Facebook m’a tuer

Avec un titre pareil, ce livre de Thomas Zuber et Alexandre des Isnards ne pouvait que susciter mon intérêt. Les deux auteurs ont également réalisé l’ouvrage L’open space m’a tuer (que je n’ai pas encore lu mais qui m’intrigue). Selon apparemment le même principe, Facebook m’a tuer nous montre par quelques saynettes bien choisies comment Facebook et autres réseaux sociaux ont pris le pas sur notre vie IRL (in real life, pour ceux qui n’ont pas suivi).

L’ouvrage se découpe en chapitres, qui mettent en lumière autant de scènes de notre vie quotidienne, rentrées dans les moeurs mais qui auraient été inconcevables il y a quelques années, voire carrément politiquement incorrectes : honnêtement, qui a envie de savoir qu’une ancienne connaissance (rencontrée sur les bancs de l’école et plus jamais revue depuis) est enceinte, a passé sa dernière échographie (et poste la photo sur FB) et annonce en temps réel l’ouverture de son col de l’utérus ? Il y a quelques années, ce genre d’évènements était de la sphère privée. A l’heure actuelle, cette sphère privée s’est soit sacrément élargie soit est un concept obsolète pour la fameuse génération Y.

Nos habitudes ont changé, nous sommes devenus des adeptes du temps réel, des professionnels du « on se voit bientôt », des utilisateurs de la communication instantanée mais beaucoup moins friands des vraies rencontres. Nous parlons à des dizaines d' »amis » sur Facebook, nous souhaitons quantité d’anniversaires à des personnes dont on se fiche, tout ça parce que c’est la norme. Et finalement, IRL*, nous ne parvenons pas à faire le quart de ce que l’on voudrait. Mais nous faisons des checkins Foursquare (avec les dérives que ça peut impliquer), nous mettons notre statut sur Facebook à jour (qu’on fasse un truc intéressant ou non), nous tweetons, etc. Ce bouquin est flippant de vérité. Flippant, parce que ce sont des faits que l’on connaît, que l’on vit, que l’on traverse au quotidien, et qui montrent l’impact des réseaux sociaux et d’internet sur notre vie d’hyperconnectés.

Le sentiment que j’ai actuellement est que les utilisateurs de réseaux sociaux s’en méfient de plus en plus, modifient les paramètres de confidentialité, protègent leur compte au maximum. Quand on accepte une demande d’ami, on réfléchit à deux fois, en sachant ce qu’on va partager avec cette personne… Ce que j’ai également constaté dans mon entourage, c’est que des gens quittent Facebook, las de ce voyeurisme (bidirectionnel : ils en ont marre qu’on regarde leur profil mais également marre de voir ce que les autres partagent/disent/etc).

Facebook m’a tuer ne m’a pas appris énormément (sauf sur les sites Meetic ou Adopteunmec que je ne connais pas du tout, avec des chapitres très acides et drôles) mais a eu le mérite de réunir en un seul endroit un plaidoyer pour une meilleure utilisation des réseaux sociaux et une méfiance de ce « partage merveilleux et omniprésent »… Je m’y suis reconnue quelquefois, et je n’en étais pas très fière… Cette succession de scènes de notre réalité quotidienne pousse à la réflexion… J’ai trouvé la lecture de ce bouquin intéressante, amusante et j’ai apprécié le cynisme qui transpire entre les lignes sur notre manière de vivre virtuellement…

*IRL : In Real Life.

A découvrir ici : http://facebookmatuer.com/.

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3 réflexions sur “Facebook m’a tuer

  1. Perrine dit :

    J’ai acheté ce livre après avoir lu ta critique et je le dévore. Vais aussi acheter leur 1er livre.

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