Why We Broke Up

J’ai découvert l’existence de ce roman de Daniel Handler (connu également par le pseudonyme de Lemony Snicket, sous lequel il a écrit Les Désastreuses Aventures des orphelins Baudelaireen sautant de lien en lien sur Goodreads. Le titre m’a intriguée tout de suite. Je voulais moi aussi savoir « Why we broke up », même si je ne savais pas qui était « we » à ce moment-là. Spoiler Alert : le roman ne finit pas bien pour ce « we ». Etonnant hein :-)

It was a secret time and place, you next to me, untraceable and out of this world.

« We », ce sont Min et Ed. Min Green est en junior year, en secondaire/lycée. Elle rejette la dénomination « arty » pour parler d’elle mais elle ne rentre pas dans le moule des filles populaires, cheerleaders et cie. Elle est obsédée par les vieux films, elle se rêve « film director », se voit étudier le cinéma. Elle a sa bande de copains, avec son meilleur ami Al, Lauren et cie. Al est un peu l’alter ego de Min, avec qui elle passe le plus clair de son temps. Pour fêter ses seize ans, il a choisi d’organiser une fête chez lui sur le thème « Bitter Sixteen », par opposition au traditionnel « Sweet Sixteen ». Avec Min (diminutif de Minerva), ils ont bien bossé pour tout articuler autour de cette idée : les boissons, le gâteau au chocolat noir amer (immangeable), etc. A cette soirée, Min va rencontrer Ed Slaterton, un élève senior, qui est le co-capitaine de l’équipe de basket-ball de l’école. Rencontrer est un grand mot : Ed est super populaire (il est co-capitaine, souvenez-vous) donc tout le monde le connaît de nom/de vue. Mais là, il se retrouve dans le jardin de Al avec un copain, à cet anniversaire où ils ne sont même pas invités. Un gage car ils ont perdu le match de basket. Et Min commence à lui parler. Puis, il lui demande son numéro, et s’en va, la laissant un peu surprise mais plutôt contente.

why we broke up

C’est une histoire d’amour improbable (comme presque toutes les histoires d’amour, en fait) entre deux personnes qui n’ont pas grand chose en commun : ils n’ont aucun intérêt partagé, ne traînent pas du tout aux mêmes endroits, avec les mêmes personnes. Elle ne comprend rien au basket. Il ne se passionne pas pour ses films préférés. Pourtant, ça marche, au moins pendant un temps (oui, bon côté suspense, c’est mort : au vu du titre, on sait que ça va dans le mur – encore une fois, comme beaucoup d’histoires d’amour). Il va découvrir son cinéma favori, elle va assister (sans se passionner pour autant) à ses entraînements et à ses matchs de basket. Elle s’éloigne un peu de ses amis pour passer du temps avec lui, lui se prend parfois la tête avec les siens, car elle est différente de ses (nombreuses) copines précédentes. Et ils font des compromis, par amour. Elle lui fait découvrir et aimer le café. Ils font aussi des trucs dingues, comme se lancer dans l’organisation d’une fête d’anniversaire pour une actrice qu’ils ont suivie dans la rue. Tout est nouveau, différent, fou, génial. Ils sont amoureux. Mais ensuite, le nuage rose se ternit, tout se fane, s’étiole, d’un coup. La collision de deux mondes, parfois, ça peut être violent.

J’ai vraiment beaucoup beaucoup aimé ce roman. Il se présente sous la forme d’une longue lettre que Min écrit à Ed, après la rupture, alors qu’elle va déposer une boite chez lui. Elle a décidé de lui rendre ses affaires et aussi toutes les choses qu’elle a conservées de leur relation. Toutes les petits trucs qu’il n’a même pas remarqués mais qu’elle a gardés, depuis le tout début. Comme par exemple les deux capsules de bière de la soirée d’anniversaire d’Al, une boîte d’allumettes (vide), un livre de cuisine ou des tickets de cinéma. A chaque chapitre, elle explique un des objets qu’elle lui rend, et pourquoi cet objet et son histoire peut justifier leur rupture, le tout illustré par les jolis dessins de Maira Kalman. C’est très doux, comme lecture. Triste, mais doux et plein d’espoir aussi (là, on résume je pense ce qui personnifie des romans que je peux adorer :-)).

It’s why we broke up, Ed, a small thing that’s disappeared or maybe was never really in my hands in the first place.

Vous l’aurez compris, ça a été un gros coup de coeur pour moi, qui comme l’héroïne, ai une fâcheuse tendance à me faire beaucoup de films dans ma tête et à garder plein de reliques de moments qui n’existent plus. Le ton est parfait, doux, parfois amusant, mais à chaque instant on se rappelle que, même si ça a l’air mignon, tout ça va foncer droit dans le mur. Cela donne un côté fragile, un peu amer à cette histoire, ce qui rend cette lecture particulière. Si vous ne vous souvenez plus parfaitement de vos états d’âme d’adolescent et/ou d’étudiant, de vos chagrins d’amour, ce roman va vous les renvoyer en pleine figure. Gentiment, mais sûrement.

Si vous en voulez plus (on ne sait jamais), l’auteur avait mis en place sur Tumblr le « why we broke up project ». Un projet d’adaptation au cinéma est également à l’étude, si on en croit IMDb. A savoir que le roman est disponible en français sous le titre Inventaire après rupture.

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