Luckiest Girl Alive

J’ai hésité un petit moment pour voir si je parlais ou pas de ce roman par ici. Au tout début de ce blog, j’avais pour optique de ne parler que des choses que j’appréciais vraiment et de laisser de côté mes déceptions. Puis, les choses ont évolué. Par exemple, je vous avais tout de même parlé de Sorry, que je n’avais pas aimé. Ou d’un roman de Donato Carrisi que j’avais trouvé décevant. Ou de Night Film. Bref. Déjà, je me dis que si je parviens à terminer le roman sans le laisser lamentablement de côté (comme j’ai fait récemment pour le pauvre The Time Traveller’s Wife), c’est qu’il n’était pas si terrible et que malgré ses défauts, il est parvenu à piquer ma curiosité. Sur ce point, je dois dire que le passage du papier au Kindle m’a rendue beaucoup plus cruelle pour ce qui est de l’abandon d’un livre. Un livre papier, on n’a pas toujours un plan B pour le remplacer donc même s’il est pénible/nul/inintéressant/ennuyeux/etc. (biffer les mentions inutiles), on va essayer de continuer. Sur le Kindle (si vous l’avez rempli comme moi avec une bonne partie de votre wishlist), vous avez en permanence votre bibliothèque avec vous. C’est très pratique. Pour un poids minime, j’ai plein de romans avec moi, dont l’intégrale de Harry Potter (on ne sait jamais ce qui peut arriver :D). Cela rend le switch d’un bouquin ennuyeux à une nouvelle lecture tellement facile que c’en est déconcertant.

Bon, déjà vous pouvez situer quelque peu mon opinion sur Luckiest Girl Alive de Jessica Knoll. Je ne sais plus bien comment je suis tombée dessus. Peut-être sur une liste Bookbub de bouquins à lire si vous avez aimé tel autre roman.

luckiest girl alive

Luckiest Girl Alive, le premier roman de l’auteur, nous entraîne dans le sillage de Ani Fanelli, journaliste pour un magazine féminin à New York. Acérée comme une lame de rasoir, sa manière de voir le monde est par moments très froide, très dure. Elle manipule les gens, exhibe sa bague de fiançailles comme une preuve de réussite. Elle se marie bientôt avec un excellent parti : Luke Harrisson. Issu d’une riche famille, il a un CV impressionnant et a tout pour la rendre heureuse. Sauf qu’elle n’est pas heureuse. Elle focalise sur l’organisation du mariage, sur ses kilos en trop. Elle souffre d’insomnies depuis des années. Elle a accepté de participer à un documentaire télévisé sur un épisode horrible qui s’est déroulé pendant sa scolarité à Bradley. En tous cas, c’est ce qui l’a rendue « dure » et qui l’a fait passer de TifAni, gamine mal dans sa peau, à Ani, jeune new-yorkaise qui a réussi mais dont les dents ont tendance à rayer le plancher. Le roman alterne entre la Ani d’aujourd’hui et des passages sur son arrivée dans sa nouvelle école, à Bradley, où elle rencontre Arthur, Dean, etc. C’est rare de ressentir si peu de choses positives pour un personnage. Ani Fanelli est antipathique, froide, presque dérangeante. Le genre de personnage dont on se tient loin si on la croisait en réalité. J’ai hésité à plusieurs reprises à abandonner lâchement ma lecture et à démarrer autre chose. Mais j’avais quand même de la curiosité sur ce fameux évènement qui justifiait la réalisation d’un documentaire… Donc je me suis accrochée, tant bien que mal.

Si je réfléchis de manière vraiment rationnelle, l’intrigue était relativement intéressante. Cependant, le style ne m’a pas plu, le personnage central non plus. TifAni FaNelli a un côté tellement froid et dépourvu d’empathie, même adolescente, même avant les événements qui se produisent, que lire un roman dont elle est la narratrice n’a pas été une mince affaire. Les personnages secondaires n’étaient pas plus accrocheurs, pas vraiment plus intéressants. Mais c’est ma curiosité qui m’a gardée sur les rails.

Très honnêtement, ne vous fiez pas aux commentaires marketing qui se trouvent sur la couverture : ce roman n’est pas le nouveau Gone Girl (cf. mon article sur la version française, Les Apparences, de Gillian Flynn). Ok,Gone Girl était froid également mais pas comme ici. Gone Girl était beaucoup plus intelligent, plus abouti, plus réussi. Mon avis : à moins que ça soit la pénurie sur votre Kindle ou chez votre libraire, prenez un autre livre. Il était décevant et même ennuyeux. Et l’héroïne est désagréable. Je n’ai pas retiré grand chose de cette lecture, si ce n’est le côté satisfait d’avoir réussi à terminer un livre que je n’appréciais pas vraiment. Petit challenge personnel : après une flopée d’abandons, je voulais aller jusqu’au bout de ce roman.

Apparemment, Reese Witherspoon va adapter ce roman en film. J’espère qu’elle parviendra à l’améliorer. Et j’espère qu’elle ne jouera pas le rôle de l’héroïne : j’adore Reese Witherspoon et elle est beaucoup trop humaine, sympa, expressive, drôle pour se retrouver dans les traits de TifAni. Définitivement. Par contre, on n’a pas DU TOUT la même opinion sur ce roman, comme vous pouvez le voir dans l’article de Variety ci-dessus. Pour information, il ne s’en sort pas si mal ailleurs : sa note sur Goodreads est de 3,49/5 (à l’heure où j’écris ces lignes – même si j’ai lu pas mal de commentaires négatifs) et il remporte 4 étoiles sur 5 sur Amazon.

The Perks of Being a Wallflower

Ce film était sur ma liste « à voir » (j’ai des listes de livres à lire, de séries à voir et de films à voir :-) un jour j’en parlerai plus longuement) depuis des années. Certains sont là depuis tellement longtemps que je doute de jamais les découvrir. L’envie de les lire/les voir est passée, est poussiéreuse… Je ne sais parfois plus ce qui a justifié que je note ce titre sur un coin de papier, que je prenne une photo à la volée dans une librairie, un magazine ou que je fasse une capture d’écran de blog ou de page IMDb. Un vendredi soir, toute seule à la maison, après avoir épuisé les séries que je regarde (toute seule) à me mettre sous la dent, avec la volonté de ne pas en commencer une nouvelle, j’ai regardé mes films à voir… Ca a donné des commentaires dans ma tête du style « pas envie », « pas envie », « pourquoi ce film est là ? », « pas envie non plus », « c’est quoi çà encore ? Non pas envie ». Au deuxième tour, je me suis arrêtée sur le film The Perks of Being a Wallflower sorti en 2012. De mémoire, avec Emma Watson et tiré d’un livre (après recherche, roman sorti en 1998 et écrit par Stephen Chbosky – ici en version française). Mes infos se bornaient à cela quand j’ai appuyé sur « play » pour lancer la vidéo sur la télé via le Chromecast.

The perks of being a wallflower

Charlie est un freshman qui commence le lycée cette année (high school). Il est un peu geek, mais pas assez. Il est loin, très loin d’être populaire dans une école des années 80-90. Il revient de loin : son meilleur ami s’est tiré une balle dans la tête tout récemment. Et il est toujours très secoué par le décès de sa tante préférée, Helen, morte dans un accident de voiture lors de son 7ème anniversaire, à Noël. Suite à une mise au vert pour se remettre sur pied, il reprend une vie normale, la famille, sa soeur (et son mec un peu bizarre fan de mixtapes), l’école. Il n’a aucun ami en classe, il mange tout seul à la cantine, avec son livre. Il tente des sourires mais ils tombent tous à plat. Un soir, lors d’un match de football de l’école, il prend son courage à deux mains et se rapproche d’un garçon de sa classe, un mec plutôt marrant, Patrick, que d’autres imbéciles de l’école appellent « Nothing » après une blague (il faut admettre, un peu débile) qu’il a faite en cours. Quelques minutes après, Sam vient les rejoindre. En une seconde, Charlie est subjugué par Sam (en même temps, on le comprend, c’est Emma Watson). Après le match, Patrick et Sam (qui sont demi-frère et soeur) invitent Charlie à les suivre pour une fête et c’est ainsi qu’il se fait de nouveaux copains, un peu hors normes. Dans le courant de la soirée, Sam et Patrick s’aperçoivent de la solitude de Charlie et décident de le prendre sous leur aile. « Welcome to the Island of Misfit Toys » lui déclare Sam après qu’ils aient porté un toast en son nom (en référence à ce livre).

J’ai été quasi immédiatement sous le charme de ce film. Les couleurs un peu passées, le ton, le charisme de Charlie, le talent des acteurs, la justesse aussi. Et l’émotion. Je n’attendais pas grand chose de ce film. J’ai été plutôt contente quand j’ai vu qu’il s’agissait d’un film dans une école (j’ai un attachement tout particulier à ce genre de film :-)) mais je ne m’attendais pas à aimer autant, à être fascinée à ce point par cette histoire. Pour tout vous dire, j’ai cherché sur internet après (notamment sur Goodreads) pour être sûre de comprendre certaines choses (liées notamment à la tante Helen de Charlie) qui sont sous-entendues dans le film. J’ai aussi décidé que je voulais lire le livre pour avoir une vue d’ensemble sur l’histoire. Pendant mes recherches, je suis tombée sur le titre en français au Canada. Pas raccord. Sérieusement ? Passer d’un titre plein de poésie The Perks of Being a Wallflower à Pas raccord ? En France, le film est sorti sous le titre Le monde de Charlie, ce qui n’est pas mieux, en fait. Ce genre de traduction enlève du titre, à mes yeux, toute la douceur et la magie qui sort du film. Ca me rappelle mon professeur à l’université qui nous parlait d’adaptation de roman au cinéma. Et qui m’avait dit qu’une traduction était une adaptation au même titre que le passage de l’écrit à l’écran. Il avait bien raison.

perks of being a wall flower cast

A noter en plus du reste, la qualité de la bande son : The Smiths, David Bowie (notamment la chanson Heroes, dont Sam, Charlie et Patrick recherchent le titre pendant plusieurs mois) et cie sont de la partie. Vraiment très chouette. Autre petite remarque par rapport au titre en VO : je me posais la question sur le terme « wallflower » dans ce cadre… Du coup j’ai regardé : « being a wallflower » signifie en gros « faire tapisserie ». Ce terme était utilisé au 19ème siècle en anglais pour désigner les jeunes femmes qui restaient assises seules lors des bals. Confer cette page wikipedia.

Vous l’avez vu ou lu ? Vous avez aimé ?

Career of Evil

Robert Galbraith, aka J.K. Rowling, a encore frappé ! J’ai attaqué la bête (Career of Evil) quelques jours seulement après sa sortie en anglais le 20 octobre 2015. Le temps de terminer Perfect People, de Peter James (dont je vais vous parler bientôt), et c’était parti ! Rien à dire sur le ton de l’auteur : la transition a été franche, nette. Le style de Robert Galbraith est beaucoup plus fluide et agréable que celui de Peter James (en tous cas en VO). Le troisième tome des aventures du détective privé Cormoran Strike et de sa secrétaire/apprentie Robin Ellacott a été dévoré par mes soins, comme à chaque fois.

Career of evilDepuis les deux dernières enquêtes réalisées par notre détective privé (The Cuckoo’s Calling et The Silkworm), sa salle d’attente est plutôt bien occupée. Robin et lui ont des dossiers relativement classiques : suivre une strip-teaseuse que son petit ami soupçonne de le tromper, s’infiltrer dans des bureaux pour suivre des enquêtes administratives assez banales, etc. Rien de bien croustillant. Robin doit épouser Matthew dans quelques mois, suite au report de la cérémonie après le décès de la mère de celui-ci (cela ne change rien au fait que le lecteur a, comme dans les premiers volumes, cette envie perpétuelle et sournoise d’en coller une au-dit Matthew, qui ne donne vraiment pas envie d’être connu). Strike, de son côté, sort avec Elin, une journaliste radio plutôt riche et en instance de divorce. La routine quoi. Jusqu’au matin où Robin réceptionne un colis en arrivant au boulot. Elle s’attend à recevoir des appareils photos jetables pour son mariage. Certainement pas une jambe. Pourtant c’est ce qu’elle trouve dans le colis qui lui est directement adressé : le membre inférieur d’une jeune femme. Les flics sont sur le coup, les journalistes aussi. Ils essaient d’identifier qui aurait pu envoyer ce macabre colis, qui est la victime (selon le légiste, la jambe a été sectionnée peu après la mort de sa « propriétaire »). Strike a une petite idée, son coeur balance entre plusieurs personnes qui ne l’aiment pas vraiment. Mais pourquoi adresser la jambe à Robin ? Et qui est ce type bizarre qui a livré le colis et qui semble suivre la jeune femme ?

Comme d’habitude, le rythme est excellent. J’ai beaucoup plus apprécié ce troisième opus par rapport au deuxième qui m’avait rendue mal à l’aise. L’enquête m’a tenue en haleine tout au long du roman, les personnages deviennent de plus en plus attachants et intéressants au fil des « épisodes » de cette série.

Vivement la suite ! J’espère que Robert « J.K. Rowling » Galbraith va garder le rythme d’un roman par an et qu’on peut se préparer psychologiquement pour une suite à la rentrée 2016. Si vous l’avez lu, j’imagine que vous comprenez parfaitement mon impatience !

Par contre, en lisant la saga du petit sorcier, je n’imaginais pas que J.K. Rowling avait un côté si sombre. Je pense qu’elle essaie de se détacher de son image liée à Harry Potter et de se réinventer, je sais aussi qu’elle avait créé les personnages infâmes du professeur Ombrage, de Bellatrix Lestrange et de Voldemort mais… quand même. Cela surprend !

Since you’ve been gone

Aujourd’hui, j’ai très envie de vous parler d’un coup de coeur lecture. C’est un bouquin tout simple, un roman d’ado (ma petite faiblesse). Mais qui m’a vraiment énormément plu. Beaucoup beaucoup.

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Il s’agit de Since you’ve been gone, de Morgan Matson. Cette petite pépite, sur laquelle je suis tombée un peu par hasard (au fil des blogs – merci Victoria d’avoir parlé de son autre roman – dévoré depuis, puis, j’avoue : aléatoirement, j’ai aimé le peps estival de la couverture et la police d’écriture :p) m’a juste accrochée, fait sourire, mis des papillons dans le ventre. Quelques heures après avoir terminé le roman, j’étais tristesse et frustration de ne plus pouvoir suivre les aventures d’Emily.

Emily est une ado un peu timide, avec des parents professeurs de théâtre et un petit frère super bon en escalade. Ils sont assez bizarres mais chouettes. Elle a une vieille voiture pleine d’autocollants qui datent du propriétaire précédent et dont le toit ouvrant ne ferme plus (elle doit le fermer avec une planche en bois). Et surtout, surtout, elle a une meilleure amie absolument géniale, brillante, drôle et populaire, Sloane. Sauf que cet été, les choses ne se passent pas comme prévu : elles avaient des plans : trouver un petit boulot ensemble et puis traîner comme d’habitude. Sauf que Sloane est aux abonnés absents : la maison est vide, elle ne répond pas aux SMS et son téléphone est désespérément éteint. Après quelques jours de désarroi total, Emily reçoit un courrier de la part de Sloane. Pas de nouvelles, pas de réponse, juste une liste de choses à faire cet été. Un peu déboussolée au départ (même si ce n’est pas la première liste du genre que Sloane lui a envoyée depuis le début de leur amitié), Emily finit par focaliser sur cette liste en se disant que peut-être, si elle arrive au bout de toutes les choses qui se trouvent dessus, cela la mènera à sa meilleure amie. Depuis « monter à cheval » à « Penelope » en passant par « embrasser un inconnu », « trouver un job » et « cueillir des pommes la nuit », la liste est variée.

Le roman se focalise sur l’été d’Emily, la manière dont elle gère l’absence de sa meilleure amie Sloane, dans l’ombre de laquelle elle avait pris l’habitude de vivre, plutôt confortablement, sur les efforts qu’elle va devoir fournir pour sortir de sa coquille et sur les amis qu’elle va se faire en chemin.

J’ai un peu de mal à lire depuis quelque temps. J’étais plongée dans The Time Traveler’s Wife jusque récemment mais je l’avais lâchement abandonné : trop de pauses entre mes phases de lecture, pas assez d’intérêt pour l’intrigue. Ce bouquin m’avait perdue en chemin. C’est dommage mais bon… Celui m’a rattrapée (et j’ai depuis enchaîné sur Amy and Roger’s Epic Detour, du même auteur, dont je vous parle bientôt :)).

Maman a tort

Et hop, un nouveau Michel Bussi par ici, un ! Maman a tort est le tout dernier roman de l’auteur publié aux Presses de la Cité.

Après nous avoir baladés dans le Jura, sur l’île de la Réunion, et à Giverny, Monsieur Bussi nous emmène cette fois en Normandie, au Havre plus précisément. On découvre Vasile, un psychologue scolaire, étrangement inquiet du comportement d’un enfant de 4 ans. Tellement inquiet qu’il décide d’en parler à la police. Les flics qui sont bien occupés à essayer de boucler l’enquête sur un braquage sanglant qui s’est produit quelques mois auparavant. Ils savent le suspect principal blessé et sont sur le qui-vive. Mais le psy est mignon, la commandante Marianne Augresse y est sensible (l’horloge biologique, tout ça : elle cherche le papa de ses futurs gosses). Elle choisit donc de consacrer un peu de temps à son histoire : Malone, presque 4 ans, prétend que sa mère n’est pas sa mère et raconte des histoires invraisemblables issues des conversations qu’il dit avoir avec Gouti, son doudou.

Maman a tort BussiEncore une fois, le talent de Bussi est de tisser une toile d’araignée complexe, dans laquelle le lecteur s’enchevêtre tout doucement, l’air de rien, avant le dénouement final. L’auteur a choisi de faire de la mémoire de l’enfant la pierre angulaire du récit, en y annexant les points de vue des uns et des autres. Vasile, qui pressent un danger autour de l’enfant, les parents de Malone, qui ne voient pas d’un bon oeil qu’on essaie de leur prendre leur enfant (c’est comme ça qu’ils voient les choses), la commandante, écartelée entre ses enquêtes et son horloge biologique, sa meilleure copine, Angie, ses collègues, le suspect principal du braquage, la ville du Havre, etc. Passionnant et intrigant, comme à chaque fois.

Il ne s’agit pas de mon roman préféré de l’auteur, ce titre étant partagé entre Un avion sans elle et Nymphéas noirs, mais Maman a tort est très intéressant et très plaisant à lire. J’ai mis des semaines à lire Maine, j’ai dévoré Maman a tort en trois jours et là, je suis repartie sur The Time Traveller’s Wife et, même si j’apprécie, je n’avance pas bien vite (en même temps j’ai la tête à moitié dans des guides de voyage pour l’instant, ça n’aide pas à avancer rapidement dans un roman).

J’ai encore N’oublier jamais à découvrir, qui m’attend sagement sur mon Kindle (avec mon immense pile de livres à lire qui y traîne également). Cela ne devrait pas tarder :) Bonne journée à vous !

Maine

J’ai mis un temps fou à découvrir un autre roman de l’auteure J. Courtney Sullivan depuis ma lecture de son premier livre, Commencement. J’avais démarré Maine au mois d’octobre 2014 mais ce n’était pas ce que j’avais envie de lire à ce moment là (cf. ce que je disais ici). Cependant, je me suis replongée dedans récemment et je n’ai pas regretté d’avoir insisté, rien que pour le dépaysement (mais vous connaissez mon faible pour les voyages).

Maine-Final-Cover1Maine nous raconte l’histoire de la famille Kellehers sur plusieurs générations. Les Kellehers vivent à Boston mais, suite à un pari gagné par le patriarche, Daniel, ils possèdent également une maison de vacances au bord de la mer, dans le Maine.

On suit la vie, les déboires et les aventures de quatre femmes distinctes : Alice, la grand-mère, veuve de Daniel, qui se replonge dans ses souvenirs de jeunesse et nous raconte simultanément son présent, dans lequel elle se consacre en bonne partie à sa foi catholique. On a aussi Kathleen, sa fille qui vit en Californie dans une ferme de vers de terre et qui s’était promis de ne pas remettre les pieds dans la maison de Cape Neddick et de se tenir loin de la famille. Il y a Ann Marie, sa belle-fille, un peu maniaque, un peu pénible, qui veut toujours aider tout le monde et s’est passionnée récemment pour décoration de maisons de poupée. Et qui espère, plus ou moins secrètement, devenir propriétaire du cottage avec son mari Daniel, quand Alice ne sera plus là. Enfin, nous avons Maggie, sa petite-fille de 32 ans, fille de Kathleen, qui est écrivain, vit à New York et vient de rompre avec son petit copain. Maggie est venue se ressourcer dans le Maine pour prendre un peu de recul sur sa vie avant d’attaquer la suite.

Par un concours de circonstances particulier, ces quatre femmes qui n’ont pas l’habitude d’être sous le même toit vont passer quelques jours à cohabiter dans la maison du Maine, engendrant des tensions plus que palpables. Alice a pris une décision concernant la propriété de Cape Neddick qui va complètement chambouler l’existence de ses enfants, au grand désespoir d’Ann Marie et de son mari Daniel. Maggie essaie de profiter du calme du village pour pouvoir se poser et réfléchir à son futur. Ann Marie, comme à son habitude, se dévoue pour tenir compagnie à Alice et en profite pour transformer cela en un week-end festif pour le 4 juillet avec son mari et un couple d’amis. Kathleen n’a rien à faire là, n’a pas envie d’être là, mais elle veut plus que tout être aux côtés de sa fille. Les tensions familiales déjà présentes vont s’accentuer quand le prêtre va, sans le vouloir, révéler les plans d’Alice concernant le cottage.

Ce roman n’a pas été coup de coeur mais l’ambiance y était très agréable. Je me suis échappée dans le Maine (que je visualise un peu comme le Cape Cod, que j’ai adoré). Pas de réelle identification ici, le personnage le moins énervant étant Maggie. Les autres ont vraiment des côtés « tête à claques » qui les rend parfois franchement antipathiques même si on s’intéresse à l’histoire, qu’on veut comprendre le pourquoi du comment. Bref : une lecture loin d’être indispensable mais tout de même agréable rien que pour les flashes d’air iodé, de soleil et de bois flotté.

The Girl on the Train

Paula Hawkins - The Girl on the TrainTout récemment, après l’avoir vu dans des tas de librairies, je me suis lancée dans la lecture de The Girl on the Train, de Paula Hawkins.

Etrangement, ce roman tombe à point : pour mon nouveau job, je prends le train depuis Londres chaque matin et chaque soir : j’ai rejoint les « commuters » anglais. Et l’intrigue de The Girl on the Train surfe là-dessus. Et pas qu’un peu. Pour tout dire, ces « commuters » (on dirait navetteurs en Belgique) sont même remerciés à la fin du roman pour avoir inspiré l’auteur.

Rachel est une épave. Avant, elle était heureuse, mariée à Tom, un homme exceptionnel. Ils vivaient dans une jolie maison qui donnait sur le chemin de fer. Elle adorait regarder les trains passer… Puis, ça a commencé à dégénérer : elle n’arrivait pas à tomber enceinte et le vivait extrêmement mal. Peu à peu, elle a sombré dans l’alcool, l’agressivité, la dépression. Suite à cela, Tom s’est éloigné et a eu une aventure avec Anna. Depuis, il l’a épousée et ils ont eu ensemble une petite fille, Evie. A chaque fois qu’elle les aperçoit, Rachel a le coeur qui se déchire. Parce que de son côté, elle a touché le fond : alcoolique, sans travail, elle prend le train chaque jour jusque Londres puis rentre chez elle le soir après avoir flâné, erré sans vrai but toute la journée. Tout ça pour faire penser à Cathy, sa colocataire/propriétaire, qu’elle a toujours un job. En vrai, elle s’est fait licencier plusieurs mois avant. Un repas avec un client qui a mal tourné. Elle était saoule, encore.

A chaque voyage en train, elle repasse derrière sa rue. Derrière sa maison. Elle peut y voir Anna. Elle s’est également attachée à une maison voisine : celle d’un couple qu’elle a surnommé Jess et Jason. Un matin, après une soirée où elle a encore traîné dans ce quartier, pour parler à Tom, malgré une interdiction de la police de s’approcher de chez eux (Anna a peur de Rachel à proximité de sa fille et a déjà déposé plainte suite à un incident), elle se réveille dans le passage souterrain de la gare. Blessée à la tête, la gueule de bois, ensanglantée, mais en bon état. Elle n’arrive pas à se souvenir de ce qui s’est passé la veille. Elle se rappelle avoir bu dans le train, avoir trébuché en sortant de la gare, avoir été aidée par un homme roux. Mais c’est tout. En lisant le journal, quelques jours après, elle se fige. Une photo de Jess la dévisage : la jeune femme a disparu depuis ce soir-là, celui dont elle ne se souvient pas. Rachel est certaine que quelque chose d’utile se cache dans sa mémoire mais est incapable de mettre le doigt dessus. Elle essaie de se rapprocher de la police, du mari de Jess (dont le vrai nom est Megan)… Mais elle est considérée comme un témoin peu fiable en raison de son addiction à l’alcool.

Très addictif, ce roman était vraiment une chouette lecture. Le lecteur voit la situation depuis les points de vue respectifs de Rachel, Anna et Megan, le tout à des moments différents du passé et du présent. Le fait que Rachel ait des soucis d’alcoolisme et essaie tant bien que mal de s’en sortir (avec une volonté fluctuante, le gin tonic gagne parfois le duel) fait que sa partie du récit est parfois plus floue. C’est également ce narrateur peu fiable qui rend le roman intéressant, qui nous permet d’avancer en tâtonnant. Je vous recommande ce roman, une chouette découverte (comme quoi les listes de best-sellers sont parfois peuplés de bouquins sympas :-)). Dernière petite note : ce roman a été pas mal comparé à Gone Girl (Les Apparences), de Gillian Flynn, ainsi qu’au style de S.J. Watson, pour les rebondissements de l’intrigue. Personnellement, je l’ai nettement préféré à Gone Girl, que j’avais trouvé extrêmement froid. Pour la version française, il faudra attendre mai 2015 pour une parution chez Sonatine.