Le Prédicateur

21253404_2298804Depuis Fifty Shades of Grey et cie, j’ai été prise d’une frénésie de lecture. Entre mon article sur mon premier roman de Camilla Läckberg, La Princesse des glaces, et le moment où j’écris ces lignes, j’ai lu les trois romans qui l’ont suivi : Le prédicateur (dont je compte vous parler aujourd’hui), Le tailleur de pierre et L’oiseau de mauvais augure, que je viens de terminer à l’instant. Une vraie machine de guerre. Et je ne compte pas m’arrêter en si bon chemin : L’enfant allemand va très très vite être entamé et La sirène va suivre très rapidement. Probablement ce soir :)

J’ai l’impression d’avoir retrouvé la partie de moi assoiffée de lecture. C’est vraiment génial. Je pense que E.L. James, malgré la qualité discutable de son écriture, a réveillé mon instinct de tourneuse de pages. Enfin, ça et la qualité des intrigues de Camilla Läckberg mêlée à ma phase « thriller ».

Avant tout et pour un peu situer les choses, je vous propose la liste des romans de la série « Erica Falck et Patrick Hedström » extraite en droite ligne de la page Wikipédia de l’auteur.

  1. La Princesse des glaces, Actes Sud, 2008 ((svIsprinsessan, 2003)
  2. Le Prédicateur, Actes Sud, 2009 ((svPredikanten, 2004)
  3. Le Tailleur de pierre, Actes Sud, 2009 ((svStenhuggaren, 2005)
  4. L’Oiseau de mauvais augure, Actes Sud, 2010 ((svOlycksfågeln, 2006)
  5. L’Enfant allemand, Actes Sud, 2011 ((svTyskungen, 2007)
  6. La SirèneActes Sud, 2012 ((svSjöjungfrun, 2008)
  7. Le Gardien du phare, Actes Sud, 2013 ((svFyrvaktaren, 2009) (À paraître le 5 juin 2013)
  8. (svÄnglamakerskan, 2011

Le roman dont je vais vous parler aujourd’hui est donc le deuxième de cette série, intitulé Le prédicateur. Le squelette de ce roman correspond parfaitement à la trame que j’ai commencée à percevoir chez l’auteur : un meurtre dans le présent lié à un événement du passé. On nous raconte les deux histoires en parallèle et tout doucement, le lien ténu entre les deux se dessine sous les yeux du lecteur. Cette fois, on retrouve le cadavre d’une jeune fille allemande à Fjällbacka, dans la brèche du Roi, dans les rochers. Son corps comporte de nombreuses fractures récentes, certaines ayant commencé à cicatriser. Et sous sa dépouille, la police découvre deux autres squelettes, beaucoup plus anciens. Après analyses, ils s’avèrent appartenir à deux femmes disparues près d’un demi-siècle auparavant. Et ils présentent des fractures similaires…

L’enquête de Patrick Hedström (j’ai du mal avec l’orthographe des noms propres suédois, vive les copier-coller :p) et de la police de Fjällbacka les entraîne vers la famille Hult, la famille de feu Ephraïm, dit « le prédicateur ». L’homme avait pour habitude de magnétiser les foules avec ses deux fils, Johannes et Gabriel. Les deux enfants étaient dotés de pouvoirs guérisseurs, qui disparurent à l’adolescence. Après l’étrange suicide de Johannes une fois adulte, la famille Hult se divisa en deux groupes distincts et remplis d’animosité l’une envers l’autre : la famille de Gabriel d’une part et celle de la veuve de Johannes d’autre part, dont les destins restèrent étrangement liés.

En parallèle, on suit la progression de l’histoire d’amour née dans La Princesse des glaces entre Patrick et Erica, qui est à présent enceinte de lui. Cette partie garde toujours beaucoup d’intérêt, notamment car ces personnages sont, à mon goût, très attachants.

Ce n’est pas le thriller de l’année (je ne sais vraiment pas lequel cela pourrait être, en même temps…) mais j’ai apprécié l’originalité de l’intrigue (certaines choses sont cependant un peu prévisibles, ou en tous cas, je les avais vues arriver). Cependant, j’ai été dépaysée et bien distraite par cette lecture et j’aime toujours autant (même après quatre livres :)) la manière dont Camilla Läckberg dépeint la Suède ! Bref, si vous ne les avez pas lu, GO !

Faute de preuves

Cela faisait très longtemps que je n’avais pas lu de roman d’Harlan Coben. Comme tout le monde (enfin je pense :)), j’ai eu ma phase de lecture intensive de cet auteur. J’ai commencé par Ne le dis à personne, sorti en 2001 aux USA et en 2003 pour la version poche en français (chez Pocket) (et adapté par la suite au cinéma par Guillaume Canet). Bref, je ne suis pas là pour vous raconter ma vie non plus (enfin, un peu quand même mais bon) mais pour vous parler de Faute de preuves.

9782266221320Alors, cette fois, pas de Myron Bolitar au casting : c’est un roman « hors série », comme le dit si joliment (ou pas) la page Wikipédia de l’auteur. L’histoire : d’une part, nous avons Wendy Tines, une journaliste de télévision dont la spécialité est de piéger en direct des prédateurs sexuels. Sa nouvelle cible : Dan Mercer, un type apparemment plutôt sympathique, divorcé, un peu isolé mais qui s’investit énormément dans son travail d’éducateur auprès d’adolescents. Wendy a décidé de le faire tomber pour pédophilie après avoir obtenu des informations d’une jeune fille. D’autre part, on a la disparition inquiétante d’une jeune fille de 17 ans, bien sous tous rapports : excellents résultats scolaires, populaire, sérieuse, capitaine de l’équipe de lacrosse. Bref, la fille parfaite. Après plusieurs mois de recherches, on finit par retrouver son iPhone dans une chambre de motel au nom de Dan…

Encore une fois, Coben tisse sa toile comme une araignée. Efficace, sa construction est prenante et très rythmée. Le lecteur ne sait que penser : Dan était-il le pédophile qu’on dépeint, qui se cachait sous des dehors de mec bien… Ou alors tout cela est une mise en scène, et si oui, orchestrée par qui et pourquoi ? Wendy va devoir remonter dans le passé pour trouver des réponses, à ses risques et périls.

Alors, comme tous les Coben ou presque, celui-ci ne sort pas du lot, ne laisse pas un souvenir impérissable mais il fait son job : nous tenir en haleine, nous faire passer un bon moment et nous passionner pour cette enquête, cette disparition. Je n’ai pas forcément été fan des explications finales mais bon, il faut de tout pour faire un monde.

Pour la petite histoire, j’ai acheté ce bouquin à Barcelone, de désespoir. Au cas où vous ne me suivez pas sur Twitter ou Facebook, on nous a volé la totalité de nos bagages lors de notre arrivée à Barcelone pour un court séjour… On a posé nos valises dans notre appart de location, on a filé manger un Whopper au Burger King et puis en rentrant, on a trouvé la porte ouverte et les bagages disparus. Très très sympa pour débuter un séjour du bon pied. J’avais embarqué Le secret de Jasper Jones mais je n’avais lu que quelques pages dans l’avion… Depuis, il a donc fait son grand come-back sur ma whishlist Amazon :p Et donc, en lieu et place de ce roman, j’ai pioché ce thriller à la Fnac de la Plaça de Catalunya (en même temps qu’un nouveau chargeur pour nos iPhones). Voilà :) A très vite pour la suite de notre voyage aux USA (dont j’ai enfin réalisé l’album via le site Photobox et il est juste superbe :)).

Tes dernières volontés

51JuEInqbhL._SL500_Sur les conseils d’un libraire, j’ai acheté et lu très rapidement Tes dernières volontés, de Laura Lippman (paru en poche chez Points). C’est l’histoire d’Eliza Benedict, une jeune femme de Nouvelle-Angleterre. Mariée à un journaliste, maman d’une adolescente, Iso, et d’un petit garçon adorable, Albie, elle vit avec un lourd passé. A l’âge de 15 ans, alors qu’elle se promenait seule, Elizabeth Lerner a été enlevée par Walter Bowman, un jeune homme qui avait déjà tué enlevé et tué au moins une jeune fille. Après plusieurs semaines d’enlèvement, un viol et beaucoup de menaces, l’homme fut arrêté et Elizabeth enfin libérée. Entretemps, il avait également enlevé et tué une autre jeune fille, Holly Tackett. Le roman démarre sur la vie normale de la petite famille Benedict, leur routine depuis leur retour d’Angleterre, etc. L’élément perturbateur : une lettre trouvée par le petit Albie destinée à sa mère. Une missive de Walter Bowman. Isolé dans le couloir de la mort, le psychopathe revient vers son ancienne victime, la seule qu’il a laissée en vie, afin de lui présenter ses excuses et de la revoir pour parler de certaines choses…

Le roman alterne les points de vue entre la jeune Elizabeth Lerner et l’adulte Eliza Benedict (la jeune fille a choisi de raccourcir son prénom après son enlèvement, afin de pouvoir recommencer à zéro dans sa nouvelle école). On vit l’enlèvement, on comprend la manière qu’a eue l’adolescente pour essayer de survivre : s’effacer, se soumettre, ne pas irriter son ravisseur. On voit également l’emprise que Walter Bowman a eue sur la jeune adolescente. On découvre la victime suivante, Holly, et la manière dont se sont déroulés ses derniers moments. En parallèle, on suit la vie routinière d’Eliza, qui galère avec sa fille adolescente : problèmes scolaires, etc. et qui tente de gérer la tentative de contact de Walter et les assauts de Barbara Lafortuny, une bénévole de la prison, un peu dérangée, résolument contre la peine de mort et soutien de Walter. La mère d’Holly revient également à la charge, peu avant l’exécution de Walter, en apprenant qu’Eliza est à nouveau en contact avec le meurtrier de sa fille… Elle reste persuadée qu’il y avait quelque chose entre Eliza et Walter, qui expliquerait qu’il lui ait laissé la vie sauve…

Ce que je vais reprocher à ce roman, qui ne m’a pas totalement convaincue, c’est qu’au fil des pages, on s’attend à ce que quelque chose arrive, une confrontation, une révélation… Bref, quelque chose. Et malheureusement, on attend un peu pour rien. On perd beaucoup de temps pour des passages peu intéressants, les personnages ne sont pas passionnants, on n’accroche pas suffisamment à l’histoire… Il manque un truc pour que ce bouquin soit bon. C’est dommage, l’idée de se concentrer sur une victime unique survivante était super intéressante et aurait pu être géniale… Si elle avait été mieux exploitée.

Les monstres de Sally

Toujours plongée dans ma période « thrillers en intraveineuse », j’ai découvert Les monstres de Sally, de Sophie Hannah, dans les sorties poches d’une librairie. Pas mon meilleur choix, comme vous allez le voir.

La quatrième de couverture était plutôt alléchante, même si elle avait un léger parfum de déjà vu. Sally, jeune femme comme les autres, blabla. En passant, le résumé indique qu’elle a trois enfants et, sauf erreur de ma part, elle n’en a que deux (Zoé et Jake) [soit-dit en passant, pas bien, hein, Le Livre de Poche ! ;p] Bref, Sally est débordée entre son job et son rôle de maman. Un soir, devant la télé, elle apprend la mort d’une femme et de sa petite fille, Géraldine et Lucy, vivant dans le même village anglais. Le mari et père éploré apparaît à l’écran. Sauf que Sally a eu une aventure avec un homme se disant le mari de Géraldine un an auparavant… Et que ce n’était définitivement pas le même type. En panique, elle ne comprend pas ce qui lui arrive, elle se fait pousser sous un bus mais s’en sort, par chance. Elle entreprend de mener sa petite enquête… Avant de se retrouver prise au piège…

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Je ne sais pas trop vous dire pourquoi, mais ce roman ne m’a pas du tout convaincue. J’ai accéléré la fin pour m’en débarrasser, même. Les personnages, que ça soit les victimes, les suspects ou les enquêteurs, ne sont pas assez poussés. On ne nous en dit pas assez pour que ces gens nous intéressent vraiment… D’abord, deux flics, Charlie et Simon, un pseudo couple assez bizarre sur lequel on ne nous dit quasiment rien. Sally, le personnage central, finalement on se fiche un peu de ce qui va lui arriver (en plus, dans le genre instinct de survie, elle a eu une réaction qui m’a énervée au possible… ça m’a rappelé l’aspect idiot de la fin de Paul et Virginie, « plutôt me noyer que de songer à enlever mon jupon »). Alors peut-être est-ce parce qu’on est censés les connaître à partir d’un autre roman de l’auteur, je ne sais pas (dans ce cas, elle pourrait au moins introduire un peu les choses histoire d’alpaguer le nouveau lecteur, enfin, ça serait intelligent). Mais en tous cas, à part comprendre qu’ils sont tordus, on n’a aucune information réelle. Les victimes, pareil, on ne gratte pas assez, ça reste trop superficiel. Revenons aux flics. En dehors du couple bizarre, j’ai passé mon temps à m’emmêler les pinceaux entre les gens : Sam, Simon, Norman, etc. Parfois les gens sont appelés par leur prénom, parfois par leur nom de famille… C’est le flou total. Et jackpot, on nous mentionne des faits mystérieux datant de l’année précédente, mais pourquoi on nous expliquerait les choses, hein ? Franchement. Je n’avais jamais vraiment été victime de ce syndrome du « qui est qui? » mais là, j’ai enfin compris ce que peuvent ressentir les gens qui ont ce problème. Cela ne m’a pas aidée à me rattacher à l’histoire, j’étais en plein décrochage.

L’intrigue aurait pu être bonne mais les ficelles sont grosses, les explications et les mobiles sont insuffisants à mon goût et les personnages trop creux, pas attachants, et puis surtout, on se fiche un peu de ce qui va leur arriver… Bref, je ne relirai pas cet auteur et je ne vous la conseille pas vraiment non plus. Après vous faites ce que vous voulez, hein… :p Peut-être que son premier roman est meilleur, qui sait…

Sauver sa peau

Après avoir découvert Lisa Gardner avec La maison d’à côté, je n’ai pas résisté longtemps à l’appel d’un autre de ses romans (et je peux déjà vous dire que ce n’est que le début d’une belle histoire : ses autres bouquins ont tous atterri sur ma wishlist Amazon :)). C’est Sauver sa peau qui a été ma seconde lecture de cet auteur. Je vais vous gâcher le suspense mais j’ai littéralement adoré ce bouquin. Vous savez, c’est le type de livre où on est tellement pris dans l’histoire qu’une partie de nous voudrait qu’il ne se termine jamais… Malheureusement pour moi, je l’ai lu très vite :p Bref, je vous raconte.

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Annabelle Granger avait une vie de petite fille de 7 ans plutôt sympa : des parents aimants, une vie tranquille dans la banlieue de Boston, un papa professeur au MIT, une meilleure amie qui vivait dans la maison voisine. Puis un jour, la fuite a commencé. Tout a débuté par des petits cadeaux déposés devant la porte de leur maison et destinés à la petite fille. Elle, ça lui faisait plaisir, mais son papa voyait rouge à chaque fois. C’est quand elle a reçu un pendentif gravé à son nom en cadeau et que la cache d’un voyeur a été découverte dans le grenier de la maison d’une vieille dame du voisinage que la stabilité de sa vie s’est véritablement fendillée… De Boston, ses parents ont fui en Floride, puis ils ont changé d’Etat environ tous deux ans. Annabelle (devenue par la suite et dans le désordre Lucile, Cindy, Sally, Tanya) s’est faite à cette vie. Rentrer de l’école et retrouver ses parents, l’attendant auprès des valises, prêts pour fuir une nouvelle fois, c’était un peu sa routine. Son père l’entraînait à se défendre, à résister à des enlèvements, à avoir de bons réflexes… Après avoir perdu sa mère, le père et la fille finissent par revenir à Boston. Quelques années plus tard, le père d’Annabelle meurt lui aussi, fauché par un taxi. Annabelle choisit alors de rester à Boston, se partageant entre un emploi chez Starbucks et le lancement d’une société de création de rideaux et décorations. Mais la petite fille, même une fois devenue adulte, n’a jamais eu de réponse à ses questions sur ce que sa famille fuyait depuis si longtemps.

Un jour, elle apprend aux infos qu’une tombe multiple a été découverte sur le site de l’ancien hôpital psychiatrique de Boston. Dans cette cache, six cadavres de petites filles en momification naturelle. L’un d’eux a été possiblement identifié grâce à un pendentif au nom d’Annabelle Granger.  Le pendentif qu’elle avait reçu et qu’elle avait offert à sa meilleure amie Dori suite à la colère de son père. Sous son nom d’emprunt, elle se présente au commissariat pour leur révéler sa vraie identité (sans la moindre preuve autre que sa bonne foi) et replonge ainsi dans l’histoire de sa famille et de cette fuite constante. Assez sceptiques au départ, les flics la croient assez rapidement et elle est entraînée malgré elle dans cette enquête où se mêlent passé et présent…

Alors, comme dit plus haut, j’ai littéralement adoré ce roman ! J’ai été tenue en haleine tout le long, j’ai retenu ma respiration avec Annabelle et frémi avec elle. La plongée dans le passé était très intéressante, passionnante. L’histoire de la famille d’Annabelle, l’enquête sur cet horrible tombeau, les personnages, tout était excellent ! Le commandant D.D. Warren, que j’avais rencontrée dans La maison d’à côté, a encore une fois réalisé un sans faute. Bon bon, vivement le prochain ! Vous avez des conseils ? :)