Grand classique de Salinger, ici. On en a déjà tous entendu parler, au détour d’un film ou d’une série (américain(e)). Le sacro-saint classique de toute une génération, le livre dont on entend toujours le titre au fil d’une conversation mais dont on ne sait pas forcément grand chose (là, je parle pour moi).

Au détour d’un rayon (comme d’habitude), mon regard a croisé la couverture rouge de L’attrape-coeurs, et en moins de temps qu’il ne faut pour le lire (pour le dire surtout), hop hop hop, lui et moi, on était à la caisse de la librairie. Bon, je ne vous cache pas que j’étais toujours plongée dans Auprès de moi toujours, donc je ne l’ai pas lu directement, mais de par son format (poche et étroit), il a suivi directement (plus terre à terre, tu meurs).

Petit interlude historique : publié en 1951, The Catcher in the Rye a apparemment plutôt bien marqué son auteur, qui après s’être isolé durant quelques années, n’a plus rien publié après 1965. Roman mythique de par son anti-héros, les thèmes qu’il aborde, L’attrape-coeurs a aussi le triste privilège d’avoir apparemment laissé une empreinte au fer rouge sur certains individus : le roman a été retrouvé dans le sillage de plusieurs meurtriers, notamment celui de John Lennon…

Alors, L’attrape-coeurs, en clair, ça a touché des foules, des générations, mais…. ça parle de quoi? L’histoire peut se résumer à un nom : Holden Caulfield. Jeune garçon d’une quinzaine d’années, Holden a pour fâcheuse habitude de se faire renvoyer des collèges où ses parents l’envoient en internat. C’est à quelques jours de Noël que le lecteur rencontre Holden, alors qu’il sait qu’il est renvoyé mais doit encore attendre quelques jours avant de pouvoir quitter Pencey, son école. Il nous présente tour à tour ses « camarades » de classe, avec qui on s’aperçoit rapidement qu’il n’a aucun atome crochu. Puis il décide de s’en aller un peu avance, et il part seul avec sa valise pour se rendre à New York. Là, il compte attendre quelques jours le début des vacances de Noël pour se poser chez ses parents. En chemin, durant ces quelques jours d’errance, il rencontre d’anciens professeurs, des bonnes soeurs, sa soeur, d’anciennes amies, des chauffeurs de taxi plutôt susceptibles, une prostituée, etc.

On suit l’aventure humaine d’un garçon assez à part… Timide sans vraiment l’être, décalé par rapport à ses pairs, on pourrait dire qu’Holden pense trop. Il perd pied, et se perd lui-même tout à la fois. Certains verront là la chute que lui annonce un de ses professeurs, la plongée dans la folie… Les autres personnes ne lui inspirent que des sentiments de dégoût, d’aversion… Il impose en permanence une distance entre lui et les autres, telle une distance de sécurité, pour ne pas sombrer dans ce qu’il semble considérer comme de la médiocrité. Au vu des premières lignes du roman, on peut espérer qu’Holden trouve des choses à quoi s’accrocher via un traitement à l’hôpital, où on l’a envoyé pour le retaper, comme il dit.

Personnellement, ce livre ne m’a pas marquée… La dérive d’Holden est bien triste, certes, mais de là à transformer ce livre en mythe, il y a plus d’un pas que je ne franchirai pas. Le premier écueil que j’ai rencontré durant la lecture de ce livre est son style parlé, trop familier, vulgaire. Cela reste un gosse de 16 ans qui parle et qui a la fâcheuse habitude d’être « tué » par tout et n’importe quoi (j’aurais aimé savoir à combien de reprises Salinger a réussi à placer « ça me tue » dans le roman… Vraiment). Puis, je n’ai pas forcément compris les choix du jeune homme. A regret, je dois dire que j’ai été assez imperméable à ce roman.

Et si, au moins, on m’avait révélé où vont les canards quand l’eau gèle, alors peut-être que j’aurais pu mieux apprécier ce livre…

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2 réflexions sur “L’attrape-coeurs

  1. M1 dit :

    Je suis tout à fait d’accord avec toi, ce n’est ni un grand roman, ni une grande littérature, et ça m’hallucinera toujours de retrouver l’attrape coeur dans les conversations comme.. référence !

    • Caro dit :

      Disons qu’avant de le lire, quand je l’entendais cité de tous les côtés, je me disais juste « Il faudra quand même que je le lise un jour, pour savoir de quoi ça parle »… Et au final, c’est une lecture plutôt décevante. Décidément je m’attendais à bien mieux… Enfin bon :) ça fait un bouquin connu décevant pour plein de livres pas bien connus géniaux, alors ça va. L’océan est plein de poissons :)

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