The Girl on the Train

Paula Hawkins - The Girl on the TrainTout récemment, après l’avoir vu dans des tas de librairies, je me suis lancée dans la lecture de The Girl on the Train, de Paula Hawkins.

Etrangement, ce roman tombe à point : pour mon nouveau job, je prends le train depuis Londres chaque matin et chaque soir : j’ai rejoint les « commuters » anglais. Et l’intrigue de The Girl on the Train surfe là-dessus. Et pas qu’un peu. Pour tout dire, ces « commuters » (on dirait navetteurs en Belgique) sont même remerciés à la fin du roman pour avoir inspiré l’auteur.

Rachel est une épave. Avant, elle était heureuse, mariée à Tom, un homme exceptionnel. Ils vivaient dans une jolie maison qui donnait sur le chemin de fer. Elle adorait regarder les trains passer… Puis, ça a commencé à dégénérer : elle n’arrivait pas à tomber enceinte et le vivait extrêmement mal. Peu à peu, elle a sombré dans l’alcool, l’agressivité, la dépression. Suite à cela, Tom s’est éloigné et a eu une aventure avec Anna. Depuis, il l’a épousée et ils ont eu ensemble une petite fille, Evie. A chaque fois qu’elle les aperçoit, Rachel a le coeur qui se déchire. Parce que de son côté, elle a touché le fond : alcoolique, sans travail, elle prend le train chaque jour jusque Londres puis rentre chez elle le soir après avoir flâné, erré sans vrai but toute la journée. Tout ça pour faire penser à Cathy, sa colocataire/propriétaire, qu’elle a toujours un job. En vrai, elle s’est fait licencier plusieurs mois avant. Un repas avec un client qui a mal tourné. Elle était saoule, encore.

A chaque voyage en train, elle repasse derrière sa rue. Derrière sa maison. Elle peut y voir Anna. Elle s’est également attachée à une maison voisine : celle d’un couple qu’elle a surnommé Jess et Jason. Un matin, après une soirée où elle a encore traîné dans ce quartier, pour parler à Tom, malgré une interdiction de la police de s’approcher de chez eux (Anna a peur de Rachel à proximité de sa fille et a déjà déposé plainte suite à un incident), elle se réveille dans le passage souterrain de la gare. Blessée à la tête, la gueule de bois, ensanglantée, mais en bon état. Elle n’arrive pas à se souvenir de ce qui s’est passé la veille. Elle se rappelle avoir bu dans le train, avoir trébuché en sortant de la gare, avoir été aidée par un homme roux. Mais c’est tout. En lisant le journal, quelques jours après, elle se fige. Une photo de Jess la dévisage : la jeune femme a disparu depuis ce soir-là, celui dont elle ne se souvient pas. Rachel est certaine que quelque chose d’utile se cache dans sa mémoire mais est incapable de mettre le doigt dessus. Elle essaie de se rapprocher de la police, du mari de Jess (dont le vrai nom est Megan)… Mais elle est considérée comme un témoin peu fiable en raison de son addiction à l’alcool.

Très addictif, ce roman était vraiment une chouette lecture. Le lecteur voit la situation depuis les points de vue respectifs de Rachel, Anna et Megan, le tout à des moments différents du passé et du présent. Le fait que Rachel ait des soucis d’alcoolisme et essaie tant bien que mal de s’en sortir (avec une volonté fluctuante, le gin tonic gagne parfois le duel) fait que sa partie du récit est parfois plus floue. C’est également ce narrateur peu fiable qui rend le roman intéressant, qui nous permet d’avancer en tâtonnant. Je vous recommande ce roman, une chouette découverte (comme quoi les listes de best-sellers sont parfois peuplés de bouquins sympas :-)). Dernière petite note : ce roman a été pas mal comparé à Gone Girl (Les Apparences), de Gillian Flynn, ainsi qu’au style de S.J. Watson, pour les rebondissements de l’intrigue. Personnellement, je l’ai nettement préféré à Gone Girl, que j’avais trouvé extrêmement froid. Pour la version française, il faudra attendre mai 2015 pour une parution chez Sonatine.

 

 

Publicités

Elizabeth is missing

elizabeth is missingJ’ai lu du bien de ce roman quelque part (je ne sais plus du tout où, désolée pour la source). Mais, spoiler alert, je n’ai pas vraiment accroché à Elizabeth is missing.

Il s’agit du premier roman d’Emma Healey, une auteure anglaise. L’histoire que l’on nous raconte est celle de Maud. Mais c’est un peu compliqué. Vous comprenez, Maud est âgée et est atteinte de la maladie d’Alzheimer. Elle s’inquiète de la disparition de son amie Elizabeth. Elle note ça sur des post-its, déclare la disparition à la police. Mais elle passe son temps à oublier. Tout le monde, sa fille, le fils de son amie, la police, lui dit que non, elle se trompe, Elizabeth va bien. Mais c’est une obsession chez elle, qui revient en permanence : où est Elizabeth ? L’esprit de Maud est un fouillis, elle mélange le présent (où ce qu’elle en sait) avec le passé et la disparition de sa soeur Sukey juste après la guerre.

Voilà, je vous ai tout dit, ou presque. Le roman part en avant, revient en arrière, au gré des souvenirs désordonnés de la vieille dame. C’est une lecture plutôt déconcertante, décousue. Je sais que l’auteur a fait cela pour justement coller avec cette horrible maladie mais en tant que lecteur, c’est très déroutant. J’ai trouvé cela plutôt désagréable à suivre et j’ai développé peu d’intérêt pour l’intrigue. Très honnêtement, pas de quoi fouetter un chat. Donc, à moins que le sujet vous touche particulièrement, passez votre chemin car l’histoire est loin d’être exceptionnelle.

Garden of love

En ce moment, je suis plutôt fière de moi : les derniers romans que j’ai lus (y compris celui dont je veux vous parler aujourd’hui) sont des romans qui traînaient dans ma pile à lire depuis un moment. Moi qui ai une fâcheuse tendance à ne lire que les derniers achetés, je suis contente de faire un peu diminuer ma réserve (pour mieux la remplir par la suite bien entendu, il ne faut pas me prendre pour qui je ne suis pas).

Garden of love, de Marcus Malte, est un roman noir français (comme son titre ne l’indique pas) qui nous raconte l’histoire d’Alexandre Astrid, un flic un peu (beaucoup) paumé, qui a perdu femme et enfants dans un accident. Il est question aussi de celle de Matthieu et Ariel, deux amis que tout oppose, et leur histoire avec Florence, une jeune fille magnétique. Alexandre Astrid reçoit un manuscrit anonyme racontant une histoire entremêlée de vrai et de faux. L’histoire de Matthieu et Ariel. Ce manuscrit le replonge également dans une enquête sur une série de meurtres qu’il n’a jamais vraiment bouclée. Le flic fouille dans son propre passé, dans ses souvenirs, tout en essayant de comprendre et de démêler le vrai du faux de ce qui est conté dans la liasse de pages…

On alterne différents points de vue, parfois un peu trop. Les choses sont floues, on ignore parfois qui est le narrateur, on ne sait pas où on va. Garden of love m’a été prêté par une ancienne collègue qui avait vraiment beaucoup aimé ce livre. Du coup, j’en attendais peut-être un peu trop, je ne sais pas. Pour tout dire, j’ai été assez déçue de cette lecture, je n’ai pas réussi à entrer pleinement dans le roman. L’auteur cherche à nous troubler, à nous perdre entre les personnages (il joue sur la schizophrénie, personnalités multiples, tout ça). C’est bête mais ça m’a lassée, j’ai tellement ressenti cette manipulation, le fait qu’on se jouait du lecteur en le faisant tourner en rond que ça m’a empêchée de véritablement accrocher. J’ai pourtant terminé ce livre mais je ne l’ai pas vraiment apprécié et je ne vous le conseille pas particulièrement.

L’open space m’a tuer

J’ai lu il y a quelques semaines déjà L’open space m’a tuer paru chez Le Livre de Poche. Il s’agit du premier ouvrage des auteurs de Facebook m’a tuer (sorti récemment en poche et que j’avais chroniqué ici il y un peu plus d’un an), Thomas Zuber et Alexandre Des Isnards. Cet ouvrage est construit sur le même schéma que leur second livre : des saynettes assez courtes, mettant en scène divers personnages (des consultants) dans le monde du travail et de l’open space d’aujourd’hui.

Encore une fois, il s’agit d’une chronique de notre société, vue à travers le prisme du travail et passée au vitriol. Pleine d’acidité, d’amertume, d’ironie, de rancoeur, on y voit des situations actuelles rencontrées par les jeunes cadres dynamiques d’aujourd’hui. Au début, on sourit. Puis, nettement moins. Tout y passe : la relation patron/employé, le vocabulaire « hype » du milieu (à ce sujet, lire également cet article), le quotidien du consultant type, le néo-management, etc.

Ce bouquin m’a frappée, j’y ai reconnu des situations rencontrées par des amis, des collègues. Par moi aussi. C’est encore une fois criant de vérité mais ça pique les yeux, on se rend compte qu’on a déjà été, comme pour leur ouvrage Facebook m’a tuer, en plein dedans. Ce n’est pas comme un ouvrage fictionnel, qu’on lit, qu’on referme en retournant à sa vie. Là, c’est tout le contraire… Et ce n’est pas forcément agréable. A lire !

Le site du bouquin : http://www.lopenspacematuer.com/.

Les tribulations d’une caissière

Je viens de refermer Les tribulations d’une caissière, de Anna Sam. Je dois avouer que ça faisait un petit moment que je n’avais pas lu de livre que je lisais pour la première fois (j’ai replongé dans de vieilles séries de bouquins que je connaissais presque par coeur :p ça ne compte pas vraiment comme lecture, et je n’ai pas arrêté de courir durant le mois de mai, ce qui explique le manque d’activité par ici !). Comme reprise, c’était plutôt léger : un peu moins de deux cents pages qui se lisent très rapidement.

Anna Sam a 28 ans, un bac +5 en poche, en littérature. Et ça fait huit ans qu’elle entend le bip bip à longueur de journée  : elle est caissière dans un supermarché. Au début pour payer ses études, ensuite parce qu’elle n’a rien trouvé d’autre… L’histoire d’Anna est un peu l’histoire de chacun d’entre nous ou presque en ce début de siècle. On nous a bassiné des années durant qu’un diplôme (surtout un diplôme universitaire) ouvrait toutes les portes, aujourd’hui, cela n’est plus vraiment le cas. La crise, le chômage, tout ça. Bref, on est un peu dans le même bateau qu’Anna (même si depuis son livre, je crois que son sort s’est amélioré). J’étais donc assez emballée de découvrir ce bouquin et j’ai été un peu déçue. Certes, les anecdotes sont piquantes, intéressantes, drôles parfois. Mais le ton reste cynique (en même temps, derrière sa caisse, la demoiselle ne devait pas vraiment chanter la vie et voir des petites fleurs partout), assez dur et froid. C’est ce qui m’a maintenue hors du livre. Je comprends mieux qu’il soit rangé en sociologie.

Malgré cet aspect « froid », l’ouvrage d’Anna Sam, tiré du blog qu’elle a lancé sur son quotidien de caissière (ou d’hôtesse de caisse, pour faire dans le politiquement correct), reste une lecture distrayante et intéressante, qui nous fait prendre conscience de la manière dont on (mal)traite ces dames et ces messieurs qui scannent nos articles à longueur de journée. Et qui nous fait les regarder autrement.

Pour info, un film basé sur ce livre est sorti fin 2011 au cinéma, avec Déborah François dans le rôle principal : je ne l’ai pas vu mais sa fiche est ici. Vous l’avez vu ?