La poursuite du bonheur

Une petite plongée dans l’Amérique des années 40-50, ça vous tente ? Douglas Kennedy vous sert cela sur un plateau, avec en prime une magnifique histoire, pleine d’intelligence, de douceur et de dureté aussi. La poursuite du bonheur est un roman en sépia, absolument magnifique. Mais je vous raconte tout ça de suite !

Alors, je vous ai déjà parlé de Douglas Kennedy, dont j’avais lu jusqu’à présent trois romans : Quitter le mondeL’homme qui voulait vivre sa vie et les charmes discrets de la vie conjugale. Je n’avais pas été convaincue par les deux premiers, mais dans les trois cas, j’avais passé de bons moments. Ce n’étaient cependant pas des coups de coeur. Celui-ci en est un !

Tout démarre aujourd’hui avec Kate, une jeune femme divorcée avec un enfant, qui vient de perdre sa mère. Aux funérailles, elle voit une vieille dame inconnue, qui tente de rentrer en contact avec elle de manière légèrement insistante. Irritée, Kate se rend chez elle afin de lui demander de la laisser tranquille. En rentrant dans l’appartement new-yorkais de l’inconnue, Kate est surprise et en colère de découvrir des photos de sa famille sur les murs de cette femme qu’elle n’a jamais vue de sa vie avant cet enterrement. A ce moment, le roman bascule dans le passé : années 40, on suit l’histoire de Sara Smythe, une jeune fille WASP tout ce qu’il y a de bien, qui écrit des chroniques pour la presse. Lors d’une soirée de Thanksgiving chez son frère, elle rencontre Jack Malone, un jeune homme qui revient d’Europe où il a été correspondant de guerre. Le coup de foudre est immédiat, mais la réalité sépare les amoureux dès le lendemain de leur rencontre : Jack doit repartir en Europe, où il a accepté une mission de 9 mois. Ils se jurent de s’écrire et de se retrouver après ces neuf mois, sur le quai… Sara écrit, écrit, écrit, et ne reçoit rien en retour. Elle déprime, broie du noir et puis finalement, la vie reprend son cours, elle se marie, avance… Mais n’oublie jamais Jack. Jusqu’à ce que, quelques années plus tard, elle le recroise par hasard à Central Park, avec sa femme et son bébé…

Sur fond de chasse aux sorcières, ce roman nous entraîne dans une histoire magnifique, parfois cruelle, parfois triste, parfois drôle. Je n’ai pas eu un seul moment d’ennui pendant cette lecture, je me suis attachée à Sara, à Jack, à Eric (le frère de Sara). J’ai vraiment adoré chaque instant passé avec ce livre ! Je ne peux que vous le conseiller très vivement ! :)

Et, un peu hors sujet, je vous informe de la sortie de la première application iOS (pour iPhone et iPad) de mon cher et tendre :) pour plus d’informations, visitez le site web de l’app ! Et pour la télécharger, c’est par ici (pour info, elle coûte 1,59€). Merci pour lui !!!

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Les charmes discrets de la vie conjugale

Après Quitter le monde et L’homme qui voulait vivre sa vie, voici le dernier roman de Douglas Kennedy que j’ai lu. J’hésitais entre La poursuite du bonheur et celui-ci, puis j’ai finalement choisi Les charmes discrets de la vie conjugale, pour son titre qui m’intriguait.

Le cadre : milieu des années 60, à l’est des Etats-Unis. Hannah est une jeune étudiante à l’Université du Vermont, où enseigne aussi son père, figure charismatique adulée par les étudiants depuis sa prise de position contre la guerre du Vietnam. En deuxième année de fac, Hannah rencontre un jeune étudiant en médecine, Dan Buchan, 24 ans, bien sous tous rapports, l’exact opposé de son père. A ses 20 ans, ils se marient, malgré la désapprobation de la mère d’Hannah, qui l’estime trop jeune pour s’engager. Rapidement, ils ont un enfant, un petit garçon prénommé Jeffrey. Pour la carrière de Dan, ils déménagent dans un petit patelin perdu du Maine, Pelham. La vie de Hannah est plutôt monotone, entre son travail à la bibliothèque du village, son fils et son mari… Parfois, elle envie la vie palpitante de sa meilleure amie Margy, qui habite New York et travaille dans la communication.

Un jour, pour rendre service à son père, elle héberge un jeune homme, Tobias Judson, qui fait un voyage à travers les Etats-Unis avec son sac à dos et qui cherche un lieu où passer quelques nuits dans le Maine. Seule avec ce type, son mari étant au chevet de son père mourant, tout dérape… Après son départ, la vie reprend son cours normal…

A ce stade du bouquin, on abandonne les personnages pour les retrouver en 2003 : Hannah est prof d’anglais dans un lycée, Dan est un orthopédiste réputé, leurs enfants, Jeffrey et Lizzie, ont fait de brillantes études et ont réussi à décrocher des postes prometteurs. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes… Jusqu’à ce que le vernis craque en plusieurs endroits, et que le passé resurgisse de manière totalement inattendue. Abandonnée par ses pairs, lynchée par les médias, Hannah va pourtant relever la tête et lutter pour sauver sa famille et sa réputation…

J’ai beaucoup aimé ce roman, qui contrairement à L’homme qui voulait vivre sa vie, ne m’a pas laissé d’amertume. Très sympa, bien écrit, l’histoire est bien menée, le rythme de narration de faiblit pas et on ressent beaucoup d’empathie pour la narratrice. L’auteur a très bien dépeint les relations complexes d’Hannah avec ses parents (qui ont déjà du mal à gérer leur propre relation), puis la relation de mère qu’elle a avec ses propres enfants, pas forcément plus facile à aborder…  Un très bon moment de lecture !

L’homme qui voulait vivre sa vie

Ce qui m’a motivée à acheter ce roman, c’est l’appareil photo que l’on distingue sur la couverture. Je l’ai lu en deux jours, mais ce livre me laisse un peu perplexe. Il s’agit de ma seconde incursion dans l’univers de Douglas Kennedy (j’avais lu précédemment Quitter le monde). Et verdict : je ne parviens pas à savoir si j’aime ou non cet auteur. Je prends plaisir à le lire mais je ressens une frustration à la lecture de ses livres. Le sentiment que l’histoire aurait pu être vraiment géniale s’il avait fait d’autres choix en l’écrivant, tant son idée de base me plaisait.

Je pense aussi, pour sa défense, que je m’étais fait une certaine idée de ce livre, de comment il allait se dérouler, mais apparemment Douglas Kennedy et moi, on n’était pas sur la même longueur d’onde sur certains points. Dommage.

Ben Bradford est un brillant avocat (associé, s’il vous plaît) de Wall Street, spécialisé dans les testaments et autres joyeusetés de succession. L’homme est un exemple de réussite à l’américaine : il vit dans la banlieue New-Yorkaise, dans une superbe maison avec une épouse modèle et deux enfants adorables (même si le plus jeune est encore loin de faire ses nuits). Juste, à ses yeux, Ben n’a pas vraiment réussi : sa passion, son univers, c’est dans son labo photo super équipé qu’il le vit. Ben voulait être photographe, mais ça n’a pas marché. Du coup, il a fait un doctorat en droit. Ben n’aime pas sa petite vie routinière, sa petite banlieue, ses testaments, son quotidien, son mariage qui va mal. Ben est amer… Un jour, il se met à soupçonner sa femme d’adultère. Soupçons qui sont rapidement confirmés : Beth s’éclate avec le voisin d’en face, Gary, un photographe raté et frimeur insupportable. Sous le choc, ne sachant comment réagir, Ben a l’idée stupide de passer boire un verre chez Gary, histoire de lui dire qu’il sait. Et là, tout s’emballe. Ben s’emporte, tue Gary sans le vouloir. L’instinct de l’avocat prend alors le dessus. Méticuleusement, il peaufine son plan, fait disparaître le corps de Gary tout en simulant sa propre mort et disparaît du Connecticut. C’est sous l’identité de Gary qu’il ressurgit, dans une petite ville du Montana, incognito. Sauf que, reprenant des activités de photographe, le succès est cette fois au rendez-vous : les photos de Gary s’arrachent dans tout le pays. Ses photos sont publiées dans le canard régional, mais aussi dans le Time. Ce succès met son nom en lettres capitales sur le devant de la scène. Il flippe, il vit dans la peur que son passé ne le rattrape. Et le lecteur aussi.

C’était vraiment un roman très distrayant, très agréable à lire. Je pense que j’attendais une histoire plus « douce ». Entendez par là « sans le passage par la case meurtre ». J’attendais une fable, celle de l’homme qui renonce à une prison dorée pour vivre son rêve mais sans renier qui il est et qui il aime. D’où ma « déception ». N’empêche, j’ai passé un très bon moment, sans une seule seconde d’ennui.

Et j’ai découvert que ce roman avait été adapté en film par Eric Lartigau. Le film sort en France le 3 novembre 2010. L’histoire a  été transposée à Paris, Ben est devenu Paul, interprété par Romain Duris et Beth est devenue Sarah, campée par Marina Foïs. Voici la bande-annonce.

Quitter le monde

Je viens de refermer Quitter le monde, de Douglas Kennedy. J’avais beaucoup entendu parler de l’auteur et surtout croisé beaucoup de gens dans le train ou dans le métro qui lisaient ses romans (notamment la femme du Vème ou quelque chose dans le style). Verdict : je suis mitigée après cette lecture.

L’histoire de Jane Howard, jeune fille issue d’une famille qui a du mal avec la conjugaison du verbe aimer, est prenante. La jeune fille est brillante, intelligente et pourtant elle bataille contre ses nombreux démons intérieurs, à commencer par l’image d’elle-même que lui renvoient ses parents. En plus, elle a l’art de choisir les histoires d’amour compliquées… voire impossibles.

Bien écrit, riche en rebondissements, franchement sympa. Mais sans plus, en fait. Déjà, le mélange des genres m’a laissée un peu perplexe : le roman se transforme en thriller dans sa dernière centaine de pages. Bizarre. Le rythme n’en a pas été affecté mais c’était étrange. Cela m’a désarçonnée quelque peu, de ne jamais vraiment savoir où j’allais. Pourtant, je ne suis pas friande d’étiquettes…

Néanmoins, j’ai pris pas mal de plaisir en lisant ce roman, j’avais hâte de dénicher des moments où je pourrais retrouver Jane et les autres personnages, j’ai lu un peu partout. Et pourtant… Pourtant, je n’ai pas la fièvre de le conseiller comme je l’ai déjà eue pour certains romans (Quand tu es parti, L’ombre du vent, etc.). Le moment passé avec le livre était sympa, mais le souvenir qu’il me laisse n’est pas inoubliable. Bon roman, vite lu, vite oublié, je crois. Un roman chouette pour l’été du coup. Je pense que je retenterai malgré tout d’autres livres de l’auteur.

Parlant de roman chouette pour l’été, j’ai commencé un Harlan Coben en anglais, Play Dead. Apparemment il s’agit de son premier roman, écrit lorsqu’il avait une vingtaine d’années. Il va jusqu’à le déconseiller à ceux qui n’ont lu aucun roman de lui. Le début est prenant, surtout que le style Coben m’a toujours parlé et qu’en plus, je n’en ai plus lu depuis longtemps.

Puis on a vu Inception. Adoré. La fin est sujette à débat, mais le film est vraiment excellent.

Chez vous, c’est quoi le coup de coeur bouquin de cet été?