Behind closed doors

Comme indiqué dans mon article précédent, 2017 n'aura pas été mon année la plus riche côté lectures : 9 petits livres seulement selon mes stats Goodreads. Le pire que j'avais fait sur les dix années était un honorable 17. Rien ne va plus, surtout que cela m'a vraiment manqué ! J'ai donc décidé de m'y remettre, et me revoilà par ici avec une de mes lectures du mois de janvier, inspirée par Crime by the book.

behind closed doors

L'histoire de Behind closed doors, de B.A. Paris, est glaçante mais terriblement addictive. On nous parle d'un couple parfait : ils sont beaux, ils sont amoureux. Jack est avocat, il est spécialisé dans la défense des femmes battues par leur conjoint. Grace travaillait pour Harrods avant son mariage mais est une femme au foyer à présent. Tout semble parfait, ce qui semble même faire un peu enrager les épouses des collègues de Jack. Celles-ci invitent Grace à prendre le lunch ensemble. Mais ça ne marche jamais : soit Grace oublie, soit Grace annule, soit Jack accompagne Grace. Et puis, qui à cette époque n'a pas de téléphone portable ? Quand vous avez le privilège d'être invités chez eux, le repas est succulent et le menu est tout sauf simple, car Grace est une cuisinière hors pair. Leur maison est immaculée, meublée avec goût, mais a la drôle de particularité d'avoir des volets métalliques sur toutes les fenêtres du rez-de-chaussée.

De page en page, on prend conscience que Grace est une femme brisée, traumatisée et en parallèle, le lecteur voit que Jack a beau être parfait sur le papier, c'est en réalité un psychopathe calculateur et sadique. Chaque révélation m'a clouée à mon siège, je ne pouvais pas lâcher mon Kindle. J'ai dévoré ce roman et certaines scènes ont réussi à littéralement me faire bouillir.

J'ai appris tout récemment que ce genre d'intrigue se classait dans un genre particulier : le "domestic thriller", dans lequel la tension psychologique au coeur d'un foyer est la véritable héroïne du roman. Celui-ci était vraiment bien ficelé et la tension va crescendo au fur et à mesure que le lecteur découvre l'« arrangement » entre Grace et Jack, et ce jusqu'à la dernière ligne. Une vraie réussite !

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Why We Broke Up

J’ai découvert l’existence de ce roman de Daniel Handler (connu également par le pseudonyme de Lemony Snicket, sous lequel il a écrit Les Désastreuses Aventures des orphelins Baudelaireen sautant de lien en lien sur Goodreads. Le titre m’a intriguée tout de suite. Je voulais moi aussi savoir « Why we broke up », même si je ne savais pas qui était « we » à ce moment-là. Spoiler Alert : le roman ne finit pas bien pour ce « we ». Etonnant hein :-)

It was a secret time and place, you next to me, untraceable and out of this world.

« We », ce sont Min et Ed. Min Green est en junior year, en secondaire/lycée. Elle rejette la dénomination « arty » pour parler d’elle mais elle ne rentre pas dans le moule des filles populaires, cheerleaders et cie. Elle est obsédée par les vieux films, elle se rêve « film director », se voit étudier le cinéma. Elle a sa bande de copains, avec son meilleur ami Al, Lauren et cie. Al est un peu l’alter ego de Min, avec qui elle passe le plus clair de son temps. Pour fêter ses seize ans, il a choisi d’organiser une fête chez lui sur le thème « Bitter Sixteen », par opposition au traditionnel « Sweet Sixteen ». Avec Min (diminutif de Minerva), ils ont bien bossé pour tout articuler autour de cette idée : les boissons, le gâteau au chocolat noir amer (immangeable), etc. A cette soirée, Min va rencontrer Ed Slaterton, un élève senior, qui est le co-capitaine de l’équipe de basket-ball de l’école. Rencontrer est un grand mot : Ed est super populaire (il est co-capitaine, souvenez-vous) donc tout le monde le connaît de nom/de vue. Mais là, il se retrouve dans le jardin de Al avec un copain, à cet anniversaire où ils ne sont même pas invités. Un gage car ils ont perdu le match de basket. Et Min commence à lui parler. Puis, il lui demande son numéro, et s’en va, la laissant un peu surprise mais plutôt contente.

why we broke up

C’est une histoire d’amour improbable (comme presque toutes les histoires d’amour, en fait) entre deux personnes qui n’ont pas grand chose en commun : ils n’ont aucun intérêt partagé, ne traînent pas du tout aux mêmes endroits, avec les mêmes personnes. Elle ne comprend rien au basket. Il ne se passionne pas pour ses films préférés. Pourtant, ça marche, au moins pendant un temps (oui, bon côté suspense, c’est mort : au vu du titre, on sait que ça va dans le mur – encore une fois, comme beaucoup d’histoires d’amour). Il va découvrir son cinéma favori, elle va assister (sans se passionner pour autant) à ses entraînements et à ses matchs de basket. Elle s’éloigne un peu de ses amis pour passer du temps avec lui, lui se prend parfois la tête avec les siens, car elle est différente de ses (nombreuses) copines précédentes. Et ils font des compromis, par amour. Elle lui fait découvrir et aimer le café. Ils font aussi des trucs dingues, comme se lancer dans l’organisation d’une fête d’anniversaire pour une actrice qu’ils ont suivie dans la rue. Tout est nouveau, différent, fou, génial. Ils sont amoureux. Mais ensuite, le nuage rose se ternit, tout se fane, s’étiole, d’un coup. La collision de deux mondes, parfois, ça peut être violent.

J’ai vraiment beaucoup beaucoup aimé ce roman. Il se présente sous la forme d’une longue lettre que Min écrit à Ed, après la rupture, alors qu’elle va déposer une boite chez lui. Elle a décidé de lui rendre ses affaires et aussi toutes les choses qu’elle a conservées de leur relation. Toutes les petits trucs qu’il n’a même pas remarqués mais qu’elle a gardés, depuis le tout début. Comme par exemple les deux capsules de bière de la soirée d’anniversaire d’Al, une boîte d’allumettes (vide), un livre de cuisine ou des tickets de cinéma. A chaque chapitre, elle explique un des objets qu’elle lui rend, et pourquoi cet objet et son histoire peut justifier leur rupture, le tout illustré par les jolis dessins de Maira Kalman. C’est très doux, comme lecture. Triste, mais doux et plein d’espoir aussi (là, on résume je pense ce qui personnifie des romans que je peux adorer :-)).

It’s why we broke up, Ed, a small thing that’s disappeared or maybe was never really in my hands in the first place.

Vous l’aurez compris, ça a été un gros coup de coeur pour moi, qui comme l’héroïne, ai une fâcheuse tendance à me faire beaucoup de films dans ma tête et à garder plein de reliques de moments qui n’existent plus. Le ton est parfait, doux, parfois amusant, mais à chaque instant on se rappelle que, même si ça a l’air mignon, tout ça va foncer droit dans le mur. Cela donne un côté fragile, un peu amer à cette histoire, ce qui rend cette lecture particulière. Si vous ne vous souvenez plus parfaitement de vos états d’âme d’adolescent et/ou d’étudiant, de vos chagrins d’amour, ce roman va vous les renvoyer en pleine figure. Gentiment, mais sûrement.

Si vous en voulez plus (on ne sait jamais), l’auteur avait mis en place sur Tumblr le « why we broke up project ». Un projet d’adaptation au cinéma est également à l’étude, si on en croit IMDb. A savoir que le roman est disponible en français sous le titre Inventaire après rupture.

Amy and Roger’s Epic Detour

Amy & Roger's Epic DetourCela fait déjà plusieurs mois que j’ai lu ce petit roman sans prétention. Je l’ai enchaîné après ma lecture de Since you’ve been gone, du même auteur, et suite aux conseils de Victoria de Mango&Salt. Ma passion dévorante pour les roadtrips en tout genre (mais particulièrement en Amérique du Nord) n’a pas été étrangère à ma motivation folle à lire ce livre. Il faut admettre qu’il réunit à vue d’oeil pas mal d’ingrédients qui ont tout pour me plaire : des voyages, de la découverte, une petite histoire d’amour. Que demande le peuple ?

Amy Curry a perdu son père récemment. Tant bien que mal, elle termine son année de senior en Californie en étant un peu déconnectée de sa vie d’avant. Elle a laissé tomber toutes les activités sociales, elle se laisse couler. Elle dort dans le canapé de la maison familiale, déserte. Sa mère est partie s’installer dans le Connecticut, où Amy doit la rejoindre une fois son année scolaire terminée. Son frère est en cure de désintoxication. Rien ne l’intéresse, rien ne la motive. Elle se sent responsable de la mort de son père.

Sa mère organise son arrivée dans le Connecticut. Elle s’est arrangée avec une de ses amies pour que le fils de celle-ci accompagne Amy et leur Jeep jusque dans le Connecticut. Amy est tout le contraire d’enchantée à cette idée. Un roadtrip pour ramener la Jeep, avec Roger, un type qu’elle n’a pas vu depuis des années, qui doit rejoindre son père a Philly. Roger va conduire car, depuis l’accident qui a coûté la mort de son père, Amy n’a plus voulu toucher à un volant. Pour tenter d’égayer le voyage, la mère d’Amy lui fait parvenir un scrapbook, à remplir au fur et à mesure du voyage. Ce cadeau n’arrache même pas un sourire à Amy, qui voit juste ce trajet comme une corvée sans fin.

Au départ, Amy et Roger suivent scrupuleusement le trajet balisé que la mère d’Amy leur a préparé, avec des réservations d’hôtels sur la route. Puis ils décident de dévier du chemin tracé et de suivre leurs envies. Ils se rendent dans le Colorado pour voir la petite amie de Roger. Ils se retrouvent à dormir, par erreur, dans une suite nuptiale. Ils font un petit tour dans le Kansas avec ses vertes prairies. Ils parcourent aussi la « Loneliest road in America », etc. Et vont remonter jusqu’à la côte Est.

« When you’re on a roadtrip, life is about the detours ».

Vous l’avez deviné rien qu’à lire ces lignes, on s’avance vers un petit roman mignon comme je les aime. J’ai beaucoup apprécié ce petit voyage, la manière que l’auteur a eue de nous entraîner à la suite d’Amy et Roger depuis la Californie jusqu’au Connecticut. J’ai adoré la découverte de ces états que je ne connais pas (encore). J’ai aimé la petite histoire d’amour qu’on voit arriver à cinquante kilomètres mais qu’on a quand même envie de lire.

A lire si vous cherchez quelque chose de frais, de tendre, de dépaysant. A ce propos, vous ne serez pas étonné de savoir que ce roman m’a juste donné envie de refaire un roadtrip. En même temps, je suis une cible facile :-)

Fangirl

Dimanche 3 janvier 2016. Je rentre d’un long voyage en train. Avec plein de choses à faire.  Notamment vider une valise, trier du linge, lancer des machines. Manger. Dormir, pour être en forme lundi matin, pour retourner au boulot. Et tout ça avec une seule idée en tête : retrouver les personnages de mon livre, les faire durer. Mais avancer, car je veux savoir ce qui va leur arriver. En même temps, je ne veux pas que ce livre s’arrête. Genre, jamais.

Voici mon état à quelques (trop peu nombreuses) pages de la fin de Fangirl (en français ici), le deuxième livre de Rainbow Rowell que je découvre, après Eleanor & Park que j’ai lu en 2014. J’avais été un peu déçue d’Eleanor & Park, ce qui m’a fait un peu traîner des pieds avant d’attaquer Fangirl. Grossière erreur de jugement de ma part. Fangirl a été un gros gros coup de coeur. Léger, tendre, rafraîchissant.

Fangirl

Nebraska. Deux soeurs jumelles, Cath et Wren, viennent d’arriver à l’université. Très liées, très proches et à la fois très différentes, les deux soeurs s’éloignent rapidement une fois installées dans leur nouvelle vie. Wren, la plus sociable des deux, a directement donné le ton en disant à sa soeur qu’elle ne voulait pas partager sa chambre mais plutôt en profiter pour avoir une autre « roomate » et se faire d’autres amis. Le vivant comme une gifle en pleine figure, Cath se retrouve dans sa chambre d’université à partager quelques mètres carrés avec Reagan, une fille plus âgée, plus fermée. Levi, le petit ami de Reagan, est tout le temps là. Parfois, quand Reagan n’est pas encore rentrée, Cath le trouve assis devant la porte à attendre. Il est super charmant et gentil. Mais Cath est tout sauf sociable. Elle refuse toutes les invitations à des fêtes, passe énormément de temps toute seule devant son ordinateur, à écrire. Car elle veut faire des études d’anglais et passer sa vie à écrire. Elle a même réussi à s’inscrire dans un cours destinés aux années supérieures, « Fiction writing ». Elle travaille en binôme avec un garçon talentueux, ils travaillent sur une histoire ensemble. Mais ils ne parlent pas vraiment en dehors de cela. De toutes manières, la vraie passion, c’est la série de livres consacrés à Simon Snow (un genre de Harry Potter). Son temps libre, elle le passe depuis quelques années à écrire de la fan fiction autour de ce personnage : ce qui serait arrivé si, ce qui a pu se passer entre les romans, elle brode autour, imagine des situations alternatives, etc. Elle a une communauté suspendue à ses mots, aux chapitres qu’elle poste régulièrement. Si à cela on ajoute une mère qui les a quittés lorsque les jumelles étaient âgées de 8 ans, un père super mais fragile émotionnellement, une timidité maladive, on obtient un mélange qui semble un peu disparate. Et pourtant la magie opère ! On s’attache à Cath, son amitié avec Reagan, avec Levi, sa relation compliquée avec Wren, etc.

Je ne sais pas vraiment expliquer ce qui a fait que ce roman a été un gros coup de coeur. C’est lié à un subtil équilibre, je présume. Un équilibre que je ne sais pas définir mais qui a définitivement atteint sa cible. Rarement j’ai autant angoissé en voyant le pourcentage restant du livre se réduire comme de la neige au soleil. Rarement j’ai eu envie de lire plus vite et moins vite à la fois. Rarement j’ai autant espéré que le livre suivant de l’auteure, Carry On, reparle un peu de Cath, juste un peu (à priori, ce n’est pas le cas, il se concentre totalement sur l’histoire de Simon). Rarement j’ai été aussi contente de découvrir des personnages et à la fois aussi triste de les quitter. Pourtant, j’en ai rencontré des tonnes. Je me suis attachée à une flopée d’entre eux. Ce qui fait la différence ici, franchement, je ne sais pas. J’ai presqu’envie de recommencer le roman tout de suite pour les retrouver, c’est dire. Donc, go go go ! Ne faites pas comme moi, ne traînez pas autant avant de suivre Cath et cie dans son monde. Foncez découvrir Fangirl ! Et dites moi si vous l’avez apprécié autant que moi :-)

Anna and the French Kiss

Je viens de terminer le troisième (et apparemment dernier :'() tome de cette série de trois romans young adult écrits par Stephanie Perkins. Et je n’avais vraiment pas envie que ça s’arrête (j’ai enchaîné les trois au rythme effréné de un par jour donc je n’ai pas vraiment accordé de chance à la durée, pour être honnête). Anna and the French Kiss, Lola and the Boy Next Door et Isla and the Happily Ever After ont été chacun à sa façon de petites perles super sympas et adorables à découvrir. Même si je marque une préférence pour le premier tome (le personnage d’Etienne St-Clair est je pense mon favori de tous :-)). Comme l’indique l’auteur sur son site web, elle écrit des livres pour adolescents et aussi « pour les adultes qui n’ont pas peur d’admettre que les livres pour ados sont géniaux » :)). Moi je me sens concernée, après je ne sais pas pour vous. 

Les trois romans sont liés, il y a des personnages récurrents mais simultanément, ils sont très distincts et se concentrent sur des villes différentes. La manière dont l’auteure nous fait voyager, surtout dans les deux premiers livres, est vraiment géniale. Dans Anna, on revisite les rues de Paris, le quartier latin, Notre-Dame avec elle. Dans le second, j’ai adoré suivre Lola dans les rues de San Francisco. Le troisième se partage entre NYC et Paris (et cie :-)) mais d’une manière différente, beaucoup moins en immersion pour le lecteur.

Anna and The French Kiss

AnnaFrenchKissCoverAnna est une jeune fille du Sud des USA, d’Atlanta en Géorgie. Ses parents sont séparés, son père est devenu un romancier à succès (mais il écrit des romans vraiment nuls, qui marchent bien, mais vraiment vraiment nuls) et sa mère qui travaille dans le secteur de la biologie est restée à Atlanta avec son petit frère Sean. Son père décide de l’envoyer faire sa dernière année de high school (lycée/secondaire) à Paris, à l’école américaine. C’est plus classe. Avec son nouveau standing, vous comprenez. Anna ne comprend pas et est dévastée car elle doit abandonner sa meilleure amie, Bridgette, son petit frère, sa maman mais surtout son coup de coeur, Toph, qui bosse dans la même salle de cinéma qu’elle. L’arrivée à Paris et l’adaptation à son nouvel environnement est grandement facilitée dès le premier soir, quand elle fait la connaissance de Meredith, sa voisine dans le dortoir. Elle se met à traîner avec le groupe d’amis de Meredith : il y a en plus de celle-ci St-Clair, Josh (qui est une année en dessous d’eux) et Rashmi (en couple avec Josh). Meredith est amoureuse de St Clair mais il sort depuis un an avec Ellie, une fille qui a été diplômée de leur école l’année d’avant. Anna tombe sous le charme de St-Clair assez vite (et le lecteur aussi :-)) mais elle s’accroche à Toph, à sa vie d’avant et se focalise sur l’existence d’Ellie qui rendrait de toutes manières toute relation avec St-Clair impossible. Elle partage son temps entre ses amis et les cinémas de la ville, où elle passe presque toutes ses soirées : Anna voudrait devenir critique de cinéma et étudier à San Francisco l’année suivante. Pendant la lecture de ce premier tome, on va s’attacher à Anna, beaucoup :-) C’est mon préféré des trois je pense. J’ai  totalement adoré Anna mais je dois avouer que le charme d’Etienne St-Clair a peut-être aussi joué (un peu) dans cette préférence :D

En français ici :-)

Lola and The Boy Next Door

lola-boy-next-doorLe dixième tome nous emmène à San Francisco, l’année suivante. On découvre Dolores (surnommée Lola par tout le monde), une jeune fille excentrique de 17 ans, passionnée de costumes, de mode, etc. Elle ne sort jamais avec la même tenue, elle porte des robes des années 50 ou des vêtements qu’elle a cousu elle-même à partir de rideaux ou d’autres tissus de récupération. Et aussi des perruques de toutes les couleurs et de toutes les coupes. Elle sort avec Max, un musicien de 22 ans, assez sombre, que ses parents n’approuvent pas mais tolèrent. Elle est heureuse, elle sait où elle va, jusqu’à ce que de nouveaux voisins s’installent dans la maison d’à côté. Pas vraiment nouveaux : c’est la famille Bell qui revient après deux ans d’absence. Mr and Mrs Bell et leurs deux plus jeunes enfants, des jumeaux un an plus vieux que Lola : Calliope et Cricket. Calliope est une pro de patinage artistique et la famille est revenue vivre à San Francisco car elle a changé de coach. Cricket, de son côté, a été admis à Berkeley pour étudier l’ingénierie mécanique. Lola était amoureuse de Cricket, c’était réciproque, mais il lui a brisé le coeur et dans la foulée, sans qu’ils puissent s’expliquer, la famille Bell a déménagé pour des raisons liées à la carrière de Calliope. Le retour de Cricket, dont la fenêtre est pile en face de celle de Lola, va complètement déconcerter la jeune fille et mettre ses certitudes au tapis.

Située dans Castro, le quartier de Dolores Park, Haight et un peu Berkeley, ce tome était très chouette aussi. Immergée dans les rues de San Francisco, l’intrigue m’a ramenée à ma semaine de vacances là-bas en juillet dernier. Je me suis moins identifiée au personnage de Lola, ce qui explique ma préférence pour Anna, mais vous serez contents d’apprendre qu’on la croise dans ce tome :-)

En français ici :-)

Isla and the Happily Ever After

isla happily ever afterTroisième et dernier opus de cette série (dans lequel on va retrouver un peu Anna et Lola :-)), celui-ci nous emmène tout d’abord à NYC, où Isla, qui va entamer son année de senior à l’école américaine à Paris, vit. On a croisé Isla dans le premier tome, elle a eu quelques interactions avec Anna, même si je n’y avais pas trop prêté attention sur le moment. Ce soir-là, elle tombe par hasard sur Josh dans un café. Elle a toujours eu un faible pour lui, depuis le début. Pour son allure un peu désinvolte et pour son talent magique de dessinateur. Et tout le reste. Pour une fois, grâce aux médicaments qu’on lui a donnés suite à son opération des dents de sagesse, elle a le courage de s’asseoir avec lui et de discuter. La soirée est chouette, ils papotent, il lui demande s’il peut la dessiner, puis il la ramène chez elle. C’est le début de l’été, elle est super heureuse. Elle revient le lendemain avec son meilleur ami Kurt dans l’espoir de recroiser Josh, mais malheureusement il n’est pas là. L’été se passe sans qu’elle ne le revoie : elle lit dans la presse qu’il est souvent à DC dans le cadre de la campagne de réélection de son père en tant que gouverneur de l’Etat. La rentrée arrive, ils se parlent un peu, se sourient timidement. Puis il s’aperçoit que Kurt n’est pas son petit ami, et très rapidement, Isla et Josh commencent à sortir ensemble. Sauf que quand vous voyez ça dans la première moitié du roman, vous savez que quelque chose va se passer… Et ça ne rate pas : assez vite dans l’année scolaire, Josh se fait expulser de l’école, pour ses absences répétées et d’autres raisons. Il repart sur la côte Est, privé de téléphone par ses parents. Les deux sont dévastés…

Ce troisième tome était très mignon également : on revient à Paris, on s’intéresse à la bande dessinée, on passe rapidement par NYC, aussi. On retrouve St Clair par moments (c’est le meilleur ami de Josh), on recroise Meredith, Anna, Lola aussi. C’est très chouette de retrouver ces personnages par petits clins d’oeil. Celui-ci est le plus récent et n’a pas encore été traduit en français il me semble.

Au point de vue chronologique, Anna and the French Kiss se passe une année avant les deux autres tomes (qui se déroulent sur la même année, l’un à San Francisco, l’autre entre Paris et NYC).

Merci à Mango & Salt d’en avoir parlé, je pense que je n’aurais pas croisé leur chemin autrement :-) Très honnêtement, foncez, courrez, dévorez ! C’est frais, acidulé, tendre et juste dépaysant comme il faut ! Bonne lecture :-)

Luckiest Girl Alive

J’ai hésité un petit moment pour voir si je parlais ou pas de ce roman par ici. Au tout début de ce blog, j’avais pour optique de ne parler que des choses que j’appréciais vraiment et de laisser de côté mes déceptions. Puis, les choses ont évolué. Par exemple, je vous avais tout de même parlé de Sorry, que je n’avais pas aimé. Ou d’un roman de Donato Carrisi que j’avais trouvé décevant. Ou de Night Film. Bref. Déjà, je me dis que si je parviens à terminer le roman sans le laisser lamentablement de côté (comme j’ai fait récemment pour le pauvre The Time Traveller’s Wife), c’est qu’il n’était pas si terrible et que malgré ses défauts, il est parvenu à piquer ma curiosité. Sur ce point, je dois dire que le passage du papier au Kindle m’a rendue beaucoup plus cruelle pour ce qui est de l’abandon d’un livre. Un livre papier, on n’a pas toujours un plan B pour le remplacer donc même s’il est pénible/nul/inintéressant/ennuyeux/etc. (biffer les mentions inutiles), on va essayer de continuer. Sur le Kindle (si vous l’avez rempli comme moi avec une bonne partie de votre wishlist), vous avez en permanence votre bibliothèque avec vous. C’est très pratique. Pour un poids minime, j’ai plein de romans avec moi, dont l’intégrale de Harry Potter (on ne sait jamais ce qui peut arriver :D). Cela rend le switch d’un bouquin ennuyeux à une nouvelle lecture tellement facile que c’en est déconcertant.

Bon, déjà vous pouvez situer quelque peu mon opinion sur Luckiest Girl Alive de Jessica Knoll. Je ne sais plus bien comment je suis tombée dessus. Peut-être sur une liste Bookbub de bouquins à lire si vous avez aimé tel autre roman.

luckiest girl alive

Luckiest Girl Alive, le premier roman de l’auteur, nous entraîne dans le sillage de Ani Fanelli, journaliste pour un magazine féminin à New York. Acérée comme une lame de rasoir, sa manière de voir le monde est par moments très froide, très dure. Elle manipule les gens, exhibe sa bague de fiançailles comme une preuve de réussite. Elle se marie bientôt avec un excellent parti : Luke Harrisson. Issu d’une riche famille, il a un CV impressionnant et a tout pour la rendre heureuse. Sauf qu’elle n’est pas heureuse. Elle focalise sur l’organisation du mariage, sur ses kilos en trop. Elle souffre d’insomnies depuis des années. Elle a accepté de participer à un documentaire télévisé sur un épisode horrible qui s’est déroulé pendant sa scolarité à Bradley. En tous cas, c’est ce qui l’a rendue « dure » et qui l’a fait passer de TifAni, gamine mal dans sa peau, à Ani, jeune new-yorkaise qui a réussi mais dont les dents ont tendance à rayer le plancher. Le roman alterne entre la Ani d’aujourd’hui et des passages sur son arrivée dans sa nouvelle école, à Bradley, où elle rencontre Arthur, Dean, etc. C’est rare de ressentir si peu de choses positives pour un personnage. Ani Fanelli est antipathique, froide, presque dérangeante. Le genre de personnage dont on se tient loin si on la croisait en réalité. J’ai hésité à plusieurs reprises à abandonner lâchement ma lecture et à démarrer autre chose. Mais j’avais quand même de la curiosité sur ce fameux évènement qui justifiait la réalisation d’un documentaire… Donc je me suis accrochée, tant bien que mal.

Si je réfléchis de manière vraiment rationnelle, l’intrigue était relativement intéressante. Cependant, le style ne m’a pas plu, le personnage central non plus. TifAni FaNelli a un côté tellement froid et dépourvu d’empathie, même adolescente, même avant les événements qui se produisent, que lire un roman dont elle est la narratrice n’a pas été une mince affaire. Les personnages secondaires n’étaient pas plus accrocheurs, pas vraiment plus intéressants. Mais c’est ma curiosité qui m’a gardée sur les rails.

Très honnêtement, ne vous fiez pas aux commentaires marketing qui se trouvent sur la couverture : ce roman n’est pas le nouveau Gone Girl (cf. mon article sur la version française, Les Apparences, de Gillian Flynn). Ok,Gone Girl était froid également mais pas comme ici. Gone Girl était beaucoup plus intelligent, plus abouti, plus réussi. Mon avis : à moins que ça soit la pénurie sur votre Kindle ou chez votre libraire, prenez un autre livre. Il était décevant et même ennuyeux. Et l’héroïne est désagréable. Je n’ai pas retiré grand chose de cette lecture, si ce n’est le côté satisfait d’avoir réussi à terminer un livre que je n’appréciais pas vraiment. Petit challenge personnel : après une flopée d’abandons, je voulais aller jusqu’au bout de ce roman.

Apparemment, Reese Witherspoon va adapter ce roman en film. J’espère qu’elle parviendra à l’améliorer. Et j’espère qu’elle ne jouera pas le rôle de l’héroïne : j’adore Reese Witherspoon et elle est beaucoup trop humaine, sympa, expressive, drôle pour se retrouver dans les traits de TifAni. Définitivement. Par contre, on n’a pas DU TOUT la même opinion sur ce roman, comme vous pouvez le voir dans l’article de Variety ci-dessus. Pour information, il ne s’en sort pas si mal ailleurs : sa note sur Goodreads est de 3,49/5 (à l’heure où j’écris ces lignes – même si j’ai lu pas mal de commentaires négatifs) et il remporte 4 étoiles sur 5 sur Amazon.

The Perks of Being a Wallflower

Ce film était sur ma liste « à voir » (j’ai des listes de livres à lire, de séries à voir et de films à voir :-) un jour j’en parlerai plus longuement) depuis des années. Certains sont là depuis tellement longtemps que je doute de jamais les découvrir. L’envie de les lire/les voir est passée, est poussiéreuse… Je ne sais parfois plus ce qui a justifié que je note ce titre sur un coin de papier, que je prenne une photo à la volée dans une librairie, un magazine ou que je fasse une capture d’écran de blog ou de page IMDb. Un vendredi soir, toute seule à la maison, après avoir épuisé les séries que je regarde (toute seule) à me mettre sous la dent, avec la volonté de ne pas en commencer une nouvelle, j’ai regardé mes films à voir… Ca a donné des commentaires dans ma tête du style « pas envie », « pas envie », « pourquoi ce film est là ? », « pas envie non plus », « c’est quoi çà encore ? Non pas envie ». Au deuxième tour, je me suis arrêtée sur le film The Perks of Being a Wallflower sorti en 2012. De mémoire, avec Emma Watson et tiré d’un livre (après recherche, roman sorti en 1998 et écrit par Stephen Chbosky – ici en version française). Mes infos se bornaient à cela quand j’ai appuyé sur « play » pour lancer la vidéo sur la télé via le Chromecast.

The perks of being a wallflower

Charlie est un freshman qui commence le lycée cette année (high school). Il est un peu geek, mais pas assez. Il est loin, très loin d’être populaire dans une école des années 80-90. Il revient de loin : son meilleur ami s’est tiré une balle dans la tête tout récemment. Et il est toujours très secoué par le décès de sa tante préférée, Helen, morte dans un accident de voiture lors de son 7ème anniversaire, à Noël. Suite à une mise au vert pour se remettre sur pied, il reprend une vie normale, la famille, sa soeur (et son mec un peu bizarre fan de mixtapes), l’école. Il n’a aucun ami en classe, il mange tout seul à la cantine, avec son livre. Il tente des sourires mais ils tombent tous à plat. Un soir, lors d’un match de football de l’école, il prend son courage à deux mains et se rapproche d’un garçon de sa classe, un mec plutôt marrant, Patrick, que d’autres imbéciles de l’école appellent « Nothing » après une blague (il faut admettre, un peu débile) qu’il a faite en cours. Quelques minutes après, Sam vient les rejoindre. En une seconde, Charlie est subjugué par Sam (en même temps, on le comprend, c’est Emma Watson). Après le match, Patrick et Sam (qui sont demi-frère et soeur) invitent Charlie à les suivre pour une fête et c’est ainsi qu’il se fait de nouveaux copains, un peu hors normes. Dans le courant de la soirée, Sam et Patrick s’aperçoivent de la solitude de Charlie et décident de le prendre sous leur aile. « Welcome to the Island of Misfit Toys » lui déclare Sam après qu’ils aient porté un toast en son nom (en référence à ce livre).

J’ai été quasi immédiatement sous le charme de ce film. Les couleurs un peu passées, le ton, le charisme de Charlie, le talent des acteurs, la justesse aussi. Et l’émotion. Je n’attendais pas grand chose de ce film. J’ai été plutôt contente quand j’ai vu qu’il s’agissait d’un film dans une école (j’ai un attachement tout particulier à ce genre de film :-)) mais je ne m’attendais pas à aimer autant, à être fascinée à ce point par cette histoire. Pour tout vous dire, j’ai cherché sur internet après (notamment sur Goodreads) pour être sûre de comprendre certaines choses (liées notamment à la tante Helen de Charlie) qui sont sous-entendues dans le film. J’ai aussi décidé que je voulais lire le livre pour avoir une vue d’ensemble sur l’histoire. Pendant mes recherches, je suis tombée sur le titre en français au Canada. Pas raccord. Sérieusement ? Passer d’un titre plein de poésie The Perks of Being a Wallflower à Pas raccord ? En France, le film est sorti sous le titre Le monde de Charlie, ce qui n’est pas mieux, en fait. Ce genre de traduction enlève du titre, à mes yeux, toute la douceur et la magie qui sort du film. Ca me rappelle mon professeur à l’université qui nous parlait d’adaptation de roman au cinéma. Et qui m’avait dit qu’une traduction était une adaptation au même titre que le passage de l’écrit à l’écran. Il avait bien raison.

perks of being a wall flower cast

A noter en plus du reste, la qualité de la bande son : The Smiths, David Bowie (notamment la chanson Heroes, dont Sam, Charlie et Patrick recherchent le titre pendant plusieurs mois) et cie sont de la partie. Vraiment très chouette. Autre petite remarque par rapport au titre en VO : je me posais la question sur le terme « wallflower » dans ce cadre… Du coup j’ai regardé : « being a wallflower » signifie en gros « faire tapisserie ». Ce terme était utilisé au 19ème siècle en anglais pour désigner les jeunes femmes qui restaient assises seules lors des bals. Confer cette page wikipedia.

Vous l’avez vu ou lu ? Vous avez aimé ?