Mes dernières lectures

J’ai lu quelques livres en ce début d’année, et, à part les romans dont je vous ai déjà parlé ces dernières semaines, ces lectures récentes ne justifient pas d’articles dédiés. Cela ne m’empêche pas d’avoir envie de vous les mentionner par ici. Voici donc un petit post style « photo de groupe » :-).

9781447276005The Bones of You_6

The bones of you – Debbie Howells : J’ai été attirée par ce roman suite aux affiches dans le métro londonien. La version poche vient de sortir, et comme souvent, les affiches sont intrigantes à souhait, les couleurs me parlent et pouf, je me retrouve sans crier gare à ajouter le roman sur mon Kindle.

The Bones of you nous entraîne dans l’histoire d’une jeune fille de 18 ans, Rosie Anderson, qui disparaît dans un petit village anglais. Quand Kate, une voisine et une proche de la jeune fille, reçoit ce coup de fil, elle est pleine d’inquiétude et d’interrogations : Rosie est parfaite, douce, jolie, intelligente. Et elle a le même âge que sa fille. Après quelques jours de recherches, le corps sans vie de Rosie est retrouvé en forêt. Kate se rapproche des Anderson pour les soutenir dans ce deuil difficile : Jo, la mère parfaite en toutes circonstances, qui tient le choc comme elle peut ; Neal, le père, un reporter reconnu qui se noie dans son travail ; Delphine, la petite soeur de Rosie, qui a un comportement troublant.

On suit le point de vue de Kate, qui s’enfonce doucement dans l’histoire familiale des Anderson et qui essaie de décortiquer ce qui a pu mener quelqu’un à tuer la parfaite Rosie. Elle commence en outre à recevoir des notes anonymes, qui lui disent de se dépêcher, pour éviter qu’un drame similaire se reproduise. Le lecteur retrouve aussi parfois le point de vue de Rosie, à travers des flashbacks dans lesquels la victime nous raconte certains épisodes de sa vie.

Ce livre n’a pas été un coup de coeur pour plusieurs raisons. Je l’ai lu rapidement mais j’ai assez vite vu les ficelles. Si vous aimez les thrillers, vous réagirez comme moi : quand on trouve le tueur trop vite, ça rend la lecture un peu frustrante. Ca casse une partie du jeu. Les personnages étaient peut-être un peu trop caricaturaux, l’histoire un peu trop prévisible. Je ne me suis pas ennuyée pendant ma lecture mais ce roman ne va pas rester longtemps dans ma mémoire. Aussitôt lu, aussitôt oublié.

Ce roman n’a pas encore été traduit en français à ma connaissance.

91cMHG1mVaLWe were liars – E. Lockhart : Croisé au hasard du rayon d’un Waterstones (en passant, ces magasins sont un vrai lieu de perdition), j’ai trouvé la couverture jolie (encore, je suis irrécupérable). J’ai lu cette histoire d’une traite, sans vraiment savoir de quoi cela traitait en me lançant dedans. C’est un roman qui se lit vite et qui ne laisse pas une trace indélébile mais qui est plutôt distrayant.

Une famille se partage une petite île privée en Nouvelle-Angleterre. Les grands-parents et chacun des enfants ont une maison sur l’île. L’héroïne, Cadence, est brillante, on le sent. Mais elle est totalement « détruite », le lecteur ne sait pas pourquoi. Il s’est passé quelque chose lors du « summer 15 », l’été de ses 15 ans. Elle-même ne se souvient plus vraiment, elle a des hallucinations, des crises. Ils étaient un groupe de quatre amis : Gat, Johnny, Mirren et elle. Mais aujourd’hui, elle n’a plus vraiment de retour de leur part, pas de réponse à ses emails. Et ça la rend tellement triste. Elle revient sur l’île l’été suivant, en espérant les revoir et retrouver leur complicité. Et peu à peu, la vérité se dévoile sous ses yeux et les nôtres.

C’est une histoire triste. Très douce-amère. Cependant, les personnages ne sont pas suffisamment approfondis, on ne s’y attache pas tant que ça… Loin d’être inoubliable, loin d’être exceptionnelle, l’intrigue est cependant suffisamment intéressante pour attiser la curiosité du lecteur.

En français ici.

8909152

Attachments – Rainbow Rowell : Après mon coup de coeur pour Fangirl (à lire ici), j’ai eu envie de me plonger dans d’autres romans de l’auteure. J’avais le choix entre Carry On, son dernier roman, qui se consacre à l’histoire dans l’histoire de Fangirl ou Attachments, son premier roman. J’ai opté pour celui-ci. Je l’ai commencé sans savoir de quoi il parlait. J’ai beaucoup aimé, même s’il n’a pas été un coup de coeur à proprement parler.

On se retrouve dans la rédaction d’un journal du Nebraska, The Courrier, un peu avant l’an 2000. Un jeune homme, Lincoln, est employé par le département sécurité de l’entreprise. Après ses études, il est revenu dans le Nebraska vivre chez sa mère. Son job au journal : lire les messages « flaggés » par le système parce qu’ils emploient des mots « interdits ». Chaque soir, il ouvre le dossier des emails « flaggés » et les lit pour voir si une action est nécessaire. Le journal a du mal à passer à l’ère digitale et souhaite garder la main mise sur les messages envoyés par ses employés en utilisant le réseau interne. C’est pour ça que son job existe. Pour, de temps à autres, rappeler aux employés qu’ils sont surveillés. Il déteste son boulot : la moitié du temps il s’ennuie (il lit, etc.) et l’autre moitié il se sent comme un voyeur à espionner la correspondance personnelle (sur une messagerie professionnelle, rappelons-le) des autres employés.

Un jour, il tombe sur un échange de mails entre deux journalistes, Beth et Jennifer. Il se prend dans leur conversation (uniquement quand leurs mails sont « flaggués » et atterrissent dans son fameux dossier). Il s’attache à elles, sans les connaître ni même les avoir jamais vues. Son bureau n’est même pas à l’étage de la rédaction donc ça serait compliqué.

C’est assez sympa de se remémorer les peurs des entreprises au sujet du bug de l’an 2000, qui a fait flipper tous les informaticiens de la planète à l’époque. Pour ce qui est de l’intrigue de base, Lincoln est un personnage intéressant, tout comme les deux journalistes dont il lit la correspondance. Mais on sent qu’il s’agit du premier roman de Rainbow Rowell : c’est encore un peu flou, un peu diffus. Ce qui n’enlève pas le charme du roman, bien entendu. Parfois, on voudrait qu’elle creuse plus, qu’elle nous en dise plus. Il ne manquait pas grand chose, selon moi. Bref, lecture sympa mais pas de coup de coeur.

A ma connaissance, ce roman n’a pas été traduit en français pour le moment.

To all the boys I’ve ever Loved suivi de P.S. I still love you – Jenny Han : Ici, rien d’exceptionnel, rien de transcendant. L’héroïne, Lara Jean Song, a seize ans. Elle a grandi élevée par son père et entourée de ses deux soeurs. Leur mère, d’origine coréenne, est décédée il y a quelques années. Sa soeur aînée, Margo, s’en va à l’université en Ecosse. Après une prise de tête avec sa cadette, Kitty, les lettres qu’elle a écrites (sans jamais avoir l’intention des les donner) à chacun des garçons dont elle a été amoureuse leur sont expédiées. Ces garçons n’en ont jamais rien su, et en général, elle écrivait la lettre une fois que ses sentiments étaient passés. Comme une lettre de rupture. Une missive est partie chez Josh, son voisin, le petit ami de Margo. Une autre, à Peter Kavinsky, un garçon populaire de sa classe (et son premier baiser). Une autre, à John, un garçon qu’elle avait rencontré en camp d’été. Etc.

jennyhan

Cela fiche un désordre pas possible dans son quotidien, surtout dans sa relation amicale avec le petit ami de Margo. Du coup, elle se lance dans l’idée loufoque de faire semblant de sortir avec un de ces types, avec qui elle était amie il y a longtemps.  Lui essaie de rendre son ex-copine jalouse et elle essaie de montrer à son voisin que ses sentiments sont bel et bien passés. L’arrangement leur convient à tous les deux, ils établissent un pseudo contrat et hop, c’est parti.

On voit un peu où on va mais bon, comme c’est frais, mignon, on y va de bon coeur. En plus, il y a une suite, que demande le peuple ! :-) Par contre, ça ne révolutionnera pas votre monde, mais vous vous en doutiez.

En français ici et .

Publicités

Fangirl

Dimanche 3 janvier 2016. Je rentre d’un long voyage en train. Avec plein de choses à faire.  Notamment vider une valise, trier du linge, lancer des machines. Manger. Dormir, pour être en forme lundi matin, pour retourner au boulot. Et tout ça avec une seule idée en tête : retrouver les personnages de mon livre, les faire durer. Mais avancer, car je veux savoir ce qui va leur arriver. En même temps, je ne veux pas que ce livre s’arrête. Genre, jamais.

Voici mon état à quelques (trop peu nombreuses) pages de la fin de Fangirl (en français ici), le deuxième livre de Rainbow Rowell que je découvre, après Eleanor & Park que j’ai lu en 2014. J’avais été un peu déçue d’Eleanor & Park, ce qui m’a fait un peu traîner des pieds avant d’attaquer Fangirl. Grossière erreur de jugement de ma part. Fangirl a été un gros gros coup de coeur. Léger, tendre, rafraîchissant.

Fangirl

Nebraska. Deux soeurs jumelles, Cath et Wren, viennent d’arriver à l’université. Très liées, très proches et à la fois très différentes, les deux soeurs s’éloignent rapidement une fois installées dans leur nouvelle vie. Wren, la plus sociable des deux, a directement donné le ton en disant à sa soeur qu’elle ne voulait pas partager sa chambre mais plutôt en profiter pour avoir une autre « roomate » et se faire d’autres amis. Le vivant comme une gifle en pleine figure, Cath se retrouve dans sa chambre d’université à partager quelques mètres carrés avec Reagan, une fille plus âgée, plus fermée. Levi, le petit ami de Reagan, est tout le temps là. Parfois, quand Reagan n’est pas encore rentrée, Cath le trouve assis devant la porte à attendre. Il est super charmant et gentil. Mais Cath est tout sauf sociable. Elle refuse toutes les invitations à des fêtes, passe énormément de temps toute seule devant son ordinateur, à écrire. Car elle veut faire des études d’anglais et passer sa vie à écrire. Elle a même réussi à s’inscrire dans un cours destinés aux années supérieures, « Fiction writing ». Elle travaille en binôme avec un garçon talentueux, ils travaillent sur une histoire ensemble. Mais ils ne parlent pas vraiment en dehors de cela. De toutes manières, la vraie passion, c’est la série de livres consacrés à Simon Snow (un genre de Harry Potter). Son temps libre, elle le passe depuis quelques années à écrire de la fan fiction autour de ce personnage : ce qui serait arrivé si, ce qui a pu se passer entre les romans, elle brode autour, imagine des situations alternatives, etc. Elle a une communauté suspendue à ses mots, aux chapitres qu’elle poste régulièrement. Si à cela on ajoute une mère qui les a quittés lorsque les jumelles étaient âgées de 8 ans, un père super mais fragile émotionnellement, une timidité maladive, on obtient un mélange qui semble un peu disparate. Et pourtant la magie opère ! On s’attache à Cath, son amitié avec Reagan, avec Levi, sa relation compliquée avec Wren, etc.

Je ne sais pas vraiment expliquer ce qui a fait que ce roman a été un gros coup de coeur. C’est lié à un subtil équilibre, je présume. Un équilibre que je ne sais pas définir mais qui a définitivement atteint sa cible. Rarement j’ai autant angoissé en voyant le pourcentage restant du livre se réduire comme de la neige au soleil. Rarement j’ai eu envie de lire plus vite et moins vite à la fois. Rarement j’ai autant espéré que le livre suivant de l’auteure, Carry On, reparle un peu de Cath, juste un peu (à priori, ce n’est pas le cas, il se concentre totalement sur l’histoire de Simon). Rarement j’ai été aussi contente de découvrir des personnages et à la fois aussi triste de les quitter. Pourtant, j’en ai rencontré des tonnes. Je me suis attachée à une flopée d’entre eux. Ce qui fait la différence ici, franchement, je ne sais pas. J’ai presqu’envie de recommencer le roman tout de suite pour les retrouver, c’est dire. Donc, go go go ! Ne faites pas comme moi, ne traînez pas autant avant de suivre Cath et cie dans son monde. Foncez découvrir Fangirl ! Et dites moi si vous l’avez apprécié autant que moi :-)

Eleanor & Park

eleanor-park-bookOmaha, Nebraska, 1986. Une rencontre inattendue entre Park, un adolescent d’origine asiatique, et Eleanor, une nouvelle élève du lycée, un peu gauche, ronde et avec une chevelure rousse impressionnante qu’elle déteste. L’un est accepté socialement, l’autre est un peu la paria de l’école : celle que les filles populaires harcèlent, etc. Le hasard (et la gentillesse de Park) les a réunis au départ : elle n’avait pas de place dans le bus, il l’a laissée s’asseoir à côté de lui. Ensuite, les comics : après s’être aperçu qu’elle lisait par dessus son épaule, il a commencé à lui prêter ses bandes dessinées. Puis il l’a invitée à manger chez lui, et ils se sont rapprochés.

La trame de base d’Eleanor & Park, roman pour ados de Rainbow Rowell, ressemble à plein de films ou séries US. Sauf qu’ici, Eleanor vient d’une famille brisée. Son beau-père la déteste, on ne sait pas trop pourquoi. Elle a vécu chez des amis pendant plusieurs mois, après que son beau-père l’ait fichue dehors… A présent, elle est revenue vivre avec lui, sa mère et ses frères et soeurs. Elle fait tout pour éviter ce type, mais la maison est petite… Park a du mal à comprendre la situation : il vient d’un foyer aimant tout ce qu’il y a de plus normal.

J’en avais lu du bien, énormément de bien de ce roman. Que c’était mieux que The fault in our stars (que j’ai adoré), que cette plongée dans les années 80 était géniale (en vrai, c’était chouette de retrouver des walkmans, des cassettes, etc. mais ce n’était pas non plus renversant). J’ai été plutôt déçue, ça manquait de magie, d’évasion. L’histoire d’amour était plate, j’ai l’impression que l’auteure a survolé les choses, tant du côté de la love story Park/Eleanor que du côté plus sombre de la famille de l’adolescente. Petite déception donc. Comme je ne suis pas bornée, je tenterai bientôt un autre roman de Rainbow Rowell, FanGirl.