Quartier lointain

Parfois, je choisis les livres pour des raisons étranges (la couverture, une sonorité au niveau du titre, un résumé qui m’attire – bon ce dernier point est plus commun :)). Puis, d’autres fois, je me base sur l’opinion publique (souvent, c’est décevant) ou sur les conseils d’amis/connaissances/blogs/llibraires (souvent c’est intéressant).

quartierlointainLe livre dont je vais vous parler aujourd’hui m’a été conseillé par une ancienne collègue et par un libraire très sympa. Leurs commentaires super élogieux m’ont poussée à faire ma première rencontre avec le monde de la BD japonaise ou du manga. Il faut dire que depuis les mangas « mainstream » qu’on a tous connus étant gosses (Goldorak, Les chevaliers du zodiaque, Dragon Ball, Lamu, Caroline et le poudrier, etc.), je n’avais jamais vraiment retenté le manga. Et se remettre dedans avec cette oeuvre de Jirō Taniguchi, publiée pour la première fois en 1998, m’a fait découvrir une toute autre facette de ce genre. Quartier Lointain est terriblement doux, plein de poésie et de mélancolie.

On découvre la vie d’un homme d’affaire japonais, marié, deux enfants, jamais sans son costume trois pièces et son attaché-case. La veille, il a un peu abusé niveau boisson (si peu). A la gare, en voulant rentrer chez lui, il se trompe de train et se retrouve dans le village de son enfance. Ses pas l’emmènent malgré lui sur les chemins qu’il empruntait plus jeune de son ancienne maison jusqu’au cimetière et à la tombe de sa mère. Là, il est victime d’un malaise et perd connaissance quelques instants. Et se réveille, étrangement souple et en forme. A 14 ans. Hiroshi ne comprend pas ce bond dans le temps mais est forcé de constater qu’il a retrouvé la vie et le monde de son adolescence avec les connaissances de l’âge adulte. Sa mère est en vie, son père n’a pas encore quitté sa famille, Hiroshi peut encore tout comprendre et essayer de changer les choses. Mais ce n’est pas si simple. Et le regard neuf que va pouvoir poser l’adolescent sur ses parents sera un regard d’adulte, enfin à même de comprendre certaines choses qui avaient échappé à ses yeux d’enfants. Durant les dix mois qui lui restent avant le départ de son père, Hiroshi va revivre son histoire autrement, tant au niveau familial que scolaire et amical.

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J’ai beaucoup aimé cette bande dessinée. Sobre avec ses pages monochromes, l’histoire est douce-amère, enchanteresse. Je vous ai déjà parlé de mon attrait pour la délicatesse de la littérature japonaise (Yoko Ogawa notamment) et j’ai été ravie de retrouver cette douceur ici. Je n’ai qu’une chose à ajouter : bonne lecture ;) !

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Tamara Drewe

Après presque deux ans dans ma pile de livres à lire, l’autre soir, j’ai enfin lu Tamara Drewe, le fameux roman graphique de Posy Simmonds. Je l’ai sorti de la bibliothèque quelques fois avant de l’ouvrir véritablement la semaine dernière… Pourquoi avoir traîné autant ? Comme toujours, une question d’état d’esprit je pense. Parfois, on a envie de lire une bd, parfois des thrillers, des romans doux, à la Yoko Ogawa, des classiques, puis parfois de regarder des films débiles. Et oui, aussi, souvent, on a envie de regarder des séries (surtout quand on est sériephile comme moi).

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Bref, j’ai finalement lu ce livre qui a eu énormément de succès depuis de sa sortie en 2007 et qui a été adapté au cinéma en 2010 par Stephen Frears avec l’actrice Gemma Aterton dans le rôle titre. J’ai vraiment plongé dans l’univers de Tamara Drewe et dans la pension Stonefield de la campagne anglaise.

Petit résumé de l’histoire : la retraite Stonefield est une ferme qui loue des studios à des écrivains en mal d’inspiration afin de leur offrir un cadre paisible pour écrire. Gérée par Beth Hardiman, la pension sert également à son mari, Nicholas, auteur de romans policiers à succès. Cette année, parmi les auteurs, on retrouve l’Américain Glen Larson, PhD, qui profite également du paysage de Stonefield pour écrire son livre. Un léger mépris passe entre les deux hommes : Glen estime que Nicholas écrit du vent et Nicholas se moque de la lenteur de Glen pour sortir son livre. Nicholas a des aventures (lui et Beth sont plus ou moins d’accord pour une union « libre » : en gros il peut coucher avec qui il veut et elle, bah, elle fait avec) mais ça ne colle pas vraiment malgré tout. Tout le monde suit sa routine jusqu’à l’arrivée de Tamara Drewe. La jeune femme, originaire de la région, est de retour pour des raisons de succession suite au décès de sa mère. Tamara vit à Londres où elle a étudié et elle a désormais une chronique dans un journal. C’était une petite fille avec un nez massif, depuis elle a subi une opération, ce qui a fait jaser le village. Cela et tout le reste… La jeune femme s’installe dans la maison de sa mère, séduit la moitié du patelin (les hommes :)), intrigue les ados, fait parler le voisinage par ses histoires de coeur, notamment avec un musicien londonien. Elle chamboule totalement la vie des habitants… Et je ne vous raconte pas la suite !

Tamara Drewe

Durant les deux heures (ou trois, je ne sais plus) que m’a pris la lecture de ce roman graphique, qui alterne texte « dur » et dessins de bd, j’ai été totalement happée dans l’histoire, coupée du monde réel. La trame s’articule autour des différents personnages principaux, qui racontent chacun des bribes de l’année en cours, à raison d’un chapitre par saison. Le style des dessins colle au ton de l’histoire. L’alchimie entre les deux mondes (texte vs. bd) prend parfaitement. On a l’impression d’être au cinéma, du coup ça ne m’étonne pas que le monde de Tamara Drewe ait été adapté au cinéma ! J’ai hâte de voir le film, encore plus qu’avant ! Si vous ne l’avez encore pas lu, c’est définitivement une histoire à découvrir !

Tokyo Sanpo

Petite introduction à ce livre d’illustrations : j’ai toujours été très attirée par le Japon et la culture japonaise (notamment la littérature avec les auteurs Banana Yoshimoto ou Yoko Ogawa pour ne citer qu’elles). Les paysages du pays du Soleil Levant m’ont toujours énormément fascinée, les cerisiers en fleurs, les parcs, les temples, la culture, tout (excepté la nourriture : allergique au poisson et aux fruits de mer, je n’ai jamais mis les pieds dans un resto japonais et j’appréhende même de visiter ce pays à cause de mon alimentation…).

Peut-être (probablement) liée à l’influence des mangas regardés quand j’étais petite (Club Dorothée : Ranma 1/2, Lucille Amour et Rock’n’Roll, le Collège fou-fou-fou, Nicky Larson, Olive et Tom, Sailor Moon, etc.), j’ai toujours été attirée par la culture, l’architecture, la vie japonaise. C’est donc pour cela que quand j’ai découvert l’ouvrage Tokyo Sanpo de Florent Chavouet, ni une ni deux, je l’ai rajouté sur ma wishlist Amazon. Grâce à cette manoeuvre subtile, je l’ai reçu à Noël de la part de mon cher et tendre et j’ai pris un immense plaisir à tourner les pages et à découvrir les dessins de l’auteur, son sens du détail et sa vision de cette ville aux mille facettes.

Florent Chavouet a en effet vécu durant 7 mois au Japon, en 2006, durant la durée du stage de sa compagne. Il a pris l’habitude de se promener avec son carnet et de croquer ce qui l’inspirait : de l’étiquette de bouteille d’eau aux collégiennes en passant par les maisons atypiques, ce livre vous montre le quotidien de Tokyo comme si vous y étiez, à l’aide d’instantanés magnifiques. Le talent de l’auteur est indéniable, il parvient à capturer énormément de choses dans ses dessins, c’est absolument magnifique !

A découvrir absolument si ce pays vous intrigue comme moi ! Il a sorti également un autre ouvrage consacré à l’île de Manabeshima (qui a déjà trouvé sa place au chaud dans ma wishlist) et tient par ailleurs un blog, à visiter également si vous voulez découvrir son univers.

La page blanche

Vous vous en doutiez probablement, je n’ai pas pu résister à la nouvelle BD de Pénélope Bagieu et de Boulet parue chez Delcourt/Mirages. Je connais pas ce blogueur mais étant donné que je suis très sensible au trait de la demoiselle (comme apparemment beaucoup de monde), j’en ai entendu parler (sur le blog de Melle Bagieu), j’ai mis l’album dans ma wishlist Amazon, je l’ai vu à la Fnac et je l’ai acheté de suite (malgré le prix un peu élevé, 22,95€ moins les 5% habituels).

Comme toujours, le trait de Pénélope Bagieu oscille entre naïveté et vérité : d’une précision parfaite pour représenter la ville de Paris (bornes Vélib’ comprises), les lignes restent douces et les maisons dessinées à main levée ont décidément un charme étrange.

La Page Blanche, c’est l’histoire d’une jeune fille qui se retrouve assise sur un banc, à Paris. Et qui ne sait pas du tout comment elle est arrivée là, ni ce qu’elle peut être venue faire dans ce coin de Paris (à savoir, devant la station de métro Montgallet). En fouillant ses poches et son sac, elle découvre son nom et son adresse. Mais pas moyen de se rappeler quoi que ce soit la concernant. Par contre, elle connaît toujours la ville, elle maîtrise le métro parisien, elle connaît les bouquins, les films, tout ça. Elle a juste oublié tout ce qui la définit. Elle rentre chez elle, sans savoir ce qu’elle risque d’y trouver. Les planches de Pénélope Bagieu sont jouissives ! Les mimiques d’Eloïse sont géniales, chacune d’entre nous s’y retrouve je crois :). Et la jeune fille enquête sur elle-même, essaie de se retrouver. La fin est surprenante, pas forcément celle que j’attendais. La morale de l’histoire est intéressante et fait réfléchir (même si cet article n’a pas tout à fait tort dans les critiques qu’il fait à cette bd). J’ai beaucoup aimé cet album et je me délecte toujours autant du trait de Pénélope Bagieu !

Par ailleurs, la jeune femme (désormais renarde) actualise toujours son blog Ma vie est tout à fait fascinante !

Bye bye 2011 !

C’est d’un petit coin de paradis enneigé que je vous écris. Non que je me sois mise au ski (pas folle : je suis aussi stable qu’un poulpe à qui il manquerait la moitié des tentacules), mais je me suis essayée à la glisse sur luge et je dois dire que quand ça ne va pas trop vite, c’est vraiment chouette. Mais rien de tel que de profiter de la vue bien au chaud ! La montagne, c’est vraiment absolument magnifique, surtout avec autant de neige !

Vue sur la vallée de Sion, Suisse

Bref, je ne suis pas venue vous parler de cela mais plutôt vous faire un rapide bilan de l’année écoulée (comme cela semble être une tradition sur la blogosphère :)). Du point de vue pro, cette année devait commencer sur les chapeaux de roues et a fini dans les champs… :p J’espère que 2012 sera placée sous de meilleurs auspices ! A part cela, 2011 a plutôt été une année sympa, avec notamment un splendide voyage aux Seychelles dont je n’ai pas encore fini de vous parler :) Bref, voici un rapide retour sur mes plus belles découvertes et mes coups de coeur !

BD : j’ai adoré Cinq mille kilomètres par seconde, de Manuele Fior, qui a remporté le Fauve d’Or du Festival d’Angoulême. Je n’ai toujours pas lu Tamara Drewe de Posy Simmonds, mais j’espère le lire en 2012.

Roman policier/ThrillerRobe de marié, de Pierre Lemaître : une vraie révélation. Le Dalhia Noir, un grand classique du genre : il faut passer le cap de 100 premières pages et le bouquin décolle ! L’enfant perdu de John Hart était également de bonne facture, tout comme Le Chuchoteur de Donato Carrisi.

(A noter que cette année, aucun roman ne m’a suffisamment marquée que pour apparaître dans cet article.)

Séries : En vrac et pour diverses raisons : Pretty Little Liars, Six Feet Under (mais en retard pour celle-ci), Drop Dead Diva, Once Upon a Time.

Films : nous sommes peu allés au cinéma cette année, mais parmi les films que j’ai pu voir en DVD, An Education m’a vraiment marquée et énormément plu ! J’ai beaucoup aimé Super 8 également.

Musique : Cette année aura surtout été placée sous le son de la musique de Glee, Brandon Flowers, The Killers, Death Cab For Cutie et tout récemment la Danoise Agnes Obel (pour Riverside, magnifique).

Sur cette superbe chanson, je vous souhaite un merveilleux réveillon de nouvel an et une très bonne année 2012 !!! A l’année prochaine !

PS : Si vous n’êtes pas encore fan du blog sur Facebook, c’est par ici !

Foert, Non di dju

Cette « chronique de la crise gouvernementale la plus longue de l’Histoire », par Bert Kruismans et Pierre Kroll (le seul et unique) est un véritable régal !

Cela fait à présent près d’un an et demi que je vis en France et que j’ai donc un certain recul vis à vis de l’actualité belge (allez savoir pourquoi, alors qu’on a droit à une quantité phénoménale de chaînes de télé, on n’a pas droit à une seule télé belge en France, sauf via TV5…). Je me tiens au courant via l’appli iPhone du journal Le Soir (qui a toujours été mon grand préféré), ses newsletters, d’autres sites d’info, Twitter et des blogs mais malgré tout, je ne suis pas immergée dans cette actualité, que je suis plutôt en pointillés.

Celui qui résume mieux les situations politiques inextricables qui sont le lot quotidien belge, pour moi, c’est Pierre Kroll. A une époque, ce sont les Guignols de l’info qui m’ont permis de mieux connaître les stars de la scène la politique française. Et Pierre Kroll est celui qui, le premier, est parvenu à m’intéresser à la politique belge. J’adore son humour (parfois noir), sa vision et sa manière de croquer les personnages : en trois traits, on a tout : le physique, l’expression et parfois, l’oeil pervers !

Foert, Non Di Dju (un titre mix entre flamand et wallon) est le résultat d’une collaboration entre le Nord et le Sud de la Belgique (comme quoi, on s’entend bien :)) : Pierre Kroll (dessinateur de talent) et Bert Kruismans, humoriste (que je ne connaissais pas, j’avoue – J’aimerais beaucoup découvrir son spectacle destiné à un public wallon, La Flandre pour les nuls). L’album, édité par les éditions Renaissance du Livre, est sorti fin mai 2011 et reprend les meilleurs dessins et les meilleurs textes des deux auteurs pour former une chronique de la crise politique belge. Désopilant, caustique, hilarant, cynique, caricatural, cet enchaînement est juste excellent et permet de remettre en ordre les étapes qui font que la formation du gouvernement belge est au stade où elle est actuellement (c’est à dire un peu nulle part).

Comme je n’ai pas réussi à le trouver en France ni sur Amazon et consorts, je l’ai ramené de Belgique ! L’album coûte 9,90 euros et il vaut de l’or ! =)

Pour en savoir plus : La présentation de l’album par le journal Le Soir dans une chouette vidéo et le portfolio « La Belgique vue par Kroll », par le même journal.

NB :  Apparemment, on peut se le procurer sur la boutique du Soir, qui livre en Belgique, au Luxembourg et en France !

Autobiographie d’une fille Gaga

Retour dans la BD aujourd’hui, avec l’Autobiographie d’une fille Gaga de Diglee, une jeune Lyonnaise très talentueuse (et fan de Lady Gaga :)). Diglee, de son vrai nom Maureen, a un trait particulier mais cet album se range de manière très naturelle près des Pénélope Bagieu et Margaux Motin. On surfe à nouveau sur la vague de la jeune femme du XXIème siècle, tiraillée entre sa vie active, sa vie de femme, sa vie de gamine, sa vie d’amoureuse, etc.

Les dessins sont chouettes et sympas (juste une chose, je ne comprends pas pourquoi elle se dessine sans nez alors qu’elle veut bien en mettre aux autres personnes qu’elle croque). Dans son album, on découvre son quotidien, son chéri, sa soeur, sa passion pour Titanic, son amitié pour Margaux Motin, sa passion pour Lady Gaga, etc.

Autobiographie d’une fille Gaga se lit rapidement et laisse un goût acidulé (tout aussi acidulé que la couleur orange fluo de sa couverture). J’ai beaucoup aimé cette bd, même si je pense garder une préférence pour le trait de Pénélope (je craque pour ses bâtiments qui ne sont jamais droits, je n’y peux rien :)).

A découvrir : le blog de Diglee !