Luckiest Girl Alive

J’ai hésité un petit moment pour voir si je parlais ou pas de ce roman par ici. Au tout début de ce blog, j’avais pour optique de ne parler que des choses que j’appréciais vraiment et de laisser de côté mes déceptions. Puis, les choses ont évolué. Par exemple, je vous avais tout de même parlé de Sorry, que je n’avais pas aimé. Ou d’un roman de Donato Carrisi que j’avais trouvé décevant. Ou de Night Film. Bref. Déjà, je me dis que si je parviens à terminer le roman sans le laisser lamentablement de côté (comme j’ai fait récemment pour le pauvre The Time Traveller’s Wife), c’est qu’il n’était pas si terrible et que malgré ses défauts, il est parvenu à piquer ma curiosité. Sur ce point, je dois dire que le passage du papier au Kindle m’a rendue beaucoup plus cruelle pour ce qui est de l’abandon d’un livre. Un livre papier, on n’a pas toujours un plan B pour le remplacer donc même s’il est pénible/nul/inintéressant/ennuyeux/etc. (biffer les mentions inutiles), on va essayer de continuer. Sur le Kindle (si vous l’avez rempli comme moi avec une bonne partie de votre wishlist), vous avez en permanence votre bibliothèque avec vous. C’est très pratique. Pour un poids minime, j’ai plein de romans avec moi, dont l’intégrale de Harry Potter (on ne sait jamais ce qui peut arriver :D). Cela rend le switch d’un bouquin ennuyeux à une nouvelle lecture tellement facile que c’en est déconcertant.

Bon, déjà vous pouvez situer quelque peu mon opinion sur Luckiest Girl Alive de Jessica Knoll. Je ne sais plus bien comment je suis tombée dessus. Peut-être sur une liste Bookbub de bouquins à lire si vous avez aimé tel autre roman.

luckiest girl alive

Luckiest Girl Alive, le premier roman de l’auteur, nous entraîne dans le sillage de Ani Fanelli, journaliste pour un magazine féminin à New York. Acérée comme une lame de rasoir, sa manière de voir le monde est par moments très froide, très dure. Elle manipule les gens, exhibe sa bague de fiançailles comme une preuve de réussite. Elle se marie bientôt avec un excellent parti : Luke Harrisson. Issu d’une riche famille, il a un CV impressionnant et a tout pour la rendre heureuse. Sauf qu’elle n’est pas heureuse. Elle focalise sur l’organisation du mariage, sur ses kilos en trop. Elle souffre d’insomnies depuis des années. Elle a accepté de participer à un documentaire télévisé sur un épisode horrible qui s’est déroulé pendant sa scolarité à Bradley. En tous cas, c’est ce qui l’a rendue « dure » et qui l’a fait passer de TifAni, gamine mal dans sa peau, à Ani, jeune new-yorkaise qui a réussi mais dont les dents ont tendance à rayer le plancher. Le roman alterne entre la Ani d’aujourd’hui et des passages sur son arrivée dans sa nouvelle école, à Bradley, où elle rencontre Arthur, Dean, etc. C’est rare de ressentir si peu de choses positives pour un personnage. Ani Fanelli est antipathique, froide, presque dérangeante. Le genre de personnage dont on se tient loin si on la croisait en réalité. J’ai hésité à plusieurs reprises à abandonner lâchement ma lecture et à démarrer autre chose. Mais j’avais quand même de la curiosité sur ce fameux évènement qui justifiait la réalisation d’un documentaire… Donc je me suis accrochée, tant bien que mal.

Si je réfléchis de manière vraiment rationnelle, l’intrigue était relativement intéressante. Cependant, le style ne m’a pas plu, le personnage central non plus. TifAni FaNelli a un côté tellement froid et dépourvu d’empathie, même adolescente, même avant les événements qui se produisent, que lire un roman dont elle est la narratrice n’a pas été une mince affaire. Les personnages secondaires n’étaient pas plus accrocheurs, pas vraiment plus intéressants. Mais c’est ma curiosité qui m’a gardée sur les rails.

Très honnêtement, ne vous fiez pas aux commentaires marketing qui se trouvent sur la couverture : ce roman n’est pas le nouveau Gone Girl (cf. mon article sur la version française, Les Apparences, de Gillian Flynn). Ok,Gone Girl était froid également mais pas comme ici. Gone Girl était beaucoup plus intelligent, plus abouti, plus réussi. Mon avis : à moins que ça soit la pénurie sur votre Kindle ou chez votre libraire, prenez un autre livre. Il était décevant et même ennuyeux. Et l’héroïne est désagréable. Je n’ai pas retiré grand chose de cette lecture, si ce n’est le côté satisfait d’avoir réussi à terminer un livre que je n’appréciais pas vraiment. Petit challenge personnel : après une flopée d’abandons, je voulais aller jusqu’au bout de ce roman.

Apparemment, Reese Witherspoon va adapter ce roman en film. J’espère qu’elle parviendra à l’améliorer. Et j’espère qu’elle ne jouera pas le rôle de l’héroïne : j’adore Reese Witherspoon et elle est beaucoup trop humaine, sympa, expressive, drôle pour se retrouver dans les traits de TifAni. Définitivement. Par contre, on n’a pas DU TOUT la même opinion sur ce roman, comme vous pouvez le voir dans l’article de Variety ci-dessus. Pour information, il ne s’en sort pas si mal ailleurs : sa note sur Goodreads est de 3,49/5 (à l’heure où j’écris ces lignes – même si j’ai lu pas mal de commentaires négatifs) et il remporte 4 étoiles sur 5 sur Amazon.

The Girl on the Train

Paula Hawkins - The Girl on the TrainTout récemment, après l’avoir vu dans des tas de librairies, je me suis lancée dans la lecture de The Girl on the Train, de Paula Hawkins.

Etrangement, ce roman tombe à point : pour mon nouveau job, je prends le train depuis Londres chaque matin et chaque soir : j’ai rejoint les « commuters » anglais. Et l’intrigue de The Girl on the Train surfe là-dessus. Et pas qu’un peu. Pour tout dire, ces « commuters » (on dirait navetteurs en Belgique) sont même remerciés à la fin du roman pour avoir inspiré l’auteur.

Rachel est une épave. Avant, elle était heureuse, mariée à Tom, un homme exceptionnel. Ils vivaient dans une jolie maison qui donnait sur le chemin de fer. Elle adorait regarder les trains passer… Puis, ça a commencé à dégénérer : elle n’arrivait pas à tomber enceinte et le vivait extrêmement mal. Peu à peu, elle a sombré dans l’alcool, l’agressivité, la dépression. Suite à cela, Tom s’est éloigné et a eu une aventure avec Anna. Depuis, il l’a épousée et ils ont eu ensemble une petite fille, Evie. A chaque fois qu’elle les aperçoit, Rachel a le coeur qui se déchire. Parce que de son côté, elle a touché le fond : alcoolique, sans travail, elle prend le train chaque jour jusque Londres puis rentre chez elle le soir après avoir flâné, erré sans vrai but toute la journée. Tout ça pour faire penser à Cathy, sa colocataire/propriétaire, qu’elle a toujours un job. En vrai, elle s’est fait licencier plusieurs mois avant. Un repas avec un client qui a mal tourné. Elle était saoule, encore.

A chaque voyage en train, elle repasse derrière sa rue. Derrière sa maison. Elle peut y voir Anna. Elle s’est également attachée à une maison voisine : celle d’un couple qu’elle a surnommé Jess et Jason. Un matin, après une soirée où elle a encore traîné dans ce quartier, pour parler à Tom, malgré une interdiction de la police de s’approcher de chez eux (Anna a peur de Rachel à proximité de sa fille et a déjà déposé plainte suite à un incident), elle se réveille dans le passage souterrain de la gare. Blessée à la tête, la gueule de bois, ensanglantée, mais en bon état. Elle n’arrive pas à se souvenir de ce qui s’est passé la veille. Elle se rappelle avoir bu dans le train, avoir trébuché en sortant de la gare, avoir été aidée par un homme roux. Mais c’est tout. En lisant le journal, quelques jours après, elle se fige. Une photo de Jess la dévisage : la jeune femme a disparu depuis ce soir-là, celui dont elle ne se souvient pas. Rachel est certaine que quelque chose d’utile se cache dans sa mémoire mais est incapable de mettre le doigt dessus. Elle essaie de se rapprocher de la police, du mari de Jess (dont le vrai nom est Megan)… Mais elle est considérée comme un témoin peu fiable en raison de son addiction à l’alcool.

Très addictif, ce roman était vraiment une chouette lecture. Le lecteur voit la situation depuis les points de vue respectifs de Rachel, Anna et Megan, le tout à des moments différents du passé et du présent. Le fait que Rachel ait des soucis d’alcoolisme et essaie tant bien que mal de s’en sortir (avec une volonté fluctuante, le gin tonic gagne parfois le duel) fait que sa partie du récit est parfois plus floue. C’est également ce narrateur peu fiable qui rend le roman intéressant, qui nous permet d’avancer en tâtonnant. Je vous recommande ce roman, une chouette découverte (comme quoi les listes de best-sellers sont parfois peuplés de bouquins sympas :-)). Dernière petite note : ce roman a été pas mal comparé à Gone Girl (Les Apparences), de Gillian Flynn, ainsi qu’au style de S.J. Watson, pour les rebondissements de l’intrigue. Personnellement, je l’ai nettement préféré à Gone Girl, que j’avais trouvé extrêmement froid. Pour la version française, il faudra attendre mai 2015 pour une parution chez Sonatine.