Celle qui devait mourir

celle qui devait mourir lippmanCelle qui devait mourir (en anglais To the power of three) est le second roman de Laura Lippman que je lis (après Tes dernières volontés). Paru en 2005 aux Etats-Unis, il a fallu attendre 2012 pour une traduction française.

Glendale, dans la banlieue de Baltimore, dans le Maryland. Un matin comme un autre au lycée. Sauf que des coups de feu sont tirés dans les toilettes des filles. Quand les secours arrivent, les toilettes sont verrouillées de l’intérieur, trois filles sont enfermées. Trois meilleures amies, liées depuis l’enfance. L’une, Kat, la reine du bal de promo, la première de classe acceptée à Stanford, la fille ultra populaire, est morte. L’autre, Perri, la tireuse présumée, a retourné l’arme contre elle et est grièvement blessée. La troisième, Josie, a reçu une balle dans le pied et est sous le choc.

Ce roman était très agréable à lire, très prenant, mais me laisse un étrange goût d’inachevé. L’histoire s’installe de manière très fluide, on se prend au jeu, on sait l’essentiel dès le départ : qui a tiré, qui est mort, mais on est emporté par l’histoire de l’amitié triangulaire de Kat, Perri et Josie. Par différentes anecdotes, flash-backs sur les jeunes filles quand elles étaient encore enfants, puis les débuts de l’adolescence avec leurs histoires d’amour, pour arriver jusqu’au jour du drame, Laura Lippman nous entraîne dans le sillage de ces adolescentes middle-class de la région de Baltimore et dans les personnages qui gravitaient autour d’elles : parents, copains de classe, etc.

Le gros reproche que je dois faire à ce roman, c’est sa conclusion. Sérieusement, je l’ai trouvée très faible, surtout comparée au reste du bouquin très bien construit. L’explication que nous sort l’auteur ne m’a pas du tout semblé crédible, ne m’a pas convaincue. Il n’y a pas de cohérence avec l’ensemble de l’histoire, avec les personnalités qu’elle nous dépeint pendant plusieurs centaines de pages. Si on fait abstraction des 20 dernières pages, le bouquin est plutôt bien… Malheureusement, la conclusion foireuse gâche un peu tout cela. C’est dommage.

Vous l’avez lu ?

Tes dernières volontés

51JuEInqbhL._SL500_Sur les conseils d’un libraire, j’ai acheté et lu très rapidement Tes dernières volontés, de Laura Lippman (paru en poche chez Points). C’est l’histoire d’Eliza Benedict, une jeune femme de Nouvelle-Angleterre. Mariée à un journaliste, maman d’une adolescente, Iso, et d’un petit garçon adorable, Albie, elle vit avec un lourd passé. A l’âge de 15 ans, alors qu’elle se promenait seule, Elizabeth Lerner a été enlevée par Walter Bowman, un jeune homme qui avait déjà tué enlevé et tué au moins une jeune fille. Après plusieurs semaines d’enlèvement, un viol et beaucoup de menaces, l’homme fut arrêté et Elizabeth enfin libérée. Entretemps, il avait également enlevé et tué une autre jeune fille, Holly Tackett. Le roman démarre sur la vie normale de la petite famille Benedict, leur routine depuis leur retour d’Angleterre, etc. L’élément perturbateur : une lettre trouvée par le petit Albie destinée à sa mère. Une missive de Walter Bowman. Isolé dans le couloir de la mort, le psychopathe revient vers son ancienne victime, la seule qu’il a laissée en vie, afin de lui présenter ses excuses et de la revoir pour parler de certaines choses…

Le roman alterne les points de vue entre la jeune Elizabeth Lerner et l’adulte Eliza Benedict (la jeune fille a choisi de raccourcir son prénom après son enlèvement, afin de pouvoir recommencer à zéro dans sa nouvelle école). On vit l’enlèvement, on comprend la manière qu’a eue l’adolescente pour essayer de survivre : s’effacer, se soumettre, ne pas irriter son ravisseur. On voit également l’emprise que Walter Bowman a eue sur la jeune adolescente. On découvre la victime suivante, Holly, et la manière dont se sont déroulés ses derniers moments. En parallèle, on suit la vie routinière d’Eliza, qui galère avec sa fille adolescente : problèmes scolaires, etc. et qui tente de gérer la tentative de contact de Walter et les assauts de Barbara Lafortuny, une bénévole de la prison, un peu dérangée, résolument contre la peine de mort et soutien de Walter. La mère d’Holly revient également à la charge, peu avant l’exécution de Walter, en apprenant qu’Eliza est à nouveau en contact avec le meurtrier de sa fille… Elle reste persuadée qu’il y avait quelque chose entre Eliza et Walter, qui expliquerait qu’il lui ait laissé la vie sauve…

Ce que je vais reprocher à ce roman, qui ne m’a pas totalement convaincue, c’est qu’au fil des pages, on s’attend à ce que quelque chose arrive, une confrontation, une révélation… Bref, quelque chose. Et malheureusement, on attend un peu pour rien. On perd beaucoup de temps pour des passages peu intéressants, les personnages ne sont pas passionnants, on n’accroche pas suffisamment à l’histoire… Il manque un truc pour que ce bouquin soit bon. C’est dommage, l’idée de se concentrer sur une victime unique survivante était super intéressante et aurait pu être géniale… Si elle avait été mieux exploitée.