Trois ans au Royaume-Uni : « petit » bilan

A l’heure où je publie ces lignes, je suis installée sur mon joli bureau Ikea dans notre appartement du quartier Sunnyside (ou Ingleside, ça dépend de comment on regarde le plan et aussi de quel plan on regarde, mais ceci est une autre histoire), à San Francisco. J’ai écrit la toute première ébauche de cet article fin août 2016, alors que nous étions encore noyés sous les devis des déménageurs, les assurances et les joies administratives diverses et variées. Notre dernier jour au Royaume-Uni s’approchait à grands pas, et nous n’avions pas encore de vraie certitude sur notre point d’arrivée (les joies des visas : nous attendions encore notre rendez-vous à l’ambassade des US) après les quelques semaines prévues en Europe. Ce nouveau départ avait un côté doux-amer car, même si on avait hâte de démarrer une nouvelle vie en Californie, on avait vraiment beaucoup aimé vivre à l’anglaise et être Londoniens pendant trois belles années ! Le mode nostalgie était déjà enclenché avant même notre départ :-)

J’ai aimé l’ordre, le sourire des gens, le respect de l’autre, le fait que je me suis rarement sentie en danger, quelle que soit l’heure, en rue ou dans les transports. Toutes ces nourritures différentes, ces cultures diverses. Baigner dans la langue anglaise et le joli accent britannique. Commencer à comprendre diverses variations de celui-ci (à notre arrivée, on ne comprenait juste rien à l’accent écossais – la première fois qu’on a regardé un épisode de Dr Who restera longtemps gravée dans ma mémoire). Me faire appeler « love » ou « darling » par le postier, la caissière, la pharmacienne sans que ça soit lourd ou oppressant. Trouver ça bizarre au début puis apprécier cette gentillesse gratuite. Adorer flâner dans les librairies, avec ces couvertures souvent super jolies (surtout vis à vis de la trop fréquente austérité, trop sérieuse et terne, des éditions francophones).

Je ne vais pas vous faire un compte rendu au niveau de l’administratif (qui n’est pas excessivement pénible), des soins médicaux (en résumé : tout est gratuit mais le suivi est moins efficace, les délais sont plus longs et ils vont faire moins d’examens car le NHS n’a pas assez de moyens pour cela), de la recherche d’emploi ou autre. Vous trouverez ça ailleurs et certainement beaucoup mieux fait que ce que je pourrais vous fournir. Et puis, avec le Brexit et l’activation de l’article 40 par Mrs. May, tout cela risque rapidement de se retrouver incorrect. Par contre un petit bilan touristique, ça :-) Je dis oui !

En arrivant ici en 2013, on n’avait pas d’idée précise. Pour tout dire, « refaire un week-end à Londres » (j’y étais allée une première fois l’été 1994 et une seconde fois en janvier 2007 #memories) était sur ma wishlist d’anniversaire depuis environ deux ans. Puis la question d’y emménager s’est posée, on a sauté sur l’opportunité et on est arrivés. Tout ça en moins de trois mois, juste dans la foulée de notre mariage (l’opportunité, la décision et le déménagement). J’aime tellement cette idée qu’un endroit qu’on voit comme un endroit méconnu, exotique puisse devenir « la maison ». On a remis ça ici à San Francisco d’ailleurs, c’est toujours aussi magique comme sensation :-) A l’époque, je résumais un peu la ville à ses poncifs : Big Ben, Tower Bridge, Hyde Park, Buckingham, etc.  Trois ans plus tard, ma vision de la capitale britannique a bien changé (en mieux). Et j’ai envie de vous faire un petit bilan de Londres et du Royaume-Uni (y compris les grands classiques, ce qu’on a eu l’occasion de visiter mais aussi ce qu’on a pas eu le temps de faire cette fois :-)) !

London Calling!

Tout le monde veut voir Big Ben et Westminster Abbey ! Avant tout, pour avoir le droit monter dans l’Elizabeth Tower et voir Big Ben, il faut être résident anglais et prendre contact avec son élu de quartier pour faire une demande et trouver une date disponible. Autant vous dire qu’on ne l’a jamais fait (même si l’idée nous a traversé l’esprit). Pour House of Parliament, du coup, on s’est toujours contentés de l’extérieur. Nous avions visité Westminster Abbey (visite payante). C’était intéressant mais à voir quelle église vous préférez visiter de celle-ci ou de Saint-Paul (payante également). Pour ce faire, le mieux est d’arriver directement à l’arrêt du tube « Westminster », situé sur la Jubilee Line (la grise) [les lignes du métro londonien ont des noms et des couleurs : pas de numéro ou de lettre désincarnée :-) chacun s’en souvient à sa manière :-)]. Une fois sortis du métro, jetez un oeil à House of Parliament et à l’Elizabeth Tower puis faites un saut jusqu’à Westminster Abbey (du même côté de la Tamise). Criblez de photos les cabines téléphoniques rouges et l’Elizabeth Tower, puis hop, on enjambe la Tamise via le Westminster Bridge et on profite de la vue :-)

Une fois de l’autre côté, cap sur la gauche ! Vous êtes à présent sur Southbank et vous allez suivre « The Queen’s Walk ». Vous allez passer près de The Eye of London (la jolie grande roue que vous aurez préalablement admirée de loin) et puis juste profiter de la balade (en été il y a pas mal d’activités et en hiver s’y trouve un joli marché de Noël). Vous passerez à côté du Tate Museum (un musée d’art moderne, entrée gratuite qui ne donne pas accès aux exhibitions spéciales). Que vous aimiez l’art moderne ou non, la vue depuis le café (où vous pouvez réserver un afternoon tea) sur la passerelle du Millenium Bridge et la cathédrale Saint-Paul est superbe ! Ensuite, en poursuivant votre chemin le long de la Tamise, vous passerez près de Borough Market (tristement célèbre cette semaine :() et vous arriverez ensuite au Tower Bridge.

Une fois traversé (et photographié dans tous les sens :-)), vous pouvez trouver sur votre droite les adorables St Katharine Docks, une petite marina super mignonne nichée dans le joli quartier de Wapping.

Parmi les grands classiques, il y a bien évidemment un petit tour du côté de Covent Garden (et en passant, admirer la jolie statue d’une jeune ballerine et la rangée de cabines téléphoniques sur Bow Street), s’émerveiller devant les jolies couleurs de Neil’s Yard. Faire un tour du côté de Piccadilly Circus (même si les écrans publicitaires seront éteints pour les prochains mois pour cause de rénovation), en profiter pour passer chez Whole Foods vous prendre un almond milk matcha latte et un donut, remonter Oxford Street et/ou Regent Street en bus ou à pied. Pester contre la foule si vous avez le malheur d’y être autour de la période de Noël pour admirer l’éclairage magique des fêtes de fin d’année. Jeter un oeil au grand magasin de jouets Hamleys sur Regent Street, passer chez Liberty of London admirer la façade et l’architecture du magasin (et leur rayon Noël en saison :-)), les fleurs et la papeterie (et halluciner devant les prix). Se balader sur Carnaby Street et profiter des jolies boutiques de cette rue adorable, notamment de We Built This City (qui vend notamment cette magnifique affiche pour laquelle j’avais eu un immense coup de foudre dès le premier regard. Malheureusement, la boutique était fermée pour rénovation peu avant notre départ, quand j’y étais repassée pour enfin me l’acheter – au final je l’ai reçue à Noël et elle va bientôt orner les murs de notre salon :-)). Se balader aussi du côté de Knightsbridge autour de novembre-décembre, pour admirer la façade d’Harrods et leur fabuleux rayon décoration de Noël (leur rayon peluches est aussi à tomber !).

Covent Garden

Neal’s Yard, Piccadilly et les rues commerçantes parées de leurs décorations de fin d’année

Carnaby Street et Kingly Court

Une autre chose à faire absolument est de monter en haut d’un des buildings de la City : vous pouvez monter en haut du Shard (mais l’entrée est payante) ou opter pour prendre un verre dans un des bars à vue de la ville (voir l’article d’Elodie sur le sujet ici). Une autre option est de monter en haut du Sky Garden (en haut du Walkie Talkie). L’entrée est gratuite mais il faut réserver quelque temps à l’avance via leur site internet. La vue est superbe ! On peut aussi profiter de la vue depuis le Tate Modern, en prenant un afternoon tea dans le restaurant du musée.

Vue depuis le Shard (photo prise par @sercanto :-))

Vue depuis Sky Garden (en haut du Walkie Talkie)

Vue depuis le café du Tate Modern

Côté coins verts : on a adoré se balader dans Hyde Park toutes saisons confondues, regarder les cygnes et les oies avec méfiance (pour ma part), lire simplement dans un pré au soleil (oui oui, du soleil à Londres :-)) ou regarder les enfants jouer au ballon au bord d’un étang en refaisant le monde avec un de mes meilleurs amis :-). On a pu observer le fait que les Anglais prennent des bains de soleil torse nu quelle que soit la température (ou presque) une fois que le calendrier indique que le printemps a techniquement démarré. On a profité plus d’une fois de la superbe vue depuis Primrose Hill. On a admiré la ville depuis Greenwich (et observé la lune depuis le planétarium) puis regardé des enfants dévaler la colline en se roulant sur le côté. On n’a pas assez profité de Hampstead Heath (même si la dernière année à Londres, on vivait dans ce coin-là de la capitale), on a passé une après-midi superbe dans Kew Gardens (et on a même pris notre courage à deux mains pour monter sur la promenade en hauteur – on n’a pas fait les fiers bien longtemps cela dit :-)), on a fait des balades au travers de St-James Park ou de Regent’s Park et on a admiré l’échiquier géant, les jardins japonais, italien ainsi que les paons de Holland Park. On a aussi adoré visiter le Chelsea Physics Garden (en prenant un excellent brunch au Ivy Chelsea Garden).

Greenwich

Hyde Park

Hampton Court Palace

Holland Park

Chelsea Physics Garden

Kew Gardens

Hampstead Heath

Pour l’aspect culturel, on a fait quelques musées mais nos préférences nettes se sont portées sur le Science Museum et le Natural History Museum. Les deux sont hyper sympas et ludiques ! Le British Museum était tellement bondé quand on l’a visité que ça a rendu la visite vraiment pénible et entrevoir la Pierre de Rosette a été très très compliqué. On a adoré voir des comédies musicales : on n’en a vues que deux (Wicked et Jersey Boys) mais certaines sont encore sur ma wishlist (Matilda, Books of Mormons, etc.). Dans un autre registre, vous pouvez aussi pister les oeuvres de Banksy (ici ou ).

Natural History Museum

Science Museum

Au niveau des quartiers, on a A-DO-RÉ Islington et le coin autour d’Angel (N1), où on a vécu deux ans (cf. mon article sur Upper Street ici). Flâner dans les rues ou longer Regent’s Canal jusqu’à Camden est une balade super sympa. Si vous êtes motivés, vous pouvez même pousser jusqu’à Little Venice. Hampstead était également très joli (notamment Flask Walk, une petite rue terriblement instragrammable avec des maisons trop mignonnes:-)). Brick Lane, Shoreditch, Spitafields market me viennent à l’esprit également. Notting Hill était joli aussi mais j’ai toujours réussi à rater les coins les plus craquants qu’Elodie des Petites joies de la vie londonienne photographie toujours si bien. Il faudra donc y retourner :p Cette année on a aussi enfin réussi à assister au Carnaval de Notting Hill, mémorable ! Camden est très joli également, même si je m’y sens moins dans mon habitat naturel :-). On avait aussi fait le Columbia Road Flower Market un matin mais c’était tellement bondé qu’on en avait pas assez profité. C’est dingue à quel point il y a de diversité dans les quartiers londoniens ! En plus, sans vraiment le faire exprès, on a très très peu exploré le sud de la Tamise. J’ai l’impression qu’on a encore mille choses à découvrir dans la capitale anglaise :-)

Regent’s Canal & Little Venice

Notting Hill

Camden

Islington

Flask Walk, dans le quartier d’Hampstead

Street Art, un peu partout mais principalement du côté de Shoreditch et Brick Lane

On a aussi profité de ces trois années pour faire quelques petits détours hors de Londres (pas assez) : le dernier en date était la visite des les studios Harry Potter (juste en dehors de la ville) (je vais essayer de vous en faire un article bientôt), mais aussi Brighton, Cambridge, son joli campus et la balade autour de la rivière Cam (et son pont des soupirs), Oxford, Stonehenge, Bath, Birmingham (même si on a surtout papoté avec Charlotte et que j’ai oublié de prendre des photos :D (tout arrive)) et l’Ecosse (avec un coup de foudre particulier pour la sublime Isle of Skye). J’ai un petit pincement au coeur à l’idée de ne pas avoir visité tout ce qui était sur la to-do-list : le Lake District, Bournemouth, Richmond on Thames, Liverpool (house of the Beatles), la jolie région de Cornouailles (Cornwall) (notamment The Lost Gardens of Heligan et la côte qui a l’air absolument magnifique), les îles de Guernsey (ça, c’est clairement la faute de ce livre :-)), Jersey, puis l’Isle of Wight aussi, mais je me dis qu’on se rattrapera quand on y retournera en touristes !

Les studios Harry Potter et Leadenhall Market, dans la City (utilisé pour illustrer Diagon Alley dans le premier volet d’Harry Potter)

Brighton

Cambridge

Oxford

Stonehenge

Bath

_Birmingham__canal__uk

Birmingham

Isle of Skye, en Ecosse

Edimbourg, Ecosse

Vivre à l’anglaise pendant trois ans, avec la proximité géographique du le continent et nos pays respectifs (vive l’Eurostar et Easyjet), c’était juste une expérience géniale ! Cela nous a fait encore plus apprécier la culture anglo-saxonne et nous a fait découvrir une richesse énorme tant au niveau humain que culturel. En résumé, on a adoré et on retournera toujours avec énormément de plaisir (et fort probablement de nostalgie :-)) en Angleterre et à Londres !

Côté nourriture : les pizzas de Franco Manca et celles de Pilgrim’s pizza, sur Dean street sont juste super bonnes ! Les brunchs au Breakfast Club sont aussi une tuerie :-) Et les burgers chez Byron. Pour le reste, on se laissait tenter au fil de nos balades ou des conseils des uns et des autres (et on s’aidait des avis sur Yelp ou sur d’autres sites du style :-)).

NB : je suis sûre et certaine d’avoir oublié des choses, je reviendrai probablement éditer cet article  :-)

NBB : Toutes les photos de cet article ont été prises par mes soins via un iPhone 5S, un Canon Ixus 130 (même si elles sont rares), un Canon EOS 450D ou encore, pour les plus récentes, un Canon EOS 70D <3. Certaines de celles prises avec l’iPhone sont également passées par les filtres d’Instagram. Et vous ne me croirez peut-être pas mais j’ai essayé de limiter le nombre de photos de cet article :-)

NBBB : Pour les rues de Londres les plus colorées et les plus photogéniques, foncez lire l’article d’Elodie !!! Et n’hésitez pas à lire son blog d’un bout à l’autre :)

 

 

13 Reasons Why

J’ai vu (et aussi revu) plusieurs séries ces derniers mois (en mode binge-watching, vive Netflix :p), certaines pour lesquelles je me suis dit que je pourrais peut-être en parler ici, puis j’ai réalisé que le coup de coeur n’était pas suffisant pour justifier cela. Ces derniers jours, j’ai vu passer plusieurs posts sur Instagram au sujet d’une nouvelle série, 13 reasons why. J’ai aussi vu l’encart *énorme* sur l’écran d’accueil de Netflix. Et ça m’a rappelé que j’avais entendu parler du livre, écrit par Jay Asher et sorti en 2007, qui m’avait pas mal intriguée mais que finalement je n’avais pas lu. Bref, toutes ces raisons m’ont fait appuyer sur « play ».

13 Reasons Why est donc une série de treize épisodes produite par Netflix. On découvre Clay, un garçon qui est en avant-dernière année de High School (Junior year). Une des filles de son année, Hannah Baker, s’est suicidée récemment. Clay connaissait Hannah : ils avaient quelques cours ensemble, travaillaient tous les deux au cinéma du coin et on se rend compte assez vite qu’il était amoureux d’elle. Clay reçoit un colis, une boite à chaussures remplie de sept cassettes audio numérotées. Des cassettes audio en 2017, oui oui. Il va fouiller dans le garage de la maison familiale pour trouver un truc capable de les lire et insère la cassette 1 face A dans l’appareil. La voix de Hannah remplit l’espace, d’un coup. Elle commence à raconter son histoire et à pointer les raisons/les personnes qui lui ont fait toucher le fond et l’ont poussée à se suicider. Je n’ai pas envie de trop en dire pour ceux qui n’auraient pas encore vu la série, donc je vais m’arrêter là  du côté de l’histoire.


Cette série était magistrale et, à mes yeux, elle mérite totalement tout les bons échos qu’elle reçoit ! Tout d’abord, la trame est une réussite, cohérente et crédible, avec son lot de suspense car chaque fin d’épisode vous pousse à lancer le suivant (j’ai enchaîné les treize épisodes sur trois jours). On vous en dit assez sans vous en dire trop et le spectateur est tenu en haleine. Ensuite, le casting est parfait, les acteurs sont d’une justesse incroyable. Rayons têtes connues, on a pu retrouver Drew (interprété par Miles Heizer), le fils de Sara dans Parenthood ainsi que Addison Montgomery (interprétée par Kate Walsh) de Grey’s anatomy dans le rôle de la mère de Hannah. Mais surtout, c’est cette histoire, ce désespoir qu’Hannah ressent et qui transpire de l’écran. Et dès le départ, on sait comment ça se termine, c’est ça qui est difficile. On ne peut pas se dire « ok, quelqu’un va faire quelque chose et tout va s’arranger ». Ce n’est pas le genre de série qui fait des grandes révélations du style « elle a simulé sa mort à l’aide de sa méchante soeur jumelle ». La série rappelle à quel point l’adolescence est une étape compliquée durant laquelle les jeunes peuvent être fragiles et tout à la fois se montrer cruels les uns envers les autres. Et comment les parents sont tenus à l’écart de la vie de leurs enfants durant cette période…

En bref, énorme coup de coeur pour 13 reasons why. C’est triste, ça sonne juste et c’est terriblement percutant… Waouw.

The Girl Before

Cela fait à présent quelques mois que je suis plusieurs comptes Instagram dédiés à la lecture, principalement de thrillers et autres romans à suspense. Entre Crimebythebook, Randomhouse ou Ursula_uriarte, ça ne manque pas d’idées :-) C’est là-bas que j’ai entendu pour la première fois parler de The Girl Before, de J.P. Delaney. Au départ, je l’ai confondu avec le récent roman du même nom mais écrit par Rena Olsen. Celui-là ne m’a pas particulièrement plu et je l’ai abandonné très tôt. Erreur de casting… Mais j’ai emprunté l’ebook de celui de J.P. Delaney (que je convoitais depuis le début) à la bibliothèque et je l’ai dévoré en quelques jours !

The Girl Before

Le roman se construit autour d’une adresse londonienne du quartier de Hendon et se concentre sur la vie de deux différentes locataires qui y ont vécu à quelques années d’intervalle. On rencontre les locataires d’avant : Emma et Simon, un couple qui vient de se faire cambrioler (du côté de West Hampstead justement) et qui cherche à prendre un nouveau départ dans un nouvel appart. La locataire d’aujourd’hui s’appelle Jane et est célibataire. Elle vient de perdre son bébé qui est mort-né et veut quitter son ancien appartement, dans lequel elle se voyait élever sa petite fille. Elle souhaite recommencer à vivre dans un nouveau cadre, démarrer un nouveau chapitre de sa vie. Dans les deux cas, l’agence immobilière (différente d’une fois à l’autre) les met en garde : le logement qu’ils convoitent est très particulier. Le loyer est étrangement bas pour cette maison unique en son genre, un chef-d’oeuvre architectural construit autour du minimalisme et de la domotique. Le dossier de candidature consiste en plusieurs pages de questions bizarres, un peu comme un test de personnalité. Il y a également une liste interminable de règles à respecter pour vivre dans cette demeure : cela va des plus simples (pas de bébé, pas d’animal) à des choses plus tordues : la manière dont le locataire range ses affaires, avec notamment une interdiction de laisser traîner des choses (par exemple, la bouteille de shampoing sur le bord de la baignoire), interdiction d’avoir des livres, etc. En gros, le locataire doit se plier aux règles minimalistes autour desquelles a été conçue la maison. De plus, il accepte que le système enregistre ses données afin de s’améliorer en continu : une application sur le téléphone permet d’ouvrir la porte d’entrée, un bracelet waterproof permet à la douche de vous identifier et de sélectionner automatiquement la température de l’eau que vous préférez, idem pour les lumières, qui s’adaptent à l’usager et à la saison. Une fois le dossier de candidature accepté, le futur locataire doit passer une interview avec le bureau d’architectes avant d’obtenir une réponse. Les agents immobiliers mettent en garde Emma et Simon et Jane :  des dizaines de candidatures sont refusées chaque semaine, sur des critères très flous.

Il y a un peu plus de trois ans, Emma et Simon emménagent dans la maison mais assez vite, leur relation déjà bancale se détériore jusqu’au point où Emma demande à Simon de partir vivre ailleurs. Emma se rapproche alors de l’architecte, Edward Monkford (une des pièces centrales du roman) et entame une relation amoureuse avec lui. Au moment présent, Jane s’installe et apprécie ce nouvel environnement, même si elle se pose pas mal de questions, notamment au sujet de la précédente locataire. Assez vite, comme Emma avant elle, Jane se retrouve à avoir une liaison avec Edward. Elle se rend compte également qu’elle partage une ressemblance physique troublante avec Emma, qui est apparemment décédée dans la maison, mais aussi avec la défunte épouse d’Edward. Edward qui est mystérieux, charmant et flippant tout à la fois : obsédé par la perfection et totalement « control freak » dans sa manière de vivre et de gérer ses relations. En parallèle à l’histoire (funeste) d’Emma dans la maison, le lecteur suit également Jane dans sa reconstruction et dans sa quête de vérité.

J’ai beaucoup apprécié ce roman, notamment le fait que quelque part, l’héroïne principale était peut-être cette fameuse maison, au 1 Folgate Street. Les deux locataires étaient également intéressantes, similaires sur certains points et diamétralement différentes sur d’autres. La manière dont les personnalités se révèlent est également bien gérée par l’auteur : pas trop d’informations à la fois mais suffisamment pour continuer à intriguer le lecteur.

the girl before delaney kindleDe plus, par un curieux hasard, une des héroïnes de l’histoire avait vécu à quelques pas de notre dernier appart londonien : la station de police de West Hampstead (devant laquelle je passais tous les jours) et notre ancienne rue, West End Lane sont mentionnées dans le roman, c’était d’autant plus prenant que je pouvais vraiment visualiser les lieux parfois :-) Pour ce qui est du 1 Folgate Street, j’ai évidemment regardé sur Google Maps et si l’adresse existe bien à Londres, elle n’est pas en réalité dans le quartier de Hendon (qui se situe au nord-ouest de Londres) mais juste à côté de Spitafields Market (un peu à l’est de la City). Voilà pour les détails géographiques passionnants !

Mon bilan : très très chouette lecture ! Le roman sera prochainement adapté au cinéma par Ron Howard, j’irai le voir avec plaisir : je pense que le potentiel visuel de cette maison rendrait superbement sur grand écran ! Il s’agit du premier roman publié sous le nom J.P. Delaney mais il semblerait qu’il s’agisse d’un pseudonyme pour un auteur déjà connu (Tony Strong, dont je n’avais jamais entendu parler avant :p). Ca rappelle un peu J.K. Rowling qui se cache derrière le nom Robert Galbraith pour nous emmener suivre les aventures de Cormoran Strike et de son assistante Robin Ellacott – ici, et encore – qui devraient arriver sur nos écrans de télévision pour la saison 2017-18). Toutes proportions gardées, bien évidemment.

 

Dear Amy

Tout récemment, j’ai lu Dear Amy, de Helen Callaghan. J’en avais entendu parler sur Goodreads (ou Instagram, je ne sais plus trop, je ne suis pas très douée pour me souvenir de mes sources :-)). Encore une fois, je dois avouer que cela fait quelque temps que je suis plus compliquée en termes de bouquins : dès que le livre m’ennuie, j’ai tendance à l’abandonner lâchement (en même temps, la vie est trop courte pour lire des livres ennuyeux :p). Du coup, j’ai en commencé quelques-uns sans aller bien loin dans l’histoire avant de tomber sur Dear Amy.

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Du peu que j’en avais lu, l’intrigue m’avait déjà rapidement intéressée : la disparition de Katie, une adolescente de la région de Cambridge. Margot Lewis, une professeur d’anglais dans l’école secondaire de celle-ci, qui répond au courrier des lecteurs pour la rubrique « Dear Amy » dans les pages du Cambridge Examiner. Des lettres étranges qui lui parviennent à la rédaction, signée du nom de Bethan Avery, une jeune fille disparue dans des circonstances similaires il y a près de vingt ans et considérée comme morte par la police car jamais retrouvée. J’ai trouvé tout cela super Intrigant, et, la bonne nouvelle, c’est qu’au fil du roman, mon intérêt n’a pas faibli.

J’ai trouvé le roman vraiment bien rythmé, pas de passage ennuyeux à déplorer, pas de « remplissage ». La construction des personnages est intéressante également, avec suffisamment de points d’interrogation et de zones d’ombre pour que notre curiosité soit titillée juste comme il faut. Le fait que cela se passe en Angleterre m’a aussi énormément plu, ça m’a rappelé plein de chouettes (et récents :-)) souvenirs.

Il s’agit du premier roman d’Helen Callaghan, je pense qu’on peut dire qu’elle place la barre assez haut pour le prochain livre qu’elle publie ! Si vous recherchez un roman auquel on s’accroche, avec une héroïne intéressante que l’on n’a pas envie de secouer, foncez sur ce roman. J’ai trouvé l’intrigue originale et bien menée. Go !