Le Sang des Sirènes

Ce livre de Thierry Serfaty est sorti il y a déjà longtemps, en 2000 (l’année du bug de l’an 2000 et aussi de la fin du monde, souvenez-vous). Et je l’ai lu il y a déjà longtemps aussi, en 2002. Mais en vue de ce post, je l’ai relu, juste pour vous. Oui, parce qu’à l’époque, je ne possédais pas de blog, et je me suis contentée de forcer nombre de mes amis à le lire. Mais comme ce roman m’a marquée, j’ai également voulu, aujourd’hui, lui laisser une place sur ce blog.

Crédit : amazon.fr« Le Sang des Sirènes », paru chez Le Livre de Poche, nous raconte l’histoire d’un éminent médecin, chercheur en infectiologie à Copenhague : Jan Helleberg. Celui-ci meurt brutalement dès les premières pages du roman, accident de voiture, freins qui lâchent, voiture qui tombe dans un ravin, qui explose. Fini. The end. Evidemment, ici, ce serait trop bête. Donc, Jan Helleberg meurt, mais il reste le narrateur de sa propre mort. Et c’est la Vie qu’il rencontre juste après son décès, qui lui apprend que ce n’était pas un accident, mais un acte criminel. Et s’ensuit un pacte étrange : la Vie l’autorise à revenir en arrière, suffisamment tôt que pour pouvoir comprendre toutes les ficelles qui vont le conduire à sa fin. Seule condition : ne rien changer à l’histoire. Il devra toujours mourir, le même jour. Pacte scellé, le médecin est renvoyé à sa vie quelques mois en arrière : lors d’une conférence où il va rencontrer sa compagne, Lara, journaliste scientifique. Et puis, son enquête démarre, s’essouffle, reprend, parallèlement à ses recherches qui continuent, afin de trouver un remède contre le Sida (ils veulent concevoir le gène du Silence, qu’ils intégreraient au virus du Sida, et qui empêcherait par la suite le gène même du virus de s’exprimer, et freinerait ainsi la maladie). Autour de lui gravitent donc Lara, sa compagne, Kirsten, son ex-femme, ses collègues, ses amis, mais aussi l’ombre des laboratoires concurrents et il doit absolument leur cacher qu’il va mourir bientôt, ainsi que son enquête à ce sujet. En parallèle, on suit aussi, au lendemain de la mort de Jan, une interview de sa compagne Lara, qui permet d’avoir simultanément un pied dans le passé avec la narration de Jan et un pied dans le présent, et d’ainsi mieux cerner les évènements jusqu’au dénouement final.

Ce roman m’a plu par son originalité, et un concept que je n’avais jamais lu ailleurs (alors que parfois, on peut avoir l’impression que tout a déjà été écrit, et puis certains auteurs arrivent et nous prouvent le contraire). Thierry Serfaty a innové avec sa narration en « je » de quelqu’un qui a déjà vécu les choses une première fois, et qui les regarde donc avec un regard plus acéré. De plus, la Vie, pour évidemment ne pas casser le suspense, a masqué la plupart de ses souvenirs, afin qu’il ne soit pas tenté de modifier l’Histoire (ça tombait bien :)), du coup, le médecin se souvient de certaines choses, genre « je dois mourir à telle date, on m’a assassiné, je veux savoir qui », et avance à tâtons.

Personnellement, je dois vous avouer que peu de romans ont le don de me marquer durant plusieurs années. Celui-ci l’a fait. Depuis sept ans, à intervalles réguliers, je prête ce roman par-ci par-là, suite à la question « tu n’as rien de sympa à me prêter? » Et généralement, les lecteurs sont satisfaits. Depuis, j’ai lu d’autres romans de Thierry Serfaty, tous très bien, avec une préférence pour « La nuit interdite », qui était vraiment passionnant.

Voilà voilà. Bonne lecture ! :p

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