Commencement

J’ai entendu pas mal parler de J. Courtney Sullivan ces derniers temps : tout d’abord en librairie, j’ai croisé souvent la couverture de son dernier roman paru en poche en anglais, The Engagements. Puis j’ai vu fleurir pas mal d’articles sur les blogs littéraires que j’aime lire. Et surtout, Mathilde, celle qui me met des étoiles dans les yeux à chaque blogpost qu’elle rédige sur sa vie à Boston et ses voyages aux USA, en a récemment parlé également (les bouquins de cet auteur se déroulent principalement en Nouvelle-Angleterre, ce qui explique pourquoi Mathilde a plongé dans les romans de la demoiselle).

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Bref, tout cela mis ensemble m’a fortement intriguée et, comme je ne suis pas dans la retenue, j’ai décidé que j’allais attaquer les trois romans principaux de J. Courtney Sullivan, à savoir Commencement (en français, Les débutantes), Maine (paru aussi en français) et The Engagements (en français Les liens du mariage). Comme vous l’a indiqué le titre de cet article, j’ai choisi de démarrer par Commencement, celui qui me parlait peut-être le plus. Pour la petite info, aux USA, le terme « commencement » indique la cérémonie de « graduation », là où les étudiants reçoivent leur diplôme universitaire et se préparent à se lancer dans « la vraie vie ».

Nouvelle-Angleterre, années 2000. Celia, April, Bree et Sally sont des amies très proches. Leur amitié est née dans leur résidence universitaire au Smith College, à Northampton, dans le Massachusetts. Réservée exclusivement à la gent féminine, cette université est très réputée pour la qualité de son enseignement ainsi que pour son côté féministe. Les quatre jeunes filles sont très différentes mais une amitié très forte les unit rapidement. Sally, qui a perdu sa mère récemment, et Celia, fruit d’un foyer super soudé, sont des purs produits de la Nouvelle-Angleterre, April est une féministe vindicative et engagée, négligée par sa mère. Bree arrive droit de la Géorgie, avec un diamant à l’annulaire et un mariage à organiser. Les quatre jeunes filles vont devenir des femmes en partageant leurs coups de coeur, leurs erreurs, leurs larmes et leurs fous rires. On les suit à deux étapes cruciales : lors de leurs années à Smith ainsi que quatre ans plus tard, lorsque le mariage de Sally les réunit à Northampton. On regarde ces amitiés solides avec leurs failles, on voit les amies se déchirer, se réunir, s’éloigner, puis recommencer.

J’ai beaucoup aimé ce roman, il était frais, pas cliché (alors que ç’aurait été simple de tomber là-dedans). Les quatre personnages sont terriblement différents et c’est ce qui fait la magie de leur amitié (pareil que dans la vie en fait :)) : leurs différences compliquent parfois les choses mais les font avancer et élargissent leurs horizons respectifs. On se laisse porter par l’histoire, par la relation entre ces quatre demoiselles. Pour ma part, une fois n’est pas coutume, je ne me suis pas identifiée à l’une ou l’autre des protagonistes, je suis plutôt restée en spectatrice privilégiée des choses qu’elles ont partagé. Et c’était un super moment pour moi aussi. A votre tour à présent ! :-)

Les charmes discrets de la vie conjugale

Après Quitter le monde et L’homme qui voulait vivre sa vie, voici le dernier roman de Douglas Kennedy que j’ai lu. J’hésitais entre La poursuite du bonheur et celui-ci, puis j’ai finalement choisi Les charmes discrets de la vie conjugale, pour son titre qui m’intriguait.

Le cadre : milieu des années 60, à l’est des Etats-Unis. Hannah est une jeune étudiante à l’Université du Vermont, où enseigne aussi son père, figure charismatique adulée par les étudiants depuis sa prise de position contre la guerre du Vietnam. En deuxième année de fac, Hannah rencontre un jeune étudiant en médecine, Dan Buchan, 24 ans, bien sous tous rapports, l’exact opposé de son père. A ses 20 ans, ils se marient, malgré la désapprobation de la mère d’Hannah, qui l’estime trop jeune pour s’engager. Rapidement, ils ont un enfant, un petit garçon prénommé Jeffrey. Pour la carrière de Dan, ils déménagent dans un petit patelin perdu du Maine, Pelham. La vie de Hannah est plutôt monotone, entre son travail à la bibliothèque du village, son fils et son mari… Parfois, elle envie la vie palpitante de sa meilleure amie Margy, qui habite New York et travaille dans la communication.

Un jour, pour rendre service à son père, elle héberge un jeune homme, Tobias Judson, qui fait un voyage à travers les Etats-Unis avec son sac à dos et qui cherche un lieu où passer quelques nuits dans le Maine. Seule avec ce type, son mari étant au chevet de son père mourant, tout dérape… Après son départ, la vie reprend son cours normal…

A ce stade du bouquin, on abandonne les personnages pour les retrouver en 2003 : Hannah est prof d’anglais dans un lycée, Dan est un orthopédiste réputé, leurs enfants, Jeffrey et Lizzie, ont fait de brillantes études et ont réussi à décrocher des postes prometteurs. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes… Jusqu’à ce que le vernis craque en plusieurs endroits, et que le passé resurgisse de manière totalement inattendue. Abandonnée par ses pairs, lynchée par les médias, Hannah va pourtant relever la tête et lutter pour sauver sa famille et sa réputation…

J’ai beaucoup aimé ce roman, qui contrairement à L’homme qui voulait vivre sa vie, ne m’a pas laissé d’amertume. Très sympa, bien écrit, l’histoire est bien menée, le rythme de narration de faiblit pas et on ressent beaucoup d’empathie pour la narratrice. L’auteur a très bien dépeint les relations complexes d’Hannah avec ses parents (qui ont déjà du mal à gérer leur propre relation), puis la relation de mère qu’elle a avec ses propres enfants, pas forcément plus facile à aborder…  Un très bon moment de lecture !