La trilogie Fifty Shades

Ou comment j’ai fini par lire cette série de « Mommy Porn » de E.L. James alors que j’avais décidé de passer mon tour après avoir vu quelques avis mitigés ou plus encore (notamment celui de krokette qui m’a fait pleurer de rire). Ou encore, comment M. Christian Grey apprend à Mademoiselle Anastasia Steele à apprécier les punitions corporelles.

Bon, je ne vais pas vous faire l’affront de tout reprendre depuis le début. Vous n’avez, à moins d’avoir squatté une grotte ces derniers mois, pas pu échapper au phénomène « Cinquante nuances ». L’histoire d’ « amour » de Christian Grey, jeune PDG multimillionnaire qui aime les relations dominant/soumis qui a toujours au moins cinq préservatifs sur lui (il est toujours prêt), et de la jeune Anastasia Steele, qui termine ses études de littérature, travaille dans un magasin de bricolage, voudrait devenir éditrice et est vierge (pour résumer). Un invité surprise : le contrat de dominant à soumise qui reprend ce qu’elle peut ou ne peut pas faire et surtout ce qu’il peut et ne peut pas lui faire et avec quels accessoires. Etrange. Et donc, on a trois tomes pour suivre l’évolution de ces deux personnages et de leur relation atypique. Franchement, je me demandais pourquoi j’étais tombée là. Concrètement, j’ai la réponse : mes chers amis m’ont imposé de lire le premier tome pour leur en faire un résumé lors de mon enterrement de vie de jeune fille qui a eu lieu le week-end dernier.

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Très honnêtement, j’y suis allée en traînant des pieds, en gardant bien en mémoire l’avis vitriolé de krokette. Je pense qu’étonnamment, c’est son article qui m’a permis d’apprécier le livre. Je vous explique : je l’ai pris au troisième degré (au moins) dès le départ. J’ai eu des fous rires assez impressionnants, certaines scènes/répliques sont à se rouler par terre (j’ai même annoté certaines phrases tellement drôles que je voulais les reprendre pour illustrer mon résumé, que je ne peux malheureusement pas faire figurer dans cet article, pardon :)). Au final, j’ai fini, à ma propre surprise, par m’attacher aux personnages. Au côté un peu innocent d’Ana, au côté dominant/protecteur/torturé de Christian. Et c’est pas très fière que j’ai acheté le second tome à l’aéroport, puis le troisième. Vraiment pas. Et c’est encore moins fière que je les ai dévorés.

Mon avis : je ne comprends pas le battage médiatique et l’explosion des ventes de cette série. Ok, le premier est drôle. Par la suite, ça reste sympa mais malheureusement, nettement moins de fous rires. Objectivement, c’est une histoire d’amour entremêlée de passages voulus choquants pour stimuler la libido de la ménagère. Mais vraiment, c’est une simple romance comme on en a déjà lues/vues plein : la jeune fille lisse qui tombe amoureuse d’une beau jeune homme qui n’est pas bien pour elle, qui est perturbé, qui la blesse mais qu’elle parvient à canaliser et à guérir pour arriver à une jolie histoire d’amour fusionnelle, un conte de fées des temps modernes enfants non admis. Une remarque au niveau de la langue, je ne sais pas si c’est imputable à la traduction mais je rejoins l’avis général qui dit que c’est plutôt mal écrit. Après, vous aurez compris que l’objectif d’une telle lecture est plutôt la détente que l’admiration de jolies phrases bien construites.

Je ne vous le conseille ni le déconseille. J’ai passé un chouette moment de lecture, j’ai appris l’existence de plein d’ustensiles étranges que j’étais plutôt heureuse d’ignorer avant, j’ai bien ri durant le premier tome (vraiment, par moments, je me suis dit que l’auteur avait dû être sous influence pour écrire certains passages). Je classerai cette série dans la catégorie des guilty pleasures, à la Twilight, Pretty Little Liars, 90210 ou Gossip Girl. Rien de transcendant, mais les personnages deviennent bizarrement attachants (excepté la « déesse intérieure » d’Anastasia, version cheap du Dark Passenger de Dexter Morgan – qui, pour rappel, représente les pulsions meurtrières et macabres de Dexter. Ici, rien de tout cela : la déesse intérieure de Mademoiselle Steele ne sert à rien : elle s’emballe juste d’anticipation à chaque partie de jambes en l’air et danse la carioca, le sirtaki ou le tango – biffer la mention inutile, private joke inside – de bonheur dans la tête de l’héroïne). Juste, je me demande vraiment comment ils vont faire l’adaptation cinématographique. Et vraiment, je vais sûrement autant rire que quand je regarde les films de Twilight.

Pour plus d’infos et des extraits « explicites », voici un article sur le phénomène.

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