Behind closed doors

Comme indiqué dans mon article précédent, 2017 n'aura pas été mon année la plus riche côté lectures : 9 petits livres seulement selon mes stats Goodreads. Le pire que j'avais fait sur les dix années était un honorable 17. Rien ne va plus, surtout que cela m'a vraiment manqué ! J'ai donc décidé de m'y remettre, et me revoilà par ici avec une de mes lectures du mois de janvier, inspirée par Crime by the book.

behind closed doors

L'histoire de Behind closed doors, de B.A. Paris, est glaçante mais terriblement addictive. On nous parle d'un couple parfait : ils sont beaux, ils sont amoureux. Jack est avocat, il est spécialisé dans la défense des femmes battues par leur conjoint. Grace travaillait pour Harrods avant son mariage mais est une femme au foyer à présent. Tout semble parfait, ce qui semble même faire un peu enrager les épouses des collègues de Jack. Celles-ci invitent Grace à prendre le lunch ensemble. Mais ça ne marche jamais : soit Grace oublie, soit Grace annule, soit Jack accompagne Grace. Et puis, qui à cette époque n'a pas de téléphone portable ? Quand vous avez le privilège d'être invités chez eux, le repas est succulent et le menu est tout sauf simple, car Grace est une cuisinière hors pair. Leur maison est immaculée, meublée avec goût, mais a la drôle de particularité d'avoir des volets métalliques sur toutes les fenêtres du rez-de-chaussée.

De page en page, on prend conscience que Grace est une femme brisée, traumatisée et en parallèle, le lecteur voit que Jack a beau être parfait sur le papier, c'est en réalité un psychopathe calculateur et sadique. Chaque révélation m'a clouée à mon siège, je ne pouvais pas lâcher mon Kindle. J'ai dévoré ce roman et certaines scènes ont réussi à littéralement me faire bouillir.

J'ai appris tout récemment que ce genre d'intrigue se classait dans un genre particulier : le "domestic thriller", dans lequel la tension psychologique au coeur d'un foyer est la véritable héroïne du roman. Celui-ci était vraiment bien ficelé et la tension va crescendo au fur et à mesure que le lecteur découvre l'« arrangement » entre Grace et Jack, et ce jusqu'à la dernière ligne. Une vraie réussite !

Publicités

The Girl Before

Cela fait à présent quelques mois que je suis plusieurs comptes Instagram dédiés à la lecture, principalement de thrillers et autres romans à suspense. Entre Crimebythebook, Randomhouse ou Ursula_uriarte, ça ne manque pas d’idées :-) C’est là-bas que j’ai entendu pour la première fois parler de The Girl Before, de J.P. Delaney. Au départ, je l’ai confondu avec le récent roman du même nom mais écrit par Rena Olsen. Celui-là ne m’a pas particulièrement plu et je l’ai abandonné très tôt. Erreur de casting… Mais j’ai emprunté l’ebook de celui de J.P. Delaney (que je convoitais depuis le début) à la bibliothèque et je l’ai dévoré en quelques jours !

The Girl Before

Le roman se construit autour d’une adresse londonienne du quartier de Hendon et se concentre sur la vie de deux différentes locataires qui y ont vécu à quelques années d’intervalle. On rencontre les locataires d’avant : Emma et Simon, un couple qui vient de se faire cambrioler (du côté de West Hampstead justement) et qui cherche à prendre un nouveau départ dans un nouvel appart. La locataire d’aujourd’hui s’appelle Jane et est célibataire. Elle vient de perdre son bébé qui est mort-né et veut quitter son ancien appartement, dans lequel elle se voyait élever sa petite fille. Elle souhaite recommencer à vivre dans un nouveau cadre, démarrer un nouveau chapitre de sa vie. Dans les deux cas, l’agence immobilière (différente d’une fois à l’autre) les met en garde : le logement qu’ils convoitent est très particulier. Le loyer est étrangement bas pour cette maison unique en son genre, un chef-d’oeuvre architectural construit autour du minimalisme et de la domotique. Le dossier de candidature consiste en plusieurs pages de questions bizarres, un peu comme un test de personnalité. Il y a également une liste interminable de règles à respecter pour vivre dans cette demeure : cela va des plus simples (pas de bébé, pas d’animal) à des choses plus tordues : la manière dont le locataire range ses affaires, avec notamment une interdiction de laisser traîner des choses (par exemple, la bouteille de shampoing sur le bord de la baignoire), interdiction d’avoir des livres, etc. En gros, le locataire doit se plier aux règles minimalistes autour desquelles a été conçue la maison. De plus, il accepte que le système enregistre ses données afin de s’améliorer en continu : une application sur le téléphone permet d’ouvrir la porte d’entrée, un bracelet waterproof permet à la douche de vous identifier et de sélectionner automatiquement la température de l’eau que vous préférez, idem pour les lumières, qui s’adaptent à l’usager et à la saison. Une fois le dossier de candidature accepté, le futur locataire doit passer une interview avec le bureau d’architectes avant d’obtenir une réponse. Les agents immobiliers mettent en garde Emma et Simon et Jane :  des dizaines de candidatures sont refusées chaque semaine, sur des critères très flous.

Il y a un peu plus de trois ans, Emma et Simon emménagent dans la maison mais assez vite, leur relation déjà bancale se détériore jusqu’au point où Emma demande à Simon de partir vivre ailleurs. Emma se rapproche alors de l’architecte, Edward Monkford (une des pièces centrales du roman) et entame une relation amoureuse avec lui. Au moment présent, Jane s’installe et apprécie ce nouvel environnement, même si elle se pose pas mal de questions, notamment au sujet de la précédente locataire. Assez vite, comme Emma avant elle, Jane se retrouve à avoir une liaison avec Edward. Elle se rend compte également qu’elle partage une ressemblance physique troublante avec Emma, qui est apparemment décédée dans la maison, mais aussi avec la défunte épouse d’Edward. Edward qui est mystérieux, charmant et flippant tout à la fois : obsédé par la perfection et totalement « control freak » dans sa manière de vivre et de gérer ses relations. En parallèle à l’histoire (funeste) d’Emma dans la maison, le lecteur suit également Jane dans sa reconstruction et dans sa quête de vérité.

J’ai beaucoup apprécié ce roman, notamment le fait que quelque part, l’héroïne principale était peut-être cette fameuse maison, au 1 Folgate Street. Les deux locataires étaient également intéressantes, similaires sur certains points et diamétralement différentes sur d’autres. La manière dont les personnalités se révèlent est également bien gérée par l’auteur : pas trop d’informations à la fois mais suffisamment pour continuer à intriguer le lecteur.

the girl before delaney kindleDe plus, par un curieux hasard, une des héroïnes de l’histoire avait vécu à quelques pas de notre dernier appart londonien : la station de police de West Hampstead (devant laquelle je passais tous les jours) et notre ancienne rue, West End Lane sont mentionnées dans le roman, c’était d’autant plus prenant que je pouvais vraiment visualiser les lieux parfois :-) Pour ce qui est du 1 Folgate Street, j’ai évidemment regardé sur Google Maps et si l’adresse existe bien à Londres, elle n’est pas en réalité dans le quartier de Hendon (qui se situe au nord-ouest de Londres) mais juste à côté de Spitafields Market (un peu à l’est de la City). Voilà pour les détails géographiques passionnants !

Mon bilan : très très chouette lecture ! Le roman sera prochainement adapté au cinéma par Ron Howard, j’irai le voir avec plaisir : je pense que le potentiel visuel de cette maison rendrait superbement sur grand écran ! Il s’agit du premier roman publié sous le nom J.P. Delaney mais il semblerait qu’il s’agisse d’un pseudonyme pour un auteur déjà connu (Tony Strong, dont je n’avais jamais entendu parler avant :p). Ca rappelle un peu J.K. Rowling qui se cache derrière le nom Robert Galbraith pour nous emmener suivre les aventures de Cormoran Strike et de son assistante Robin Ellacott – ici, et encore – qui devraient arriver sur nos écrans de télévision pour la saison 2017-18). Toutes proportions gardées, bien évidemment.

 

Dear Amy

Tout récemment, j’ai lu Dear Amy, de Helen Callaghan. J’en avais entendu parler sur Goodreads (ou Instagram, je ne sais plus trop, je ne suis pas très douée pour me souvenir de mes sources :-)). Encore une fois, je dois avouer que cela fait quelque temps que je suis plus compliquée en termes de bouquins : dès que le livre m’ennuie, j’ai tendance à l’abandonner lâchement (en même temps, la vie est trop courte pour lire des livres ennuyeux :p). Du coup, j’ai en commencé quelques-uns sans aller bien loin dans l’histoire avant de tomber sur Dear Amy.

dear-amy-2-large

Du peu que j’en avais lu, l’intrigue m’avait déjà rapidement intéressée : la disparition de Katie, une adolescente de la région de Cambridge. Margot Lewis, une professeur d’anglais dans l’école secondaire de celle-ci, qui répond au courrier des lecteurs pour la rubrique « Dear Amy » dans les pages du Cambridge Examiner. Des lettres étranges qui lui parviennent à la rédaction, signée du nom de Bethan Avery, une jeune fille disparue dans des circonstances similaires il y a près de vingt ans et considérée comme morte par la police car jamais retrouvée. J’ai trouvé tout cela super Intrigant, et, la bonne nouvelle, c’est qu’au fil du roman, mon intérêt n’a pas faibli.

J’ai trouvé le roman vraiment bien rythmé, pas de passage ennuyeux à déplorer, pas de « remplissage ». La construction des personnages est intéressante également, avec suffisamment de points d’interrogation et de zones d’ombre pour que notre curiosité soit titillée juste comme il faut. Le fait que cela se passe en Angleterre m’a aussi énormément plu, ça m’a rappelé plein de chouettes (et récents :-)) souvenirs.

Il s’agit du premier roman d’Helen Callaghan, je pense qu’on peut dire qu’elle place la barre assez haut pour le prochain livre qu’elle publie ! Si vous recherchez un roman auquel on s’accroche, avec une héroïne intéressante que l’on n’a pas envie de secouer, foncez sur ce roman. J’ai trouvé l’intrigue originale et bien menée. Go !

The Ice Child

Me revoici après une petite pause :-) Si je n’ai pas écrit par ici pendant quelques semaines, cela ne m’a pas empêchée de lire quelques romans et de spammer mon compte Instagram, comme à mon habitude. D’ailleurs, il faudra que je vous parle prochainement de Vienne et de Lisbonne :-).

Ice ChildAprès le dernier article rempli de photos de Londres, le 17ème déjà (bientôt trois ans ici, l’air de rien), j’ai envie de revenir à mes premières amours et de vous parler d’une de mes lectures récentes, The Ice Child (en français Le Dompteur de Lions), le dernier roman de Camilla Lackberg, que j’aime beaucoup (comme vous le saviez déjà).

Encore une fois, on retrouve ses personnages fétiches, Erika Falck et Patrick Hedstrom, dans leur petit village suédois de Fjällbacka. Petit village que l’on commence à bien connaître et où il fait bon vivre (encore que la densité de crime par habitant est quand même sacrément élevée, donc personnellement, il faudrait me convaincre pour que je m’y installe). Un crime atroce a eu lieu : une jeune fille qui avait disparu depuis quelques mois réapparaît, sortie de nulle part, à moitié nue, dans la neige. Désorientée, blessée, mutilée, elle se fait renverser par une voiture sous les yeux de la propriétaire du club d’équitation voisin. La jeune fille, Victoria, est dans l’incapacité de parler et de donner des informations sur son ravisseur ou les circonstances de sa détention. Elle succombe rapidement à ses multiples blessures. La police n’a aucune piste à ce point de l’enquête. Ils essaient de travailler avec les équipes des villages proches afin de recouper les informations sur les disparitions similaires et chercher un point commun qui pourrait les mener au coupable.

De son côté, Ericka prépare son nouveau projet. Pour ce faire, elle rend visite à une meurtrière en prison, pour essayer d’obtenir de la matière pour son livre. Jusqu’à présent, elle ne tire absolument rien de la détenue, même si cette dernière accepte de la rencontrer, à chaque fois.

Comme à son habitude, Camilla Lackberg nous balade entre le présent avec l’enquête qui entoure Victoria et le passé où on suit une jeune femme (la détenue) qui rencontre un dompteur de lions, comment il abandonne tout cette vie de cirque pour elle, leur histoire d’amour et leurs enfants. Et comme à chaque fois, on attend impatiemment que l’auteure nous montre le lien entre le présent et le passé.

Cet épisode, même s’il m’a fait retrouver nos personnages fétiches avec beaucoup de plaisir, n’a pas été une révélation. L’intrigue est bien menée (on est dans du Camilla Lackberg, n’oublions pas :-)) mais pas assez : le lecteur peut voir les ficelles. Les choses ne se mettent pas en place de manière aussi fluide, aussi « logique » que ce qu’on attend d’un de ses romans. C’est malheureusement un peu trop tiré par les cheveux pour que j’aie pleinement apprécié ma lecture. Je ne sais pas si l’auteure s’essouffle ou si c’est moi qui en tant que lectrice me suis trop habituée aux petits tours de passe-passe de Madame Lackberg mais… Voilà, je suis plutôt mitigée. Venant d’elle, c’était un peu décevant, même si retrouver Ericka et Patrick reste toujours indéniablement un excellent moment.

Perfect People

perfect-peopleJe viens de terminer ce roman de Peter James, Perfect People (en français, Des enfants trop parfaits, sorti en juin chez Pocket). Je crois qu’il s’agit de ma seconde lecture de cet auteur seulement, j’ai lu un roman de lui très court l’an dernier je crois (Le crime parfait).

Dans Perfect People, on suit l’histoire de Naomi et John Klaesson, un couple vivant dans la banlieue de Los Angeles. Ils ont récemment perdu Halley, leur petit garçon de trois ans à la suite d’une maladie génétique dont ils portent tous les deux le gène. Ils ont réussi à se relever de ce deuil et envisagent d’avoir un autre enfant. Cependant, ils refusent de retraverser le même genre d’enfer et de faire subir à un être innocent toute la douleur qu’Halley a dû supporter. Ils choisissent donc de se rapprocher du Docteur Dettore, un généticien de génie reconnu (et assez décrié également) pour ses travaux en génétique. Pour une somme conséquente, ils « achètent » le choix d’éviter ce gène dans leur bébé à venir. Ils en profitent pour aussi indiquer qu’ils préfèrent un garçon. Puis, sur l’insistance du médecin, ils valident aussi quelques « améliorations » : facilité d’apprentissage, besoin de moins de sommeil, taille, etc. Cependant, ils s’estiment plutôt « sages » compte tenu de la liste impressionnante que leur propose le médecin, qui semble plutôt déçu de leurs décisions. Le traitement a lieu dans les eaux internationales, près des Caraïbes et de Cuba. Pendant un long mois, après leur arrivée en hélicoptère sur un bateau médicalisé, Naomi va subir un traitement hormonal de choc afin de garantir que l’embryon de leur futur petit garçon s’accroche le mieux possible. Après ce mois, ils retrouvent leur vie normale. Ou presque. Ils ne doivent pas en parler, car le monde n’est pas prêt à accueillir les « designer babies » du Docteur Dettore, seules la mère et la soeur de Naomi sont au courant. Au retour, leur gynécologue (qui ignore tout de la provenance du bébé) leur annonce qu’ils attendent une petite fille. Naomi et John sont sous le choc, car c’est contraire à une de leurs demandes principales à Dettore. Voulant prendre contact avec le médecin pour en parler, sans succès, Naomi et John apprennent avec stupeur que l’hélicoptère du médecin a été abattu en pleine mer, probablement par un groupe religieux autoproclamé « les Disciples du Troisième Millénaire ». En parallèle, la pression n’aidant pas, John, docteur en biologie, dérape légèrement (alcool aidant) lors d’une interview où il est censé parler de son service et de son travail. Le lendemain, la grossesse de Naomi fait la une du journal USA Today. Les journalistes campent devant leur maison. Mais ce n’est pas la plus grande menace. Ce qui leur fait vraiment peur, c’est l’exposition que cet article a donné à leur futur enfant. Surtout suite à plusieurs carnages de la main des « Disciples du Troisième Millénaire » frappant des familles ayant fait appel aux services du Docteur Dettore. Craignant pour leur sécurité et celle de leur enfant à venir, le couple décide de repartir en Angleterre, d’où est originaire Naomi. Parallèlement à tout cela, leur confiance dans le docteur Dettore s’effiloche dangereusement : ils se disent que si l’homme n’a pas été capable d’implanter un petit garçon au lieu d’une petite fille, qu’est ce qui leur prouve que le médecin n’a pas commis d’autres erreurs… Et s’il n’avait pas son propre agenda.

Ce roman m’a attirée pour le côté génétique qui me semblait prometteur. Sur certains aspects, j’ai trouvé cela vraiment intéressant et intriguant. Sur d’autres, j’ai trouvé que ça restait trop en surface, que finalement, l’auteur ne m’expliquait pas ce que je voulais savoir. Il soumet l’intrigue et laisse certains aspects sans suite, sans réponse. J’ai trouvé ça très frustrant, vraiment. L’impression qu’il m’a laissée entrevoir des choses, me poser plein de questions et puis il met un point final à l’histoire sans même y avoir accordé une seconde. Alors, je comprends le côté où il nous raconte l’histoire du point de vue de Naomi et John, mais ça ne justifie pas le manque d’information à mon goût. J’ai eu l’impression qu’il se cachait derrière ce point de vue justement pour ne pas se lancer dans des explications qui n’auraient peut-être pas eu de sens. Mais je n’aime pas que mes questions restent sans réponse. Vraiment pas. L’aspect fanatique religieux m’a également nettement moins interpellée, c’était vraiment un aspect « pauvre » du roman selon moi : l’histoire perdait tout son rythme sur ces passages. Quand aux passages où sont décrits les enfants issus de la clinique du Docteur Dettore, il y a un côté trop simplifié dans la manière de faire…

Bref, j’ai voulu arriver au bout par curiosité, ce roman se laisse lire sans problème mais l’intrigue m’a laissée sur ma faim. Donc, une petite déception. Et vous, vous l’avez lu ?

Maman a tort

Et hop, un nouveau Michel Bussi par ici, un ! Maman a tort est le tout dernier roman de l’auteur publié aux Presses de la Cité.

Après nous avoir baladés dans le Jura, sur l’île de la Réunion, et à Giverny, Monsieur Bussi nous emmène cette fois en Normandie, au Havre plus précisément. On découvre Vasile, un psychologue scolaire, étrangement inquiet du comportement d’un enfant de 4 ans. Tellement inquiet qu’il décide d’en parler à la police. Les flics qui sont bien occupés à essayer de boucler l’enquête sur un braquage sanglant qui s’est produit quelques mois auparavant. Ils savent le suspect principal blessé et sont sur le qui-vive. Mais le psy est mignon, la commandante Marianne Augresse y est sensible (l’horloge biologique, tout ça : elle cherche le papa de ses futurs gosses). Elle choisit donc de consacrer un peu de temps à son histoire : Malone, presque 4 ans, prétend que sa mère n’est pas sa mère et raconte des histoires invraisemblables issues des conversations qu’il dit avoir avec Gouti, son doudou.

Maman a tort BussiEncore une fois, le talent de Bussi est de tisser une toile d’araignée complexe, dans laquelle le lecteur s’enchevêtre tout doucement, l’air de rien, avant le dénouement final. L’auteur a choisi de faire de la mémoire de l’enfant la pierre angulaire du récit, en y annexant les points de vue des uns et des autres. Vasile, qui pressent un danger autour de l’enfant, les parents de Malone, qui ne voient pas d’un bon oeil qu’on essaie de leur prendre leur enfant (c’est comme ça qu’ils voient les choses), la commandante, écartelée entre ses enquêtes et son horloge biologique, sa meilleure copine, Angie, ses collègues, le suspect principal du braquage, la ville du Havre, etc. Passionnant et intrigant, comme à chaque fois.

Il ne s’agit pas de mon roman préféré de l’auteur, ce titre étant partagé entre Un avion sans elle et Nymphéas noirs, mais Maman a tort est très intéressant et très plaisant à lire. J’ai mis des semaines à lire Maine, j’ai dévoré Maman a tort en trois jours et là, je suis repartie sur The Time Traveller’s Wife et, même si j’apprécie, je n’avance pas bien vite (en même temps j’ai la tête à moitié dans des guides de voyage pour l’instant, ça n’aide pas à avancer rapidement dans un roman).

J’ai encore N’oublier jamais à découvrir, qui m’attend sagement sur mon Kindle (avec mon immense pile de livres à lire qui y traîne également). Cela ne devrait pas tarder :) Bonne journée à vous !

The Girl on the Train

Paula Hawkins - The Girl on the TrainTout récemment, après l’avoir vu dans des tas de librairies, je me suis lancée dans la lecture de The Girl on the Train, de Paula Hawkins.

Etrangement, ce roman tombe à point : pour mon nouveau job, je prends le train depuis Londres chaque matin et chaque soir : j’ai rejoint les « commuters » anglais. Et l’intrigue de The Girl on the Train surfe là-dessus. Et pas qu’un peu. Pour tout dire, ces « commuters » (on dirait navetteurs en Belgique) sont même remerciés à la fin du roman pour avoir inspiré l’auteur.

Rachel est une épave. Avant, elle était heureuse, mariée à Tom, un homme exceptionnel. Ils vivaient dans une jolie maison qui donnait sur le chemin de fer. Elle adorait regarder les trains passer… Puis, ça a commencé à dégénérer : elle n’arrivait pas à tomber enceinte et le vivait extrêmement mal. Peu à peu, elle a sombré dans l’alcool, l’agressivité, la dépression. Suite à cela, Tom s’est éloigné et a eu une aventure avec Anna. Depuis, il l’a épousée et ils ont eu ensemble une petite fille, Evie. A chaque fois qu’elle les aperçoit, Rachel a le coeur qui se déchire. Parce que de son côté, elle a touché le fond : alcoolique, sans travail, elle prend le train chaque jour jusque Londres puis rentre chez elle le soir après avoir flâné, erré sans vrai but toute la journée. Tout ça pour faire penser à Cathy, sa colocataire/propriétaire, qu’elle a toujours un job. En vrai, elle s’est fait licencier plusieurs mois avant. Un repas avec un client qui a mal tourné. Elle était saoule, encore.

A chaque voyage en train, elle repasse derrière sa rue. Derrière sa maison. Elle peut y voir Anna. Elle s’est également attachée à une maison voisine : celle d’un couple qu’elle a surnommé Jess et Jason. Un matin, après une soirée où elle a encore traîné dans ce quartier, pour parler à Tom, malgré une interdiction de la police de s’approcher de chez eux (Anna a peur de Rachel à proximité de sa fille et a déjà déposé plainte suite à un incident), elle se réveille dans le passage souterrain de la gare. Blessée à la tête, la gueule de bois, ensanglantée, mais en bon état. Elle n’arrive pas à se souvenir de ce qui s’est passé la veille. Elle se rappelle avoir bu dans le train, avoir trébuché en sortant de la gare, avoir été aidée par un homme roux. Mais c’est tout. En lisant le journal, quelques jours après, elle se fige. Une photo de Jess la dévisage : la jeune femme a disparu depuis ce soir-là, celui dont elle ne se souvient pas. Rachel est certaine que quelque chose d’utile se cache dans sa mémoire mais est incapable de mettre le doigt dessus. Elle essaie de se rapprocher de la police, du mari de Jess (dont le vrai nom est Megan)… Mais elle est considérée comme un témoin peu fiable en raison de son addiction à l’alcool.

Très addictif, ce roman était vraiment une chouette lecture. Le lecteur voit la situation depuis les points de vue respectifs de Rachel, Anna et Megan, le tout à des moments différents du passé et du présent. Le fait que Rachel ait des soucis d’alcoolisme et essaie tant bien que mal de s’en sortir (avec une volonté fluctuante, le gin tonic gagne parfois le duel) fait que sa partie du récit est parfois plus floue. C’est également ce narrateur peu fiable qui rend le roman intéressant, qui nous permet d’avancer en tâtonnant. Je vous recommande ce roman, une chouette découverte (comme quoi les listes de best-sellers sont parfois peuplés de bouquins sympas :-)). Dernière petite note : ce roman a été pas mal comparé à Gone Girl (Les Apparences), de Gillian Flynn, ainsi qu’au style de S.J. Watson, pour les rebondissements de l’intrigue. Personnellement, je l’ai nettement préféré à Gone Girl, que j’avais trouvé extrêmement froid. Pour la version française, il faudra attendre mai 2015 pour une parution chez Sonatine.