Les Apparences

Rappelez-vous, j’avais bien aimé mon premier roman de Gillian Flynn, Les Lieux Sombres. Dès lors, quand j’ai vu qu’elle avait sorti Les Apparences, j’étais super motivée à l’idée de le lire. Et ma motivation a encore grandi en lisant les nombreux éloges qui ont fleuri un peu partout dans la presse et sur les blogs. J’étais impatiente de découvrir ce roman. Trop probablement. Mais je vous explique ça de suite.

78364534_oLes Apparences, c’est l’histoire d’un couple normal. Enfin, au prime abord. Nick et Amy se sont rencontrés à New York. Ils étaient jeunes, beaux, amoureux, drôles. Ils se sont mariés et ont vécu quelques années à Brooklyn. Ils avaient leurs petites « private jokes », leurs précieux souvenirs, leurs traditions. Sauf que la crise passe par là : à quelques semaines d’intervalle, ils perdent leurs jobs tous les deux (ils sont tous les deux dans le secteur de la presse, lui est journaliste et elle rédige des tests de personnalité). L’ambiance se détériore mais ils tiennent bon. Par la suite, Go, la soeur jumelle de Nick, appelle un matin pour l’avertir que leur mère est atteinte d’un cancer. Nick décide alors de tout lâcher à NYC et d’emmener sa femme dans sa région natale, la ville de Carthage dans le Missouri. New-Yorkaise pure souche, fille unique de deux psychologues, égérie de la série de livres pour enfants « L’épatante Amy », son épouse a vraiment du mal à se faire à sa nouvelle vie loin de la fièvre de la Grosse Pomme.

On démarre le roman sur le matin du cinquième anniversaire de mariage du couple. Nick semble ne plus aimer sa femme… Il part au travail après le petit-déjeuner d’anniversaire qu’Amy lui a préparé. Il bosse dans un bar, « Le Bar », qu’il possède avec sa soeur Go et qu’il a payé avec l’argent d’Amy, qu’elle a sorti de son fidéicommis. Il reçoit un coup de fil d’un voisin pendant la journée disant que la porte de la maison est ouverte et que le chat est sorti. Nick, inquiet, revient chez lui pour trouver la maison vide et montrant des signes de lutte. Et acune trace de sa femme. Les flics arrivent rapidement sur les lieux et l’enquête débute lentement. Peu a peu, l’étau se resserre autour de Nick… La première partie du livre est construite sur deux récits parallèles : le présent, avec la disparition d’Amy vue par Nick, et le passé avec des extraits du journal d’Amy. Et puis, ça change. Mais je ne vous en dirai pas plus.

Mon verdict : comme dit ci-dessus, j’en attendais peut-être trop, je ne sais pas. Mais je n’ai pas pris de plaisir à lire ce bouquin. Ce roman est trop froid, trop vide, trop aseptisé pour me plaire, je crois. Il y a une bonne dose de folie, c’est certain, mais ça ne suffit pas à compenser le manque de charisme des personnages. La base était bonne pourtant mais Les apparences ne m’ont pas emmenée là où je le voulais. Ou du moins, pas de la manière que j’aurais attendue. Le suspense est bien maintenu, l’intrigue est solide. Mais il manquait le petit quelque chose pour que ça fasse tilt. Dommage.

Vous l’avez aimé ?

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Les Lieux Sombres

Suite aux conseils de Tardis Girl, j’ai acheté et dévoré en seulement deux ou trois jours le thriller Les Lieux Sombres, de Gillian Flynn. Thriller psychologique de haute voltige, Les Lieux Sombres nous raconte l’histoire de la famille Day, décimée dans la nuit du 2 janvier 1985 dans la ville de Kinnakee, au Kansas. Seuls rescapés du massacre : Libby Day, sept ans au moment du drame, qui s’est échappée et a perdu des bouts de doigts et d’orteils, gelés dans la neige, et Ben Day, son grand frère de 15 ans, accusé du meurtre et en prison. Leur mère, Patty, et leurs deux autres soeurs, Debby et Michelle, sont mortes, massacrées à coup de haches sur fond de satanisme.

Libby Day, âgée aujourd’hui d’une trentaine d’années, est traumatisée par ce massacre mais est quelqu’un de dur, de sombre. Elle est également cleptomane, et pique tout et n’importe quoi : presse-papiers, crèmes hydratantes. Elle n’a jamais réussi à s’affranchir de ce drame et n’a jamais ouvert les nombreuses lettres de son frère. Elle n’a plus de contacts avec son père, qui était séparé de sa mère depuis un bout de temps au moment des meurtres, ni avec sa tante Diane, la soeur de sa mère. Elle ne travaille pas, elle vit depuis des années sur les dons des gens, émus par sa situation. Mais les années passant, ces dons s’avèrent de plus en plus maigres, et Libby est au bord du gouffre. C’est alors qu’un homme, Lyle, la contacte : membre d’un Kill Club, il lui propose de l’argent pour revoir son jugement sur l’affaire, parler à des gens et essayer de lever le voile sur la vérité. Persuadée au début que de toutes manières, son frère est coupable, Libby accepte cependant cet argent facile. Mais peu à peu, elle voit les incohérences et s’investit dans cette recherche.

Le roman est construit en courts chapitres, reprenant différents points de vue : aujourd’hui, avec Libby, et avant, au travers des yeux de Ben et de sa mère : on découvre ainsi la vie de Ben à l’époque, son histoire d’amour compliquée avec une jeune fille riche, les problèmes financiers de sa mère, liés à la crise agricole. On voit doucement les choses prendre place, c’est très bien amené, même si la fin m’a semblé un peu rapide mais bon. J’ai beaucoup aimé ce roman, je tenterai volontiers le premier livre de l’auteur, Sur ma peau.