Trois ans au Royaume-Uni : « petit » bilan

A l’heure où je publie ces lignes, je suis installée sur mon joli bureau Ikea dans notre appartement du quartier Sunnyside (ou Ingleside, ça dépend de comment on regarde le plan et aussi de quel plan on regarde, mais ceci est une autre histoire), à San Francisco. J’ai écrit la toute première ébauche de cet article fin août 2016, alors que nous étions encore noyés sous les devis des déménageurs, les assurances et les joies administratives diverses et variées. Notre dernier jour au Royaume-Uni s’approchait à grands pas, et nous n’avions pas encore de vraie certitude sur notre point d’arrivée (les joies des visas : nous attendions encore notre rendez-vous à l’ambassade des US) après les quelques semaines prévues en Europe. Ce nouveau départ avait un côté doux-amer car, même si on avait hâte de démarrer une nouvelle vie en Californie, on avait vraiment beaucoup aimé vivre à l’anglaise et être Londoniens pendant trois belles années ! Le mode nostalgie était déjà enclenché avant même notre départ :-)

J’ai aimé l’ordre, le sourire des gens, le respect de l’autre, le fait que je me suis rarement sentie en danger, quelle que soit l’heure, en rue ou dans les transports. Toutes ces nourritures différentes, ces cultures diverses. Baigner dans la langue anglaise et le joli accent britannique. Commencer à comprendre diverses variations de celui-ci (à notre arrivée, on ne comprenait juste rien à l’accent écossais – la première fois qu’on a regardé un épisode de Dr Who restera longtemps gravée dans ma mémoire). Me faire appeler « love » ou « darling » par le postier, la caissière, la pharmacienne sans que ça soit lourd ou oppressant. Trouver ça bizarre au début puis apprécier cette gentillesse gratuite. Adorer flâner dans les librairies, avec ces couvertures souvent super jolies (surtout vis à vis de la trop fréquente austérité, trop sérieuse et terne, des éditions francophones).

Je ne vais pas vous faire un compte rendu au niveau de l’administratif (qui n’est pas excessivement pénible), des soins médicaux (en résumé : tout est gratuit mais le suivi est moins efficace, les délais sont plus longs et ils vont faire moins d’examens car le NHS n’a pas assez de moyens pour cela), de la recherche d’emploi ou autre. Vous trouverez ça ailleurs et certainement beaucoup mieux fait que ce que je pourrais vous fournir. Et puis, avec le Brexit et l’activation de l’article 40 par Mrs. May, tout cela risque rapidement de se retrouver incorrect. Par contre un petit bilan touristique, ça :-) Je dis oui !

En arrivant ici en 2013, on n’avait pas d’idée précise. Pour tout dire, « refaire un week-end à Londres » (j’y étais allée une première fois l’été 1994 et une seconde fois en janvier 2007 #memories) était sur ma wishlist d’anniversaire depuis environ deux ans. Puis la question d’y emménager s’est posée, on a sauté sur l’opportunité et on est arrivés. Tout ça en moins de trois mois, juste dans la foulée de notre mariage (l’opportunité, la décision et le déménagement). J’aime tellement cette idée qu’un endroit qu’on voit comme un endroit méconnu, exotique puisse devenir « la maison ». On a remis ça ici à San Francisco d’ailleurs, c’est toujours aussi magique comme sensation :-) A l’époque, je résumais un peu la ville à ses poncifs : Big Ben, Tower Bridge, Hyde Park, Buckingham, etc.  Trois ans plus tard, ma vision de la capitale britannique a bien changé (en mieux). Et j’ai envie de vous faire un petit bilan de Londres et du Royaume-Uni (y compris les grands classiques, ce qu’on a eu l’occasion de visiter mais aussi ce qu’on a pas eu le temps de faire cette fois :-)) !

London Calling!

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The Girl Before

Cela fait à présent quelques mois que je suis plusieurs comptes Instagram dédiés à la lecture, principalement de thrillers et autres romans à suspense. Entre Crimebythebook, Randomhouse ou Ursula_uriarte, ça ne manque pas d’idées :-) C’est là-bas que j’ai entendu pour la première fois parler de The Girl Before, de J.P. Delaney. Au départ, je l’ai confondu avec le récent roman du même nom mais écrit par Rena Olsen. Celui-là ne m’a pas particulièrement plu et je l’ai abandonné très tôt. Erreur de casting… Mais j’ai emprunté l’ebook de celui de J.P. Delaney (que je convoitais depuis le début) à la bibliothèque et je l’ai dévoré en quelques jours !

The Girl Before

Le roman se construit autour d’une adresse londonienne du quartier de Hendon et se concentre sur la vie de deux différentes locataires qui y ont vécu à quelques années d’intervalle. On rencontre les locataires d’avant : Emma et Simon, un couple qui vient de se faire cambrioler (du côté de West Hampstead justement) et qui cherche à prendre un nouveau départ dans un nouvel appart. La locataire d’aujourd’hui s’appelle Jane et est célibataire. Elle vient de perdre son bébé qui est mort-né et veut quitter son ancien appartement, dans lequel elle se voyait élever sa petite fille. Elle souhaite recommencer à vivre dans un nouveau cadre, démarrer un nouveau chapitre de sa vie. Dans les deux cas, l’agence immobilière (différente d’une fois à l’autre) les met en garde : le logement qu’ils convoitent est très particulier. Le loyer est étrangement bas pour cette maison unique en son genre, un chef-d’oeuvre architectural construit autour du minimalisme et de la domotique. Le dossier de candidature consiste en plusieurs pages de questions bizarres, un peu comme un test de personnalité. Il y a également une liste interminable de règles à respecter pour vivre dans cette demeure : cela va des plus simples (pas de bébé, pas d’animal) à des choses plus tordues : la manière dont le locataire range ses affaires, avec notamment une interdiction de laisser traîner des choses (par exemple, la bouteille de shampoing sur le bord de la baignoire), interdiction d’avoir des livres, etc. En gros, le locataire doit se plier aux règles minimalistes autour desquelles a été conçue la maison. De plus, il accepte que le système enregistre ses données afin de s’améliorer en continu : une application sur le téléphone permet d’ouvrir la porte d’entrée, un bracelet waterproof permet à la douche de vous identifier et de sélectionner automatiquement la température de l’eau que vous préférez, idem pour les lumières, qui s’adaptent à l’usager et à la saison. Une fois le dossier de candidature accepté, le futur locataire doit passer une interview avec le bureau d’architectes avant d’obtenir une réponse. Les agents immobiliers mettent en garde Emma et Simon et Jane :  des dizaines de candidatures sont refusées chaque semaine, sur des critères très flous.

Il y a un peu plus de trois ans, Emma et Simon emménagent dans la maison mais assez vite, leur relation déjà bancale se détériore jusqu’au point où Emma demande à Simon de partir vivre ailleurs. Emma se rapproche alors de l’architecte, Edward Monkford (une des pièces centrales du roman) et entame une relation amoureuse avec lui. Au moment présent, Jane s’installe et apprécie ce nouvel environnement, même si elle se pose pas mal de questions, notamment au sujet de la précédente locataire. Assez vite, comme Emma avant elle, Jane se retrouve à avoir une liaison avec Edward. Elle se rend compte également qu’elle partage une ressemblance physique troublante avec Emma, qui est apparemment décédée dans la maison, mais aussi avec la défunte épouse d’Edward. Edward qui est mystérieux, charmant et flippant tout à la fois : obsédé par la perfection et totalement « control freak » dans sa manière de vivre et de gérer ses relations. En parallèle à l’histoire (funeste) d’Emma dans la maison, le lecteur suit également Jane dans sa reconstruction et dans sa quête de vérité.

J’ai beaucoup apprécié ce roman, notamment le fait que quelque part, l’héroïne principale était peut-être cette fameuse maison, au 1 Folgate Street. Les deux locataires étaient également intéressantes, similaires sur certains points et diamétralement différentes sur d’autres. La manière dont les personnalités se révèlent est également bien gérée par l’auteur : pas trop d’informations à la fois mais suffisamment pour continuer à intriguer le lecteur.

the girl before delaney kindleDe plus, par un curieux hasard, une des héroïnes de l’histoire avait vécu à quelques pas de notre dernier appart londonien : la station de police de West Hampstead (devant laquelle je passais tous les jours) et notre ancienne rue, West End Lane sont mentionnées dans le roman, c’était d’autant plus prenant que je pouvais vraiment visualiser les lieux parfois :-) Pour ce qui est du 1 Folgate Street, j’ai évidemment regardé sur Google Maps et si l’adresse existe bien à Londres, elle n’est pas en réalité dans le quartier de Hendon (qui se situe au nord-ouest de Londres) mais juste à côté de Spitafields Market (un peu à l’est de la City). Voilà pour les détails géographiques passionnants !

Mon bilan : très très chouette lecture ! Le roman sera prochainement adapté au cinéma par Ron Howard, j’irai le voir avec plaisir : je pense que le potentiel visuel de cette maison rendrait superbement sur grand écran ! Il s’agit du premier roman publié sous le nom J.P. Delaney mais il semblerait qu’il s’agisse d’un pseudonyme pour un auteur déjà connu (Tony Strong, dont je n’avais jamais entendu parler avant :p). Ca rappelle un peu J.K. Rowling qui se cache derrière le nom Robert Galbraith pour nous emmener suivre les aventures de Cormoran Strike et de son assistante Robin Ellacott – ici, et encore – qui devraient arriver sur nos écrans de télévision pour la saison 2017-18). Toutes proportions gardées, bien évidemment.

 

Ma rue préférée de Londres

Quand on est arrivés à Londres, il y a un peu plus de deux ans et demi, on a cherché un appartement à l’aveugle : comme tout le monde, on connaissait les grandes lignes de la capitale anglaise mais pas les secrets de ses quartiers moins touristiques. On savait où allait être le job de mon cher et tendre, ce qui nous plaçait dans le nord de Londres. A part ça, rien. On a regardé rapidement sur un plan mais à part isoler quelques noms de stations de métro, ça ne nous a pas vraiment aidés à y voir clair. Du coup, on a réservé un studio du côté de Swiss Cottage (sur la Jubilee Line) via AirBnb et on s’est donné une semaine pour trouver un appart. On a circulé entre différents quartiers : Camden, Swiss Cottage, Hampstead, Kilburn, Kentish Town, Chalk Farm, Finsbury Park, etc. Puis, on est descendus à la station Highbury & Islington, sur la Victoria Line. Et là, directement, on a eu le coup de foudre pour Islington.

Famous cock 1

Déjà en sortant, un pub vous accueille avec son nom festif : « The Famous Cock » (cock veut dire coq mais aussi autre chose, et par ailleurs, cela peut aussi provenir de cockney, qui désigne les personnes nées dans l’est de Londres – Londres compte également un pub appelé « Dirty Dicks », pour la petite histoire, et certainement plein d’autres avec des noms tout aussi colorés). Ensuite, on s’est baladés sur Upper Street (ici sur Google Maps). Et après quelques pas, je pense que c’était fait, on était sous le charme. La rue est peuplée de jolies boutiques, de petits magasins, de restaurants cosy, de glaciers, de petits jardins, quelques fleuristes avec des devantures magnifiques, des églises, etc. Depuis Highbury & Islington (Victoria Line et Overground) jusqu’à Angel (Northern Line), cette rue est un petit plaisir pour les yeux.

Union Chapel, sur Upper Street, à différentes saisons

Union Chapel, sur Upper Street, à différentes saisons

Mon magasin préféré est je pense The Only Place For Pictures (216 Upper Street, Islington, London N1 1RL) : la vitrine y est inventive et elle change souvent. On y trouve des cadeaux, des cartes de voeux, d’anniversaire, des produits estampillés N1, N7, Highbury, Angel, etc. Des posters relatifs à la rue, au quartier, à Londres, des cadres, des carnets, des trucs qui ne servent à rien mais que j’adore. Je peux rester un bout de temps dans cette boutique, à flâner, hésiter, etc.

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Mug représentant les principaux éléments d’Upper Street, disponible chez The Only Place for Pictures

Quelques fleuristes enjolivent la rue, je pense surtout à Dansk (St Mary’s Church, Upper Street, Islington, London N1 2TX) qui se trouve sur le côté de l’Eglise St Mary’s Church dont le jardin est super joli. A chaque fois, je restais bouche bée devant leurs jolies fleurs et j’avais juste envie de dévaliser la boutique. Rien que ça.

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St Mary’s Church

Si vous avez une petite faim, vous pouvez passer chez Udderlicious (187 Upper Street, London, N1 1RQ), un glacier indépendant qui est proche de la station Highbury and Islington et qui propose en plus des classiques des goûts plus originaux : fraise basilic, figue rhubarbe, etc. Un peu plus proche d’Angel (ou entre les deux), le glacier Amorino (110 Upper Street, N1 1QN, Islington), qui fait partie d’une chaîne, ne fait pas des boules de glaces mais des pétales de rose (et vous pouvez le retrouver dans d’autres coins de Londres et dans d’autres villes d’Europe, d’Amérique du Nord et d’Afrique).

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Pour ce qui est de se nourrir, Upper Street est très réputée ! La Petite Auberge (283 Upper St, London N1 2TZ) est un petit restaurant français tout simple où on peut manger des crêpes (sucrées, salées), des steaks frites, etc. Côté nourriture française, le Mercury (140a Upper St, London N1 1QY) et le Mercury deuxième (154-155 Upper St, London N1 1RA) sont également des valeurs sûres (on y a mangé du carpaccio de boeuf, une denrée rare à Londres). On est aussi allés plusieurs fois au restaurant The Blue Legume (177 Upper Street, Islington N1 1RG), principalement à cause du brunch en week-end, qui est très très chouette (et contrairement à The Breakfast Club, notamment celui d’Angel qui est plutôt proche, on peut réserver :-)). La déco est jolie, il y a plein de vieux miroirs au plafond, le service agréable, la nourriture très sympa. Bref, on aime beaucoup cet endroit, situé pile en face du town hall de Islington (où les mariagesont lieu le samedi). Hoxley & Porter (153 Upper Street, Islington, London, N1 1RA) est également un excellent restaurant, plus raffiné peut-être. Il est censé avoir la forme d’un wagon de train, dans un style censé rappeler l’Orient Express. On peut manger dans une petite avancée arrondie qui donne sur la rue, mais on n’a jamais réussi à le faire, c’était toujours occupé. Je me souviens notamment d’un magret de canard particulièrement réussi :-). Rabieng (143 Upper St, London N1 1QY) était également un restaurant thai où on allait souvent, j’aimais beaucoup leur pad thai au poulet (puis je m’en suis lassée :p). On avait par contre été assez déçus de Fig and Olive (trop bruyant) et d’Isarn, un restaurant thaï qui, malgré ma question sur l’aspect piquant d’un plat, m’a dit que c’était garanti non piquant. Au final, le plat était super piquant (même l’homme l’a senti, ce qui est une validation supplémentaire, car, personnellement, j’ai une sensibilité à la nourriture piquante équivalente à celle d’un nourrisson) et ils n’ont pas fait le moindre commentaire alors qu’ils ont bien vu que je n’avais rien mangé… Bref. Pas très commerciaux. On n’est retournés dans aucun des deux. A noter aussi la présence de l’enseigne Ottolenghi (287 Upper St, London N1 2TZ) (que nous n’avons pas testée mais dont on avait beaucoup entendu parler) et de Vivo (57-58 Upper St, Islington, London N1 0NY), un restaurant/bar italien très sympa aussi. Moins original, vous trouverez aussi les classiques chaînes Pho pour les bo bun et soupes vietnamiennes et Carluccio’s qui est un restaurant-traiteur italien réputé aussi.

En vous baladant, vous pouvez également vous perdre dans de jolies petites bijouteries, dans la boutique Oliver Bonas, la boutique Joy ou encore le magasin de vêtements Phase Eight (très jolies robes :-)). After Noah est un magasin un peu étrange, avec un peu de tout. De la vieille déco, des jouets, des meubles. Un peu du bric-à-brac.

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En arrivant vers Angel, on retrouve un petit centre commercial, un cinéma super joli (The Screen on the Green, de la franchise Everyman Cinema), où nous n’avons jamais mis les pieds mais qui avait toujours des catchlines amusantes (« GONE GIRL, still there », est une de mes préférées mais il y en a eu plein, aussi avec des jeux de mots sur Tom Cruise), sur le côté du Green il y a un Waterstones, librairie anglaise géniale (pour ceux qui ne connaissent pas), etc.

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On trouve aussi juste à côté de Upper Street, sur Camden Passage, un Breakfast Club (photo dans le montage ci-dessus), parfait pour des brunchs mais la file à l’extérieur est souvent décourageante. Il y a également Crêpe Affaire qui s’y est installé récemment. Issu d’une petite chaîne, c’est un très chouette endroit pour de bonnes crêpes salées ou sucrées. Et il y a aussi une petite boutique, Etc., dans le style de The Only Place for Pictures (mais moins bien quand même, sans les posters, si je ne me trompe pas). Sur Camden Passage, il y a des petits étals avec de vieux bibelots, de vieilles tasses, etc.

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Cette jolie rue va me manquer… Mais je suis certaine que notre nouveau quartier regorge de petites merveilles, il faut juste qu’on se lance dans l’exploration :-) On va attendre le retour du soleil, cependant.

(Toutes les photos, à l’exception de celles d’Union Chapel, ont été prises lors d’une journée grise et pluvieuse en novembre 2015, ce qui explique qu’elles ne soient pas plus lumineuses…)