La rivière rouge

Juste après avoir découvert John Hart avec L’enfant perdu, j’ai voulu approfondir l’univers de l’auteur en lisant un autre de ses romans, La rivière rouge. Ce thriller n’a pas grand chose à voir avec le premier dont je vous ai parlé. Ici, c’est plutôt une sombre histoire de famille détruite, de non-dits, de fuites, etc.

Adam Chase revient dans sa ville natale après cinq années passées à New York. Il est parti seul, sans conserver aucune attache avec sa famille ou ses amis. Il avait totalement coupé les ponts, jusqu’à un appel de son meilleur ami, qui lui demande de l’aide. Adolescent, il a assisté au suicide de sa mère. Et quelques années plus tard, Adam a été accusé du meurtre de Gray Wilson, un joueur de foot du lycée. Le témoignage qui l’accablait : sa belle-mère, qui a affirmé l’avoir vu revenir d’une fête empli de sang.  L’accusation n’ayant aucun autre élément contre lui, le jeune garçon fut déclaré non coupable. Mais pour l’opinion publique, il restait un meurtrier. Ne supportant pas la pression et chassé de sa maison par son propre père, Adam avait choisi de tout abandonner, sa famille (ou ce qu’il en restait : son demi-frère et sa demi-soeur, issus du précédent mariage de sa belle-mère), ses amis, sa petite amie, sa ville.

A son retour, cinq ans plus tard, rien n’a vraiment changé dans le comté de Rowan. Les gens ont grandi, apparemment il y a des pressions pour que son père vende des parcelles de terre afin de permettre l’implantation d’une succursale de la compagnie d’électricité, sa petite amie de l’époque est devenue inspecteur de police, et les habitants le regardent toujours de travers. D’ailleurs, à peine arrivé, il prend des coups… Lorsque Grace, la fille adoptive de Dolf, le meilleur ami de son père, est agressée, il est soupçonné puis blanchi par la jeune femme. Mais lorsqu’il retrouve le cadavre de Danny, son meilleur ami, les soupçons pèsent à nouveau sur lui.

Reposant sur une saga familiale complexe et très lié à l’histoire de la terre, La rivière rouge n’est pas le thriller de l’année mais c’est un policier auquel on accroche plutôt rapidement et qui remplit bien son office. On passe un bon moment.

L’enfant perdu

Suite aux conseils de @F_Siebert, j’ai découvert le roman policier L’Enfant Perdu, de John Hart, un auteur américain que je ne connaissais pas du tout. J’ai beaucoup aimé ce livre, très prenant et surprenant. La construction, le point de vue principal, l’atmosphère : tout ou presque dans ce bouquin était original.

Le point de départ : en Caroline du Nord, un petit garçon de 13 ans, Johnny Merrimon, recherche sa soeur jumelle Alyssa, enlevée mystérieusement un an auparavant en rentrant de l’école. Depuis sa disparition, la famille du jeune garçon a connu d’autres pertes : le père est parti un matin et n’est plus jamais rentré, submergé par les reproches de sa femme qui l’accusait d’être indirectement responsable de la disparition d’Alyssa. Quant à la mère de Johnny et d’Alyssa, le chagrin liés à ces deux pertes consécutives l’ont fait sombrer dans une profonde dépression ainsi qu’une addiction aux médicaments, à l’alcool et à la drogue. De plus, elle fréquente Ken Holloway, un homme riche et influent de la ville mais qui sous ses dehors respectables, est un beau salaud qui les frappe et les traite comme des moins que rien. Le flic chargé de l’enquête sur la disparition d’Alyssa veille sur le jeune garçon et essaie de lui éviter les ennuis. Johnny sèche en effet souvent l’école, c’est lui qui prend la voiture pour aller faire les courses quand l’état de sa mère ne le lui permet pas (c’est-à-dire jamais). L’inspecteur Hunt est obsédé par cette affaire, sa vie de famille en a d’ailleurs pris un coup : sa femme l’a quitté et ses relations avec son fils sont plus que tendues. Mais l’enquête est au point mort. Sauf aux yeux de Johnny, qui s’est endurci et n’a jamais cessé d’enquêter un peu partout en ville avec son copain Jack pour essayer de retrouver sa soeur, notamment en espionnant les délinquants sexuels connus ou les pédophiles, faisant fi de tous les dangers.

Cependant, tout s’emballe lorsque une autre petite fille disparaît. La police lance des recherches de grande envergure afin d’éviter le fiasco de l’enquête sur Alyssa. Johnny espère que l’affaire de la disparition de la nouvelle fillette va relancer l’enquête sur celle de sa soeur… Particulièrement lorsqu’un jour où il se repose près de la rivière, il est témoin d’un accident de la route et recueille les derniers mots du blessé : « Je l’ai trouvée ». Persuadé que l’homme parle de sa soeur, Johnny prend pourtant la fuite car la personne qui a provoqué l’ « accident » arrive pour achever sa victime. Le blessé lui intime l’ordre de s’enfuir le plus vite et le plus loin possible, sans lui donner plus d’informations sur sa découverte…

Le roman alterne différents points de vue : Johnny, l’inspecteur Hunt, Levi Freemantle (un géant noir qui va croiser la route de Johnny), etc. Les passages les plus passionnants sont bien entendu à mes yeux ceux racontés par l’enfant. Le roman est parfois difficile, le lecteur reste sans voix face au courage et à la volonté de ce jeune garçon plein de ressources. J’ai beaucoup aimé ce thriller. D’ailleurs, j’ai enchaîné assez rapidement avec un autre livre du même auteur, La Rivière Rouge, qui fera l’objet d’un prochain article.