Parfum de glace

Je vous ai parlé quelques fois déjà de Yoko Ogawa, auteur japonaise que j’aime beaucoup (j’ai encore quelques livres d’elle à découvrir dans ma pile à lire mais je vous ai déjà conseillé La formule préférée du professeur, par lequel j’ai pu la découvrir, et L’annulaire). Aujourd’hui, c’est son roman Parfum de glace que je vais vous présenter…

Ryoko, journaliste indépendante, est en couple avec Hiroyuki, maniaque créateur de parfums. Le lendemain du jour où il lui offre un parfum qu’il a composé pour elle, « Source de mémoire », on le retrouve mort dans son laboratoire : il s’est suicidé en avalant de l’éthanol anhydre. Après sa mort, Ryoko découvre peu à peu des pans entiers de la vie de son son compagnon dont elle ignorait tout : génie des mathématiques, prodige en patinage sur glace, une famille bien vivante, contrairement à ce qu’il affirmait, etc. Son curriculum vitae était une suite de pures inventions, comme tout le reste. Ryoko sympathise alors avec le frère de son compagnon, Akira, rencontré à la morgue. Celui-cii lui offre l’occasion de rencontrer sa mère, de voir où Hiroyuki a grandi, et de doucement commencer à cerner les raisons qui ont pu pousser le jeune homme à commettre l’irréparable. Par la suite, elle va entamer un étrange voyage, qui va suivre pas à pas une liste mystérieuse laissée par Hiroyuki et l’entraîner jusqu’à Prague et au gardien des paons…

Entre rêve et réalité, Yoko Ogawa nous plonge encore une fois dans un univers dont elle seule a le secret, quelque part entre douceur, tristesse, mélancolie et calme. Parfum de glace, c’est l’odeur de la patinoire. C’est ce roman, doux, feutré, qui nous entraîne dans une quête, dans l’histoire d’une jeune garçon, de concours de mathématiques, d’orchidées, de patinage, de trophées, mais tout simplement aussi, d’une famille déchirée…

Très joli roman de l’auteur, sur le deuil, sur notre connaissance de nos proches, les obsessions… Même si mon préféré reste La formule préférée du professeur.

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Nouvelles en vrac !

Comme en ce moment, j’ai pas mal de temps libre, je m’occupe à plein de choses super passionnantes : je rattrape mon retard en séries pour combler le vide que la fin de saison a laissé (bientôt : Six Feet Under et Happy Endings, notamment, puis Pretty Little Liars recommence ce soir), j’essaie de lire les livres sur ma pile à lire (voir photo d’il y a un petit mois ici) en essayant de lire plus de livres que ce que j’y ajoute (pour l’instant, c’est un échec :p La pile monte, monte, monte…), je regarde des films que je n’avais pas forcément le temps de voir avant (Iron Man 1 et 2, You Again (<3), Nick and Norah’s infinite playlist (<3), My sassy girl, etc.), tout ça…

Alors, comme vous avez pu le constater, le blog a désormais une page Facebook (si si) et ça serait super sympa et grandiose si vous pouviez la rejoindre :) Elle est ici ! Grâce à elle vous pourrez suivre l’activité du blog mais également d’autres petites choses :) Comme l’actualité de mon Tumblr quand elle y trouvera sa place.

Sinon, suite au blog post de Laura, j’ai commandé une housse pour mon pc portable sur la boutique Etsy de Bertie’s Closet. J’ai hâte de la recevoir ! J’ai craqué sur le même tissu, à savoir celui avec les pommes vertes. Je le trouve empli d’un petit charme vieillot, j’adore !

En termes de livres, je suis plongée (pour les dernières pages) dans Parfum de glace, de Yoko Ogawa. Très très sympa, avec l’atmosphère particulière propre à l’auteur. J’ai vu que le Chuchoteur de Donato Carrisi était sorti en poche, aussi. Ce thriller m’avait bien tentée déjà lors de sa sortie en grand format. Je vous parlerai de tout cela très bientôt par ici.

Et musicalement, je suis plongée dans pas mal de choses mais principalement dans les 6 albums de Glee (en bonne fan de la série :p) ! Ma préférée du moment, Go your own way, par Rachel Berry (reprise de Fleetwood Mac).

L’annulaire

Je vous ai déjà dit que j’aimais beaucoup la littérature japonaise? J’avais commencé par Kitchen, de Banana Yoshimoto. Une vraie révélation. J’avais ensuite lu d’autres romans de cet auteur, mais ils étaient à chaque fois moins bien. J’ai ensuite tenté Shûsaku Endô, Yukio Mushima. Mais ce n’était encore pas pareil.

Puis, j’ai craqué sur La formule préférée du professeur, de Yoko Ogawa. Du coup, j’ai retenté cet auteur, notamment avec Parfum de Glace (que j’ai oublié dans un avion, et que je vais reprendre ces jours-ci). Entre-temps, j’ai lu L’annulaire.

Il s’agit d’un roman très court, une petite centaine de pages, qui se lit rapidement et dont l’univers vous happe. Une jeune femme, ouvrière dans une usine de limonade, quitte son travail suite à un accident et devient secrétaire dans un laboratoire de spécimens. Elle a perdu un petit morceau de son annulaire dans une cuve pleine de limonade et, traumatisée, a quitté son précédent emploi. Un seul homme s’occupe de créer les spécimens, à la demande des clients. Cela peut aller de petits champignons à des os d’oiseaux. Les clients viennent et déposent leur bien au laboratoire, qui en crée alors un spécimen. La jeune fille a une relation étrange avec le maître des lieux. Une fascination, renforcée encore par la paire de chaussures que lui offre l’homme et leurs rencontres dans la salle de bain.

L’annulaire est un livre indescriptible, avec une atmosphère particulière. J’ai adoré. Le lecteur se retrouve baladé dans l’histoire, à essayer de comprendre ce qu’est réellement un spécimen, la relation naissante entre les deux principaux personnages, l’ambiance. Ce roman est étrange et c’est ce qui fait tout son charme.

La formule préférée du professeur

Après ma folle lecture de la tétralogie vampirique Twilight, je me suis plongée dans un roman japonais de Yoko Ogawa, La formule préférée du professeur, oscillant entre mathématique et base-ball. Brusque changement de style, n’est-ce pas? Découvert au détour d’un rayon de la librairie Filigranes, avec un joli coeur apposé sur la couverture, clamant « pur plaisir », ce roman a égayé quelques bonnes heures de trajet en tgv (huit, pour être précise, mais il faut y ajouter presque trois heures de train « normal »).

Orchestré de main de maître autour de la thématique des chiffres, il narre l’histoire croisée de personnes qu’au départ, rien ne lie : une aide-ménagère, son fils et un vieux professeur de mathématique à l’université. Ou une jeune femme sympathique et curieuse,un jeune garçon de dix ans très éveillé et un monsieur âgé passionné mais avec un lourd handicap, conséquence d’un accident de voiture : sa mémoire à court terme se réduit à 80 minutes. Tous les matins recommence le rituel des présentations, avec les mêmes questions, les mêmes réponses, les mêmes histoires. Et pourtant, une étrange amitié se noue entre les trois personnages, un sentiment très fort. Ensemble, ils évoluent dans un monde de nombres premiers, de nombres parfaits, de nombres triangulaires, entourés par la formule d’Euler, etc. Le professeur leur ouvre les portes du monde merveilleux des secrets des chiffres et tant la mère que le fils sont conquis. Et le lecteur également.

On se prend au jeu, à comprendre la magie magnifique des nombres décrite dans le livre, à presqu’apprécier le base-ball, à ressentir plein de choses et à s’attacher aux personnages. Au fil des pages, on découvre quelques pans de la vie du professeur, sa vie d’avant l’accident. Le livre ne se centre pas sur le pourquoi de son handicap, ni sur les difficultés à s’insérer dans le monde avec une mémoire à ce point malade. La formule préférée du professeur s’intéresse surtout aux relations entre les gens, à la manière qu’ont Root (surnommé ainsi par le professeur en raison de la forme de son crâne, qui fait apparemment penser à une racine carrée) et sa mère de gérer la « maladie » du professeur et à l’attachement entre ces personnes qui grandissent ensemble.

C’est un roman hors du temps que nous offre Yoko Ogawa, avec l’histoire de ce monsieur qui se croit toujours en 1975, qui pense que le grand joueur de base-ball Enatsu est toujours au sommet de sa carrière, alors qu’il est retraité et gros.  Un professeur qui chaque matin doit redécouvrir et accepter sa maladie sous la forme d’une note épinglée à sa veste (parmi des tas d’autres) indiquant « ma mémoire dure 80 minutes ». Empreint de beaucoup de douceur et de calme, ce livre revêt également la poésie typique aux romans japonais que j’affectionne. Je ne peux que vous le recommander.

Et un petit détail tout bête… J’adore les livres de la collection Babel d’Actes Sud pour la texture satinée très douce de leurs couvertures… Pas vous? :-)