Maman a tort

Et hop, un nouveau Michel Bussi par ici, un ! Maman a tort est le tout dernier roman de l’auteur publié aux Presses de la Cité.

Après nous avoir baladés dans le Jura, sur l’île de la Réunion, et à Giverny, Monsieur Bussi nous emmène cette fois en Normandie, au Havre plus précisément. On découvre Vasile, un psychologue scolaire, étrangement inquiet du comportement d’un enfant de 4 ans. Tellement inquiet qu’il décide d’en parler à la police. Les flics qui sont bien occupés à essayer de boucler l’enquête sur un braquage sanglant qui s’est produit quelques mois auparavant. Ils savent le suspect principal blessé et sont sur le qui-vive. Mais le psy est mignon, la commandante Marianne Augresse y est sensible (l’horloge biologique, tout ça : elle cherche le papa de ses futurs gosses). Elle choisit donc de consacrer un peu de temps à son histoire : Malone, presque 4 ans, prétend que sa mère n’est pas sa mère et raconte des histoires invraisemblables issues des conversations qu’il dit avoir avec Gouti, son doudou.

Maman a tort BussiEncore une fois, le talent de Bussi est de tisser une toile d’araignée complexe, dans laquelle le lecteur s’enchevêtre tout doucement, l’air de rien, avant le dénouement final. L’auteur a choisi de faire de la mémoire de l’enfant la pierre angulaire du récit, en y annexant les points de vue des uns et des autres. Vasile, qui pressent un danger autour de l’enfant, les parents de Malone, qui ne voient pas d’un bon oeil qu’on essaie de leur prendre leur enfant (c’est comme ça qu’ils voient les choses), la commandante, écartelée entre ses enquêtes et son horloge biologique, sa meilleure copine, Angie, ses collègues, le suspect principal du braquage, la ville du Havre, etc. Passionnant et intrigant, comme à chaque fois.

Il ne s’agit pas de mon roman préféré de l’auteur, ce titre étant partagé entre Un avion sans elle et Nymphéas noirs, mais Maman a tort est très intéressant et très plaisant à lire. J’ai mis des semaines à lire Maine, j’ai dévoré Maman a tort en trois jours et là, je suis repartie sur The Time Traveller’s Wife et, même si j’apprécie, je n’avance pas bien vite (en même temps j’ai la tête à moitié dans des guides de voyage pour l’instant, ça n’aide pas à avancer rapidement dans un roman).

J’ai encore N’oublier jamais à découvrir, qui m’attend sagement sur mon Kindle (avec mon immense pile de livres à lire qui y traîne également). Cela ne devrait pas tarder :) Bonne journée à vous !

Ne lâche pas ma main

Me voici arrivée au bout de Ne lâche pas ma main, encore un roman de Michel Bussi. Jusqu’ici (il m’en reste à lire :-)), c’est malheureusement celui-ci qui m’a le plus déçue (mais il reste sympa, c’est juste que les autres étaient bien plus que cela).

ne lache pas ma main bussi pocketSituée sur l’île de la Réunion, l’intrigue est intéressante, solide mais… pas aussi passionnante que les précédentes. Martial et Liane Bellion sont en vacances à la Réunion et sont les parents d’une fillette, Josapha. Le couple semble épanoui et heureux, mais sans crier gare, la jeune femme disparaît alors qu’elle va se changer dans leur chambre d’hôtel pendant que son mari traîne au bord de la piscine avec leur fille. Ava, la commissaire qui a grandi sur l’île mais étudié en métropole, et Christos, flic aguerri et original, sont en charge de l’enquête sur la disparition de Liane. Les soupçons de la police se portent rapidement sur le mari, pointant diverses incohérences dans son récit. Ainsi, quelques jours avant la disparition de sa femme, Martial Bellion s’était renseigné pour modifier son vol retour, ensuite, il a été admis Liane Bellion n’avait pas pu quitter sa chambre mais par contre, son mari, qui avait pourtant déclaré ne pas avoir quitté les abords de la piscine, a été vu par plusieurs témoins entrer dans la chambre en question et en ressortir avec un chariot à linge, dans lequel un corps peut aisément se transporter. Plus inquiétant : du sang, plein de sang, dans la chambre d’hôtel des Bellion. Rien de ne s’arrange pour le suspect numéro un quand, le lendemain, suite à un message qu’il reçoit, il fuit toute surveillance policière avec sa fille et part en cavale à travers l’île. Et ce n’est pas les cadavres qui vont manquer sur leur chemin… Les flics s’aperçoivent assez vite qu’ils n’ont pas affaire à un touriste lambda mais que leur homme connaît bien l’île pour y avoir vécu plusieurs années. Cela ne fait que compliquer leur tâche.

Comme dit ci-dessus, première déception pour moi suite à la lecture de Michel Bussi. Même si j’ai apprécié le soleil, la plage, la découverte de l’île de la Réunion, je n’ai pas autant accroché à l’intrigue ni aux personnages que dans les deux précédents romans. Il manquait quelque chose ici, je ne sais pas quoi. Une forme d’alchimie, un charisme au niveau des héros, un truc. Cela ne va pas m’empêcher de lire les autres romans de l’auteur, soyons bien d’accord. Mais en les cas, je suis contente de n’avoir pas commencé par celui-ci… Je n’aurais peut-être pas eu la motivation de découvrir d’autres livres de l’auteur et ç’aurait été un beau gâchis de manquer Nymphéas Noirs et Un avion sans elle.

Encore une petite remarque pour la route : mention spéciale pour les magnifiques couvertures que Pocket procure aux romans de Michel Bussi. Waouw, elles sont superbes à chaque fois !

Nymphéas Noirs

Après avoir découvert et adoré Michel Bussi avec Un avion sans elle, j’ai voulu prendre le temps de découvrir l’oeuvre de l’auteur (et éviter de tout dévorer d’un coup sans en profiter vraiment). J’ai patiemment attendu plusieurs mois puis j’ai plongé dans Nymphéas Noirs, celui qui est apparemment le préféré des personnes que je connais. Plongé est le bon mot : j’ai dévoré ce roman en deux ou trois jours maximum. Comme pour Un avion sans elle, j’ai trouvé humainement impossible de lâcher le bouquin.

nymphéas noirs

Le romancier nous emmène cette fois dans le village de Giverny, à l’entrée de la Normandie. Personnellement, je ne connaissais pas ce patelin, pourtant très célèbre dans le monde de la peinture : il s’agit du village qui inspirât Claude Monet et dans lequel il installa l’étang de ses célèbres nymphéas, qu’il peignit jusqu’à sa mort en 1926. Le cadre est bucolique, teinté de vert tendre, de rose pâle, de rires d’enfants, de nymphéas, des aboiements joyeux de Neptune, le chien adorable du village, des touristes et pseudos-peintres qui envahissent les ruelles du village en se prenant pour des artistes talentueux. Dans ce village, il y a trois femmes. Une enfant, Fanette, très douée en peinture, égoïste et adulée par les petits garçons de sa classe. Une jeune femme, Stéphanie, magnifique, institutrice à l’école du village mais rêvant d’évasion. Et enfin, une vieille dame aigrie, la narratrice, observant le monde autour d’elle en anticipant les drames qui vont se produire. Le roman s’articule autour de ces trois femmes, présentées par l’auteur comme, dans l’ordre, l’égoïste, la menteuse et la méchante.

L’inspecteur Laurenç Sérénac vient d’arriver dans le village. Il travaille avec l’inspecteur Bénavides. Leurs méthodes différent mais les deux hommes s’apprécient. Le cadavre d’un ophtalmologue réputé est retrouvé dans l’Epte. L’homme a été poignardé, ensuite le meutrier lui a fracassé une pierre sur le crâne avant de plonger sa tête dans l’eau. Comme l’a dit un des flics, cet homme a été assassiné trois fois, sacré acharnement. L’enquête démarre, la police se concentre sur l’entourage de la victime, Jérôme Morval : sa femme, de possibles soucis avec des patients, etc. Assez rapidement, un courrier arrive au commissariat : des photos du médecin dans des positions plus ou moins compromettantes avec plusieurs femmes différentes. L’une d’entre elle est Stéphanie Dupain, l’institutrice du village. Il s’agit du cliché le moins explicite : la victime et la jeune femme se promènent juste main dans la main. Ce qui relance une nouvelle piste, le mari de Stéphanie, connu pour être très jaloux. Et Sérénac va rapidement tomber sous le charme de l’institutrice, ce qui ne va rien arranger à l’enquête.

J’ai envie de vous dire que ce roman a été une superbe surprise… mais en fait, j’espérais qu’il serait aussi bien, donc je n’ai pas vraiment été étonnée :) J’avais plutôt peur d’être déçue, d’en avoir trop attendu. Mais non, pas de déception à l’horizon. J’ai adoré ce roman, apprécié sa construction millimétrée, aimé apprendre toutes ces choses (véridiques si l’on en croit la préface de l’auteur) sur Claude Monet et son oeuvre. J’ai aimé découvrir la personnalité des trois héroïnes… Et le dénouement ne m’a pas déçue. Bien joué Monsieur Bussi ! Je mets de suite vos autres romans sur ma liste à lire : Ne lâche pas ma main est déjà sur mon Kindle depuis un moment et N’oublier jamais va l’y rejoindre très vite. Je viens également de voir que son premier roman, Gravé dans le sable (paru en 2007 sous le nom d’Omaha Crimes) était ressorti. A ceux qui n’ont pas encore eu l’occasion de découvrir cet auteur, foncez !

Un avion sans elle

J’ai découvert Un avion sans elle (comme beaucoup d’autres ces dernières années :)) sur la blogosphère. Je me souviens notamment de l’article d’Elise, alias TardisGirl, qui m’avait donné très envie de découvrir ce livre de Michel Bussi.

Autant vous l’avouer de suite, je n’avais jamais entendu parler de cet auteur (j’ai toujours une préférence très marquée pour la littérature anglo-saxonne, un côté un peu sectaire qui me fait probablement rater de jolies perles françaises… mais je me soigne – du moins j’essaie, la preuve). J’avais entrevu son roman dans les librairies mais je n’avais pas été plus attirée que cela… Jusqu’à l’article d’Elise, qui m’a fait noter ce roman dans un coin de ma tête (et sur ma wishlist Amazon aussi :)).

avion sans elleAprès le dernier Deborah Crombie qu’il me restait à lire (The sound of Broken Glass), je me suis trouvée un peu désoeuvrée, me demandant dans quoi me plonger. Et un peu par hasard, en explorant ma bibliothèque Kindle, j’ai cliqué sur Un avion sans elle. Deux jours plus tard, je le terminais. Après une soirée à lire jusqu’à 3h du matin (cela faisait longtemps que je n’avais plus veillé si tard pour un roman, d’ailleurs, merci le Kindle Paperwhite dont la lumière ne dérange pas le sommeil de mon cher et tendre :p).

Bon, j’arrête de vous bassiner avec mes histoires et je vous résume le roman. 23 décembre 1980. Un avion reliant Istanbul à Paris Orly s’écrase sur le Mont Terrible, dans le massif du Jura. Il n’y a aucun survivant excepté un bébé de trois mois environ, une petite fille, qui a été éjectée de la carlingue avant que celle-ci n’explose. Le hic : deux bébés de sexe féminin, âgés de trois mois (nés à 3 jours d’intervalle) étaient présents sur ce vol. Deux enfants dont les parents ont été tués dans le crash. Une seule a survécu, mais laquelle ? Emilie ou Lyse-Rose ? Celle qui est née avec une particule et un patrimoine ou celle dont la famille a depuis toujours du mal à joindre les deux bouts et vend des gaufres sur la plage en Normandie ? Pas de chance, personne ne peut vraiment identifier la survivante. Et à cette époque, pas de test ADN miraculeux pour résoudre cette énigme. Les deux couples de grands-parents, les Vitral et les de Carville, se déchirent autour la petite fille. La justice finit par trancher (sans être pour autant sûre de son coup) : l’enfant est Emilie Vitral, petite soeur de Marc, deux ans, et petite-fille de Pierre et Nicole. Lyse-Rose de Carville est donc officiellement décédée, laissant ses grands-parents, Léonce et Mathilde ainsi que sa grande soeur de six ans, Malvina (arrivée via un autre vol que ses parents quelques jours avant) dans un profond désespoir.

1998. Crédule Grand-Duc est détective privé. Cela fait dix-huit ans qu’il enquête sur la survivante du vol Istanbul-Paris, qu’il cherche la vérité sur « la Libellule », le surnom qu’a donné la presse à Emilie Vitral, surnommée également « Lylie », un mix de ses deux prénoms potentiels. Dix-huit longues années au service de la famille de Carville, à fréquenter aussi de près la famille Vitral. A creuser et ne rien trouver. A la veille du 18ème anniversaire de la jeune fille, il prépare tout pour se suicider : son carnet de notes est prêt à être transmis à Emilie Vitral, la mise en scène est parfaitement étudiée : il doit se tirer une balle dans la tête et retomber sur le journal « L’Est républicain », édition du 23/12/1980, qui relate le crash de l’avion et la découverte du nourrisson. Mais au moment crucial, il a une révélation qui va lui faire reprendre l’enquête.

Marc et Lylie Vitral ont grandi, très proches. Trop proches peut-être. Pour son 18ème anniversaire, la jeune fille passe une nuit à lire les notes du détective puis les cède à Marc avant de disparaître, en portant à présent une étrange bague avec un saphir. En partant à sa recherche, c’est sur la piste des origines de la jeune fille que Marc va s’engager… Pour la sauver, pour se sauver aussi.

Très honnêtement, excellente surprise ! J’ai accroché à l’intrigue (bien menée, les choses s’imbriquent, c’est fluide !) (j’aime bien les histoires d’avion en plus), les personnages étaient attachants, je n’arrivais pas à lâcher le bouquin (et quand j’y parvenais j’y réfléchissais en me posant plein de questions). Belle réussite de Michel Bussi, cette première rencontre est concluante ! Je vais très probablement tenter d’autres romans de sa plume (comme Ne lâche pas ma main, déjà prêt sur mon Kindle ou encore les Nymphéas noirs, qui ne va pas tarder à l’y rejoindre).

Vous l’avez lu ? Vous en avez envie ?

Le club des incorrigibles optimistes

Alors, je dois vous l’avouer, ce bouquin, j’ai mis 2 mois pour le terminer. Par moments, j’ai lu vite, à d’autres, beaucoup moins. Quelques pages, un chapitre. Puis des jours sans l’ouvrir. Puis j’ai voulu l’arrêter. Et là je me suis dit « non, il ne mérite pas ça, il est quand même sympa ». Et j’ai poursuivi tant bien que mal. Pas que ce livre n’était pas intéressant, loin de là. Mais je n’étais pas assez dedans. Pourtant, la critique l’a encensé… Et le public également.

Bref. Premier roman de Jean-Michel Guenassia, l’auteur a mis des années à l’écrire, à le revoir, le modifier. C’est l’histoire de l’adolescence de Michel Marini, un jeune Parisien de 12 ans en 1959. Passionné de babyfoot et de rock’n’roll, il rencontre dans l’arrière-boutique du balto, où il passe son temps libre, une troupe un peu spéciale : le « club » des immigrés des pays de l’Est qui vivent à Paris et qui jouent aux échecs. Intrigué, il intègre peu à peu ce groupe et devient très proche d’Igor, Léonid, Imré, Sacha, Pavel. Et plonge dans leur histoire, pourquoi ils ont fui leur pays, ce qui s’y passe, les difficultés de leur vie, les abandons qu’ils ont du se résoudre à faire pour pouvoir survivre. Sartre et Kessel traînent également dans le coin… C’est un portrait d’une époque au travers des yeux de Michel Marini. Au fil des pages, le héros grandit : il doit faire face à la guerre, à ses parents qui se déchirent, à l’adolescence aussi. Il se passionne pour la photographie, tombe amoureux, fait face à la désillusion et à la perte de gens auxquels il tient.

C’est un chouette roman, un peu longuet selon moi (mais je n’étais peut-être pas dans la meilleure période pour lire ce type de livre). L’auteur dépeint terriblement bien les choses, on a l’impression de voir un film en sépia défiler sous nos yeux. C’est une lecture agréable, pas pleine de rebondissements (mais ce n’est pas l’objectif), elle apporte la lumière sur une époque et un groupe de personnes dont j’ignorais tout. Les personnages sont attachants, chacun selon leur degré. La mésentente entre Sacha et Igor, les histoires d’amour des uns et des autres, tout ça apporte un charme vieillot à ce roman. C’est une belle découverte, même si j’ai mis le temps pour arriver au bout. Je pense qu’il est à lire au calme, dans un canapé avec une bonne tasse de thé fumant… Moi je le lisais à la va-vite dans le train et dans le bus, je ne suis pas certaine qu’il s’agissait du meilleur cadre pour lui… :) Bonne lecture et surtout, coucou de Boston (promis, je vous raconterai :D) !

La patience des buffles sous la pluie

La patience des buffles sous la pluieJ’ai voulu lire ce livre de David Thomas à cause de son titre original et mystérieux. Je me demandais vraiment où l’auteur voulait en venir. La patience des buffles sous la pluie est un recueil de petites nouvelles qui ressemble à un livre de photographies représentant différentes étapes de la vie de diverses personnes. Ces instants choisis sont narrés en quelques pages et les mots sonnent juste. Ce livre, le premier de l’auteur, se lit rapidement. Quelques phrases pèle-mêle m’ont marquées. Notamment celle-ci : « Etre là, un point c’est tout, sans avoir à justifier mon existence par des paroles ou des actes » (nouvelle : La splendeur de l’ennui). C’est une phrase qui m’a fait réfléchir à la société, à notre mode de vie…

Les nouvelles, au nombre de 73, s’orchestrent autour de plusieurs thèmes différents propres à la vie moderne : amour, séparation, doutes, larmes, colère, etc. J’ai vraiment beaucoup aimé, le format notamment, qui se prête à une lecture irrégulière et un peu anarchique. Un peu aigries, mélancoliques, caustiques ou carrément drôles, ces parenthèses de vie capturées par l’auteur sont un régal. C’est une lecture très agréable bien que pas inoubliable.

Je dois avouer qu’en plus du titre qui laissait présager plein de bonnes choses, j’ai voulu découvrir cet ouvrage à cause de David Thomas… Sauf que celui auquel je pensais n’était pas l’auteur de ce livre. Je pensais, par erreur, à l’auteur de Girl, un roman que j’avais lu il y a des années qui racontait l’histoire d’un homme qui se subissait par accident une opération de changement de sexe au lieu du simple arrachage de dents de sagesse pour lequel il était là. La faute à des brancardiers un peu trop « joyeux ». Je ne regrette pas ma méprise qui m’a permis de découvrir ce chouette recueil.

La vie d’une autre

Cet été, au programme, des vacances idylliques (je vous en dirai plus dans un futur article). J’avais emporté quelques bouquins, car la destination en question (les Seychelles) n’est pas réputée pour une vie trépidante lorsque le soleil se couche (aux alentours de 18h30 en hiver, donc maintenant) : pas de promenade en ville le soir ou de lèche-vitrine, donc on avait prévu de quoi lire. Erreur : mon cher et tendre n’a avancé que de quelques pages dans le bouquin qu’il traîne depuis plusieurs mois (et qui tombe en lambeaux) et moi, je n’ai réussi à lire qu’un seul livre. J’en ai commencé un second, Confessions of a Jane Austen Addict de Laurie Viera Rigler, mais je n’ai pas accroché… Je le retenterai plus tard…

Le seul que j’ai lu a été un choix de facilité : le plus court et celui nécessitant à mes yeux le moins d’implication. J’ai opté pour un roman français : La vie d’une autre, de Frédérique Deghelt. Je dois avoir un truc pour l’amnésie pour le moment, ça fait le troisième bouquin en quelque temps dont c’est l’un des sujets principaux… (cf. les articles Robe de marié et Avant d’aller dormir).

Paris, Marie a 25 ans, elle va commencer un nouveau job, elle fait la fête pour célébrer cela et rencontre le beau Pablo, pour qui elle a le coup de foudre immédiat. Ils passent la nuit ensemble, et le lendemain, Marie se réveille à ses côtés… Douze années plus tard. Mariée, deux enfants, le tout en l’espace d’une nuit. Les années passées : elle ne sait plus, elle a tout oublié. Elle réapprend sa vie, ses routines, ses enfants, son mari, ses souvenirs. Au départ, elle ne parle pas de son problème, pas même à Pablo (qu’à ses yeux, elle vient de rencontrer), elle, avec ses yeux de célibataire de 25 ans, essaie de comprendre sa vie actuelle, ses décisions passées qui ont fait qu’elle est arrivée là où elle en est. Et surtout, elle veut savoir ce qui a pu se produire pour qu’elle rejette d’un seul coup toutes ces années, cette vie heureuse, pour le noir total. Elle en parle avec un ami de la famille, médecin, qui va tenter de l’aider dans la tâche qu’elle s’est assignée… Tout doucement, elle avance.

Ce roman m’avait été conseillé par une demoiselle qui adore la lecture sous toutes ses formes : je ne pouvais qu’avoir envie de découvrir ce livre qu’elle avait tant aimé. Verdict, très bien ! Pas le roman inoubliable qui change la vie, mais on y croit, on se demande avec Marie ce qui se passe, on cherche, on gratte, et on découvre son présent en même temps qu’elle… La vie d’une autre constitue ma première rencontre avec Frédérique Deghelt. Je retenterai l’expérience, probablement avec son roman La grand-mère de jade, dont j’ai entendu beaucoup de bien.

NB : l’info utile (ou pas) : le bouquin existe aussi en poche chez Babel, avec une couverture plus jolie.

Second NB : J’ai récemment lu aussi La délicatesse, de David Foenkinos, qui a conquis beaucoup de lecteurs. Personnellement, je n’ai pas du tout trouvé ce bouquin exceptionnel, donc je n’en ferai pas un billet. Il se laisse lire, mais ne casse pas trois pattes à un canard. J’ai Nos séparations du même auteur dans ma PAL, une chose est sûre, La délicatesse ne m’a pas motivée à le lire en priorité…