Parfum de glace

Je vous ai parlé quelques fois déjà de Yoko Ogawa, auteur japonaise que j’aime beaucoup (j’ai encore quelques livres d’elle à découvrir dans ma pile à lire mais je vous ai déjà conseillé La formule préférée du professeur, par lequel j’ai pu la découvrir, et L’annulaire). Aujourd’hui, c’est son roman Parfum de glace que je vais vous présenter…

Ryoko, journaliste indépendante, est en couple avec Hiroyuki, maniaque créateur de parfums. Le lendemain du jour où il lui offre un parfum qu’il a composé pour elle, « Source de mémoire », on le retrouve mort dans son laboratoire : il s’est suicidé en avalant de l’éthanol anhydre. Après sa mort, Ryoko découvre peu à peu des pans entiers de la vie de son son compagnon dont elle ignorait tout : génie des mathématiques, prodige en patinage sur glace, une famille bien vivante, contrairement à ce qu’il affirmait, etc. Son curriculum vitae était une suite de pures inventions, comme tout le reste. Ryoko sympathise alors avec le frère de son compagnon, Akira, rencontré à la morgue. Celui-cii lui offre l’occasion de rencontrer sa mère, de voir où Hiroyuki a grandi, et de doucement commencer à cerner les raisons qui ont pu pousser le jeune homme à commettre l’irréparable. Par la suite, elle va entamer un étrange voyage, qui va suivre pas à pas une liste mystérieuse laissée par Hiroyuki et l’entraîner jusqu’à Prague et au gardien des paons…

Entre rêve et réalité, Yoko Ogawa nous plonge encore une fois dans un univers dont elle seule a le secret, quelque part entre douceur, tristesse, mélancolie et calme. Parfum de glace, c’est l’odeur de la patinoire. C’est ce roman, doux, feutré, qui nous entraîne dans une quête, dans l’histoire d’une jeune garçon, de concours de mathématiques, d’orchidées, de patinage, de trophées, mais tout simplement aussi, d’une famille déchirée…

Très joli roman de l’auteur, sur le deuil, sur notre connaissance de nos proches, les obsessions… Même si mon préféré reste La formule préférée du professeur.

I remember it well

L’iPod en mode random, ce soir, je me laisse porter par la musique.

Placebo vient de chanter Post Blue et Radiohead a enchaîné avec Sulk. Et moi, je subis des remontées dans le temps impressionnantes, de vrais flashbacks, presque comme dans les films américains. C’est fou ce pouvoir que possède la musique. Rien qu’à réécouter ces chansons et toutes les autres aujourd’hui, cela me fait quasiment revivre des situations pas toutes récentes… Post Blue avec son « I’d break the back of love for you » m’a renvoyée tout droit en 2006, en août précisément. J’etudiais pour mes exams d’électricité appliquée, de thermodynamique à Bruxelles et ma vie était bien compliquée… Sulk m’a renvoyée pour sa part directement à l’époque de mes 18 ans… Et c’est comme ça avec des tonnes et des tonnes de chansons… ma bibliothèque musicale, au final, c’est presque comme un album photo d’instantanés de vie… Et vraiment, c’est comme si j’y étais encore. Impressionnant ce pouvoir… J’adore !

Ps : à la base, je voulais me coucher tôt. A priori, c’est mort…

Ps2 : le titre est lié à une chanson magnifique de Damien Rice ! Je vais bientôt devoir me replonger dans son album O, je pense!